La course à l'intelligence artificielle est le plus souvent présentée comme une compétition visant à obtenir des puces plus puissantes, de meilleurs modèles et des centres de données plus grands. Au cœur de ce discours se trouvent des entreprises telles que NVIDIA, Microsoft et Alphabet, qui construisent directement l'infrastructure informatique de cette nouvelle ère.
Cependant, ce n'est là qu'un aspect de la question. Chaque modèle d'IA, chaque cluster de GPU et chaque centre de données repose en fin de compte sur une ressource fondamentale : l'énergie. Sans alimentation électrique stable, sans systèmes de distribution, sans refroidissement et sans infrastructure de contrôle, même les puces les plus avancées deviennent inutiles.
C'est là qu'intervient Schneider Electric.
L'entreprise ne conçoit pas de semi-conducteurs ni ne développe de modèles d'IA. Elle construit plutôt la couche d'infrastructure physique et numérique qui permet à cette technologie de fonctionner à l'échelle industrielle.
Pour Schneider, l'essor de l'IA ne se traduit donc pas par une demande en puissance de calcul, mais par une demande en énergie et en systèmes qui la fournissent, la contrôlent et l'optimisent.

C'est pourquoi Schneider Electric peut être considéré comme l'un des principaux bénéficiaires, bien qu'indirects, de la révolution de l'IA : une entreprise qui ne se trouve pas sous les feux de la rampe, mais qui est au cœur même de ses fondements physiques.
Ce qu'est réellement Schneider Electric
Pour bien comprendre Schneider Electric, il est utile d'en parler en termes simples.
Il s'agit d'une entreprise qui contribue à acheminer l'énergie là où elle est nécessaire, puis qui contrôle la manière dont cette énergie est utilisée.
Ses solutions sont présentes dans les bâtiments, les usines, les centres de données et les infrastructures urbaines. Concrètement, cela englobe tout, des systèmes de distribution électrique et des équipements d’alimentation électrique aux logiciels qui surveillent et gèrent la consommation d’énergie en temps réel.
Le point essentiel est que Schneider ne vend pas uniquement des appareils individuels. L’entreprise combine matériel, logiciels et services au sein d’un système intégré unique.
Par conséquent, le client n’achète pas un produit, mais une solution complète qui rend les opérations moins coûteuses, plus efficaces et plus fiables.

Cela a une implication commerciale importante. La vente d’un appareil unique génère un chiffre d’affaires ponctuel. La vente d’un système complet débouche souvent sur des relations à long terme, des services supplémentaires et des revenus récurrents au fil du temps.
En termes simples, le modèle de Schneider Electric peut se décomposer en trois éléments : le matériel, qui fournit l’infrastructure énergétique physique ; les logiciels, qui la contrôlent et l’optimisent ; et les services, qui assurent la maintenance et l’amélioration continue du système.
Cette combinaison fait de l’entreprise non seulement un fournisseur de matériel, mais aussi un partenaire d’infrastructure à long terme.
Où Schneider Electric génère-t-il des revenus ?
Schneider Electric opère sur quatre principaux marchés finaux.
Le premier concerne les bâtiments, notamment les bureaux, les hôtels, les centres commerciaux et d’autres biens immobiliers commerciaux. Dans ce domaine, l’entreprise fournit des systèmes qui aident à gérer la consommation d’énergie et à améliorer l’efficacité. Le deuxième segment, qui connaît actuellement la croissance la plus rapide, est celui des centres de données et des réseaux. C’est là que l’impact de l’intelligence artificielle est le plus visible. Chaque nouveau projet d’IA nécessite une infrastructure plus avancée et plus gourmande en énergie. Le troisième segment est l’industrie. Les entreprises manufacturières investissent de plus en plus dans l’automatisation et la numérisation afin d’améliorer leur productivité et leur efficacité. Le quatrième est celui des infrastructures, notamment les systèmes d’alimentation électrique, les réseaux de transport d’énergie et les projets de modernisation à grande échelle.

