- Chiffre d'affaires annuel de 9 404 millions d'euros, en repli organique de 3,9% sous le poids des marchés américain (-14%) et chinois (-19%).
- Prévisions de croissance révisées vers le bas de la fourchette de +3% à +6% à l'horizon 2029, avec un chiffre d'affaires attendu globalement stable pour 2026/27.
- Maintien du dividende à 4,70 € par action et accélération du plan d'efficacités opérationnelles d'un milliard d'euros d'ici 2027/28.
- Chiffre d'affaires annuel de 9 404 millions d'euros, en repli organique de 3,9% sous le poids des marchés américain (-14%) et chinois (-19%).
- Prévisions de croissance révisées vers le bas de la fourchette de +3% à +6% à l'horizon 2029, avec un chiffre d'affaires attendu globalement stable pour 2026/27.
- Maintien du dividende à 4,70 € par action et accélération du plan d'efficacités opérationnelles d'un milliard d'euros d'ici 2027/28.
Le groupe de spiritueux publie un chiffre d'affaires de 9 404 millions d'euros au titre de son exercice 2025/26, affichant une contraction organique de 3,9%. La trajectoire sur le marché des actions traduit les difficultés rencontrées sur les deux premiers marchés du groupe, les États-Unis et la Chine. L'action Pernod Ricard adapte sa feuille de route stratégique en ciblant désormais le bas de sa fourchette de croissance historique de +3% à +6% sur la période allant jusqu'en 2029.
Recul des ventes et résistance opérationnelle de Pernod Ricard
La faiblesse des marchés américain et chinois pèse sur le chiffre d'affaires
Sur l'ensemble de l'exercice clos le 30 juin, le chiffre d'affaires du groupe enregistre une baisse de 14,2% en données publiées pour s'établir à 9,4 milliards d'euros, pénalisé par des effets de change négatifs et des cessions de marques. En données organiques, le repli des ventes atteint 14% aux États-Unis, où la consommation de spiritueux souffre d'un climat économique morose et d'ajustements de stocks chez les distributeurs. Sur le marché chinois, le chiffre d'affaires dévisse de 19% sous l'effet d'une demande atone et de pressions sur la catégorie prestige, notamment sur les ventes de cognac Martell. Malgré une amélioration de la trajectoire au second semestre, avec un recul ramené à 1,3% contre 5,9% au premier semestre, le quatrième trimestre accuse un nouveau repli de 2% en raison de la contraction du marché européen.
Hors États-Unis et Chine, l'activité du groupe parvient à croître de 0,5% en organique grâce à la dynamique observée dans d'autres zones géographiques. L'Inde confirme son statut de moteur de croissance avec une progression des ventes de 7%, portée par la montée en gamme et la forte demande pour le whisky Jameson. Les régions Afrique et Moyen-Orient affichent une activité soutenue en Turquie et au Nigeria, bien que le conflit au Moyen-Orient ait pesé sur les performances du quatrième trimestre. Le réseau Global Travel Retail accuse un léger repli de 3%, malgré la reprise du trafic aérien international désormais supérieur de 10% à son niveau d'avant la pandémie.
Par catégorie de produits, les marques stratégiques internationales enregistrent un recul de 4% à l'échelle mondiale, mais progressent de 1% si l'on exclut les marchés américain et chinois. Le portefeuille de whiskies écossais montre de la résistance grâce à la croissance de Ballantine's et à la stabilité de Chivas Regal, particulièrement recherchés en Inde et en Turquie. La catégorie des boissons prêtes à boire connaît une expansion de 12%, portée par des gains de parts de marché en Australie, au Canada et en Europe de l'Ouest. Ces performances diversifiées permettent à la direction de maintenir une présence équilibrée sur le marché mondial.
Discipline budgétaire et maîtrise de la marge opérationnelle
Le résultat opérationnel courant (ROC) de l'exercice s'établit à 2 423 millions d'euros, marquant une baisse organique de 5,2% et un recul de 17,9% en données publiées. La marge opérationnelle ressort à 25,8%, en repli limité de 35 points de base en organique, protégée par des mesures de gestion stricte des charges. Les coûts de structure diminuent de 8% sous l'effet du déploiement du modèle d'organisation « Fit for Future », qui vise à simplifier les processus internes. La gestion rigoureuse atténue l'effet prix/mix négatif subit sur plusieurs marchés clés.
Les dépenses consacrées à la publicité et à la promotion représentent 15% du chiffre d'affaires net, se situant dans la borne inférieure de la cible habituelle de 16%. Le plan d'efficacités opérationnelles d'un milliard d'euros s'accélère nettement, avec la moitié des économies prévues déjà réalisées sur l'exercice écoulé. La direction anticipe désormais la finalisation complète de ce programme avec un an d'avance, soit dès l'exercice 2027/28.