Il est important de noter que Schneider ne dépend pas d’un seul segment. Chacun de ces domaines contribue à la croissance et assure une diversification.
Cependant, c’est clairement dans le secteur des centres de données que la dynamique est la plus forte aujourd’hui : ce segment connaît une croissance plus rapide que le reste de l’activité et est directement stimulé par l’intelligence artificielle.
Dans le même temps, les autres segments apportent de la stabilité et réduisent la dépendance vis-à-vis d’une seule tendance macroéconomique.
L'IA et les centres de données, principaux moteurs de croissance
Le principal moteur de la croissance actuelle de Schneider Electric est l'expansion rapide des investissements dans les centres de données.
C'est là que l'intelligence artificielle cesse d'être un concept abstrait pour devenir une infrastructure physique qui doit fonctionner dans le monde réel.
Chaque modèle d'IA, qu'il soit développé par Microsoft, Amazon ou Google, nécessite une puissance de calcul considérable. Cette puissance de calcul doit être fournie par des centres de données, qui ont eux-mêmes besoin d'une alimentation électrique stable, de systèmes de refroidissement et d'outils de gestion des infrastructures.
C'est précisément là qu'intervient Schneider.
L'entreprise ne tire pas de revenus des modèles d'IA ou des puces. Elle tire profit du fait que ces systèmes doivent fonctionner en continu, à grande échelle et avec une demande énergétique extrêmement élevée.
Chaque nouveau centre de données nécessite un écosystème énergétique complet : systèmes d'alimentation de secours, distribution électrique, solutions de refroidissement et logiciels gérant l'ensemble de l'infrastructure.
À mesure que les systèmes d'IA gagnent en sophistication, la densité de puissance à l'intérieur des centres de données augmente. Cela stimule directement la demande pour les solutions de Schneider.
Il est important de noter qu'il ne s'agit pas d'un effet ponctuel. Les investissements dans l'IA sont à long terme et se déroulent en plusieurs étapes, ce qui signifie que la demande en infrastructures énergétiques s'étale sur de nombreuses années.
En ce sens, Schneider opère au deuxième niveau de la chaîne de valeur de l'IA. L'entreprise n'est pas en concurrence dans la création de modèles, mais permet le déploiement à l'échelle industrielle des systèmes d'IA.
Il convient également de noter que la demande ne se limite pas aux nouveaux centres de données. Une part importante de la croissance provient des mises à niveau et des extensions des installations existantes, qui doivent s’adapter à une densité de calcul et à une consommation d’énergie accrues.
Performance financière
En 2025, Schneider Electric a affiché à la fois une croissance stable et une performance financière de grande qualité.

Le chiffre d'affaires a dépassé les 40 milliards d'euros, ce qui correspond à une croissance organique d'environ 10 % par rapport à l'année précédente. Il s'agit là d'un résultat significatif pour une entreprise de cette envergure, qui démontre que la croissance reste possible malgré son ampleur mondiale.
Parallèlement, la rentabilité s'est améliorée. Les marges d'exploitation se sont maintenues à un niveau élevé, ce qui indique que l'entreprise ne se contente pas d'augmenter son chiffre d'affaires, mais qu'elle améliore également son efficacité et génère davantage de bénéfices par unité vendue.

Le flux de trésorerie disponible a constitué un autre point fort majeur, atteignant un niveau record d’environ 4,6 milliards d’euros. Il s’agit de l’un des indicateurs les plus importants de la qualité de l’activité, car il montre que les bénéfices comptables se traduisent par des liquidités réelles pouvant être réinvesties, distribuées ou utilisées pour financer la croissance future.

Le principal moteur de la performance a été le segment de la gestion énergétique, en particulier les centres de données. C'est là que la demande liée à l'IA a eu l'impact le plus marqué.
Au cours de la dernière partie de l'année, le segment des centres de données a connu une croissance nettement plus rapide que le reste de l'activité, confirmant que l'essor de l'IA se reflète directement dans les résultats financiers, non pas par le biais des puces, mais par celui des infrastructures énergétiques.
Sur le plan géographique, l’Amérique du Nord est restée la région la plus dynamique, avec une croissance d’environ 15 % en glissement annuel. Ce point est particulièrement important, car c’est également là que se concentrent la plupart des investissements dans l’IA et les centres de données.
Dans l’ensemble, les résultats de 2025 dressent un tableau cohérent : Schneider Electric est une grande entreprise industrielle dotée de fondations stables et d’un puissant moteur de croissance supplémentaire, tiré par les infrastructures numériques.
Risques et opportunités futures
Bien que Schneider Electric bénéficie actuellement d’une très forte dynamique d’investissement dans les centres de données et l’intelligence artificielle, l’avenir n’est pas unidimensionnel.
Du côté des risques, le facteur le plus important est la nature cyclique des investissements en infrastructures. La construction de centres de données et la modernisation du réseau électrique sont des projets à forte intensité capitalistique qui prennent du temps, ce qui signifie que même de légers retards peuvent avoir un impact sur les résultats trimestriels.
Un autre risque réside dans la concentration actuelle de la croissance autour des centres de données et de l’IA. Si le rythme des investissements dans l’IA ralentit, une partie de cette dynamique de croissance pourrait s’affaiblir.
L’entreprise évolue également dans un environnement hautement concurrentiel, face à des acteurs très importants tels que Siemens et ABB. Cela signifie que son leadership technologique doit être constamment défendu.
Dans le même temps, ces risques sont contrebalancés par des opportunités significatives.
L’Europe se concentre de plus en plus sur l’indépendance technologique et énergétique. Cela implique le développement de centres de données locaux, de pôles informatiques régionaux et la modernisation des infrastructures critiques. Dans un tel scénario, la demande en systèmes de gestion de l’énergie, en automatisation et en infrastructures numériques pourrait croître non seulement de la part des géants mondiaux de la technologie, mais aussi grâce à des programmes d’investissement européens menés par les pouvoirs publics et le secteur privé.
Schneider est bien positionné dans cet environnement, car il opère à la fois à l’échelle mondiale et de manière très présente en Europe. Cela lui permet de tirer parti à la fois de la demande mondiale tirée par l’IA et des tendances régionales en matière de politique industrielle.
Parallèlement, la croissance de l’IA ne se limite pas aux hyperscalers. Les investissements en hausse proviennent également des centres de données de taille moyenne et régionaux, ce qui élargit le marché global.
Un autre facteur de soutien à long terme est la part croissante des logiciels et des services dans la composition du chiffre d’affaires, ce qui améliore la stabilité et réduit la cyclicité.
En conséquence, Schneider Electric se trouve à la croisée de plusieurs mégatendances : l’intelligence artificielle, l’électrification, la numérisation et la volonté d’indépendance technologique en Europe.
Évaluation
Nous présentons une évaluation de Schneider Electric à l’aide d’un modèle d’actualisation des flux de trésorerie (DCF). Il convient de souligner que cette évaluation est fournie à titre informatif uniquement et ne doit pas être interprétée comme une recommandation d’investissement ou une évaluation précise.
Schneider Electric est un leader mondial des technologies de gestion de l’énergie et d’automatisation, bénéficiant de tendances structurelles à long terme telles que la numérisation, l’électrification, l’intelligence artificielle et l’augmentation des investissements dans les centres de données et les infrastructures électriques. La société combine matériel, logiciels et services, ce qui lui permet de générer des flux de trésorerie stables et une part croissante de revenus récurrents.
L'évaluation repose sur un scénario de base prévoyant des revenus et des bénéfices, intégrant une croissance continue dans les centres de données, les infrastructures et l'automatisation industrielle. Les hypothèses concernant le coût du capital (WACC) et la croissance à long terme sont prudentes et reflètent un profil d'activité stable mais toujours en expansion.

Sur la base du cours actuel de l'action, qui s'établit à 270 euros, et d'une valorisation DCF de 305 euros, le potentiel de hausse estimé est d'environ 13 %. Cela indique une perspective de hausse modérée mais positive, ce qui confirme l'idée selon laquelle Schneider Electric est une entreprise de grande qualité qui allie la stabilité d'une grande entreprise industrielle à une exposition aux grandes tendances technologiques à long terme.
Perspective graphique
En examinant l'évolution du cours de l'action Schneider Electric sur la période analysée, nous observons une nette tendance haussière qui reste stable et bien structurée malgré des corrections périodiques.
À plus long terme, le titre évolue selon un schéma de plus hauts et de plus bas successifs, indiquant une domination soutenue des acheteurs. Les corrections survenues en cours de route étaient pour l'essentiel de nature technique et n'ont pas modifié l'orientation générale de la tendance.
Le graphique montre également un soutien progressif des moyennes mobiles, qui s’alignent au fil du temps selon une configuration typique d’une tendance haussière. Les replis vers ces niveaux ont souvent été utilisés par le marché comme des opportunités d’entrée, renforçant encore davantage la tendance.
D’un point de vue fondamental, cette structure est cohérente avec les performances de l’entreprise. Schneider Electric opère dans un environnement marqué par une demande croissante en énergie, en automatisation et en infrastructures de centres de données, ce qui se traduit par une demande stable et de solides perspectives de croissance du chiffre d’affaires.
Il est particulièrement important de noter que l’appréciation du cours n’est pas le fruit d’une impulsion unique, mais résulte plutôt de plusieurs tendances parallèles, notamment le développement de l’intelligence artificielle, la modernisation des réseaux électriques et la numérisation de l’industrie et des bâtiments.
La combinaison de ces facteurs signifie que le graphique reflète non seulement une amélioration du sentiment du marché, mais également un renforcement progressif d’une dynamique de croissance à long terme.

Source: xStation5
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