Le bénéfice net part du groupe enregistre une baisse de 26% pour s'établir à 1 203 millions d'euros, affecté par des charges de restructuration non courantes. La génération de flux de trésorerie disponible (Free Cash Flow) progresse en revanche de 6% à 1 197 millions d'euros, favorisée par une conversion de cash de 91%. Le conseil d'administration propose de maintenir le dividende stable à 4,70 € par action au titre de l'exercice 2025/26, avec une option de paiement du solde en actions. La dette nette s'établit à 10 662 millions d'euros, portant le levier financier à 3,7 fois l'EBITDA.
Perspectives financières et révision de la trajectoire à moyen terme
Feuille de route pour l'exercice 2026/2027 et ajustements stratégiques
Pour l'exercice 2026/27 qui débute, le groupe anticipe un chiffre d'affaires organique globalement stable dans un environnement économique qualifié de contrasté et incertain. Les ventes aux États-Unis et en Chine devraient continuer de reculer au premier trimestre en raison de poursuites d'ajustements de stocks chez les grossistes. Une amélioration progressive des tendances sous-jacentes reste toutefois attendue en Chine sur le reste de l'exercice. La dynamique positive observée en Inde et dans les pays émergents doit servir de relais de croissance.
Le ratio des dépenses publi-promotionnelles reviendra à son niveau normatif d'environ 16% du chiffre d'affaires afin de soutenir la valeur des marques. Les investissements stratégiques se stabiliseront autour de 700 millions d'euros, en retrait par rapport aux pics d'investissements récents. La gestion ajustée du besoin en fonds de roulement doit permettre de préserver un niveau de conversion de trésorerie élevé, proche de 90%. Le groupe a par ailleurs réduit ses effectifs de 3 600 postes depuis 2024 afin de rendre son organisation plus agile face à la conjoncture.
La direction explore également des options d'optimisation de son portefeuille sur le plan international. Des travaux préparatoires sont en cours concernant une éventuelle introduction en bourse de la filiale indienne du groupe. L'Inde est devenue le deuxième marché de l'entreprise devant la Chine, tirée par une classe moyenne en pleine expansion. L’opération vise à valoriser une entité en forte croissance et très contributive aux volumes globaux.
Objectifs de croissance révisés à l'horizon 2029
Les prévisions pour la période 2026/27 à 2028/29 intègrent l'absence de rebond significatif de la consommation de spiritueux outre-Atlantique. Le président-directeur général Alexandre Ricard indique ne pas anticiper de retour à la croissance sur le marché américain avant 2029. En conséquence, la trajectoire de croissance organique moyenne des ventes est réajustée proche du bas de la fourchette de +3% à +6%. Le cadrage prudent reflète le ralentissement prolongé du secteur à l'échelle mondiale.
Malgré la modération des revenus, le groupe maintient son objectif d'expansion de sa marge opérationnelle organique. L'accélération du programme d'économies d'un milliard d'euros constituera le levier principal de cette préservation de la rentabilité. L'entreprise vise par ailleurs la réduction de son levier financier pour ramener le ratio dette nette sur EBITDA sous le seuil des 3 fois d'ici 2029. La capacité de génération de cash demeurera la priorité stratégique de la politique financière.

Source : xStation5
❓ FAQ sur les résultats de Pernod Ricard
Quels sont les facteurs qui expliquent le recul du chiffre d'affaires de Pernod Ricard ?
Le repli des ventes s'explique par la faiblesse persistante du marché américain (-14%), amplifiée par des ajustements de stocks chez les distributeurs, ainsi que par une demande atone en Chine (-19%). La catégorie du cognac prestige Martell a particulièrement souffert sur le marché chinois. De plus, des effets de change négatifs et des cessions de marques ont pesé sur les données publiées.
Quel est le montant du dividende proposé pour l'action Pernod Ricard ?
La direction propose un dividende de 4,70 € par action au titre de l'exercice 2025/26, soit un niveau stable par rapport à l'exercice précédent. Les actionnaires pourront choisir de percevoir le solde de 2,35 € en numéraire ou en actions à l'issue de l'assemblée générale.
Quelles sont les prévisions de croissance pour le cours de Pernod Ricard à moyen terme ?
Le groupe vise une croissance organique de son chiffre d'affaires proche du bas de sa fourchette cible de +3% à +6% sur la période 2027-2029. Pour l'exercice 2026/27, les ventes sont attendues globalement stables, soutenues par la croissance en Inde et le plan d'économies d'un milliard d'euros.
Comment s'exposer au secteur des spiritueux sur les marchés financiers ?
L'exposition aux valeurs des spiritueux peut s'effectuer directement par l'achat d'actions de sociétés cotées du secteur ou par le biais d'ETF sectoriels répliquant un panier d'entreprises internationales de la consommation de base. Ces véhicules permettent de diversifier les risques spécifiques liés à un marché géographique donné.
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