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Le Groenland est au cœur d’une montée des tensions inédites entre les États-Unis et l’Europe.
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Washington invoque la sécurité nationale, malgré une présence militaire déjà établie sur l’île.
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Les ressources minières stratégiques, notamment les terres rares, suscitent de nombreuses interprétations.
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L’Europe dispose d’avantages structurels majeurs face aux États-Unis, tant industriels que financiers.
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Les marchés pourraient être durablement impactés, avec des gagnants potentiels dans la défense et l’industrie européenne.
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Le Groenland est au cœur d’une montée des tensions inédites entre les États-Unis et l’Europe.
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Washington invoque la sécurité nationale, malgré une présence militaire déjà établie sur l’île.
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Les ressources minières stratégiques, notamment les terres rares, suscitent de nombreuses interprétations.
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L’Europe dispose d’avantages structurels majeurs face aux États-Unis, tant industriels que financiers.
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Les marchés pourraient être durablement impactés, avec des gagnants potentiels dans la défense et l’industrie européenne.
Depuis plusieurs semaines, les investisseurs, analystes et observateurs suivent avec inquiétude la radicalisation du discours de l’administration américaine à l’égard de ses alliés européens. Au centre de cette discorde : le Groenland, territoire arctique de 55 000 habitants, aujourd’hui érigé en enjeu stratégique majeur.
Si l’intérêt américain pour l’île n’est pas nouveau, jamais les États-Unis n’avaient affiché une telle détermination à en prendre le contrôle, tandis que l’Europe, emmenée par le Danemark, oppose un refus catégorique à toute modification territoriale.
🌍 Le Groenland, bien plus qu’une île glacée
Un argument sécuritaire contesté
Les autorités américaines justifient leur position par des impératifs de sécurité nationale. Pourtant, les États-Unis disposent déjà de la base militaire de Pituffik, essentielle au dispositif de surveillance de l’Atlantique Nord et de l’Arctique. Par ailleurs, la coopération avec les pays de l’OTAN offre déjà un maillage dense de capacités de détection satellitaire, radar et sous-marine.
Dans ce contexte technologique avancé, l’idée d’un renforcement massif des infrastructures apparaît pour beaucoup d’analystes comme redondante, voire inutile. Les scénarios évoquant une prise de contrôle du Groenland par la Russie ou la Chine sont également jugés hautement improbables.
Source: Bloomberg Finance
Routes arctiques et contradictions économiques
L’ouverture potentielle de nouvelles routes maritimes arctiques est parfois avancée comme argument stratégique. Toutefois, cette hypothèse se heurte à plusieurs contradictions. Les États-Unis poursuivent une politique isolationniste, l’Europe reste satisfaite des routes commerciales existantes, et la Russie traverse une crise économique profonde.
Dans ces conditions, la question se pose : qui utiliserait réellement ces routes, et à quel bénéfice économique concret ?
⛏️ Ressources minières et terres rares : mythe ou réalité ?
Des gisements difficiles à exploiter
Le Groenland abrite d’importants gisements de minerais stratégiques, dont des terres rares. Toutefois, 80% de l’île est recouverte de glace, rendant l’exploitation extrêmement coûteuse. Même des ressources à forte valeur ajoutée comme l’or ou les diamants y sont peu rentables.
De plus, les États-Unis ne disposent pas des capacités industrielles de raffinage nécessaires pour ces matériaux, ce qui limite fortement l’intérêt économique immédiat.
Le facteur chinois surestimé
Certains avancent que l’objectif américain serait d’empêcher la Chine de renforcer sa position, notamment après sa prise de participation de 12% dans le projet minier de Kvanefjeld en 2021. Or, ce projet est aujourd’hui à l’arrêt pour des raisons environnementales, et Pékin contrôle déjà près de 80% du marché mondial des terres rares.
Bloquer des gisements encore inexploités ne modifierait donc pas significativement l’équilibre actuel. À l’inverse, l’Europe, et notamment les pays scandinaves et le Royaume-Uni, disposent à la fois du savoir-faire technologique et d’un besoin stratégique réel, le Groenland concentrant 37 des 50 minerais critiques identifiés par la réglementation européenne CRMA.
Les entreprises américaines spécialisées dans les métaux rares connaissent une croissance rapide et suscitent de grandes attentes. Les subventions et les investissements généreux seront-ils suffisants pour rattraper le retard ?
⚔️ Un affrontement stratégique aux multiples dimensions
L’érosion du partenariat transatlantique
La politique américaine actuelle considère de plus en plus l’Europe non comme un allié, mais comme un concurrent stratégique. Cette orientation, formalisée dans la nouvelle doctrine de sécurité américaine de 2025, fragilise les fondements mêmes de l’OTAN.
Contrairement aux idées reçues, l’avantage militaire américain est surtout quantitatif. Sur le plan technologique et opérationnel, les forces européennes affichent des niveaux comparables, voire supérieurs en matière de formation et de doctrine.
Les leviers structurels de l’Europe
L’Europe conserve des atouts déterminants :
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ASML, dont les machines de lithographie sont indispensables à l’industrie mondiale des semi-conducteurs.
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Le système SWIFT, pilier des transactions financières internationales.
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Une situation de dette plus soutenable que celle des États-Unis, avec une détention majoritairement domestique.
À cela s’ajoute une domination européenne dans de nombreux secteurs industriels de niche, critiques pour les chaînes de production mondiales.
📈 Conséquences pour les marchés et les entreprises
Gagnants potentiels en Europe
Face aux menaces croissantes, l’Europe pourrait accélérer ses investissements dans la défense et l’industrie stratégique. Des groupes comme Rheinmetall, Hensoldt, ASML, Siemens, BASF ou SAP pourraient bénéficier de nouvelles commandes, subventions et politiques de soutien.
Les secteurs des semi-conducteurs, des batteries et de la chimie de spécialité apparaissent également comme des axes prioritaires de souveraineté.
Risques pour certaines entreprises

DXSE.DE (D1)
Source: xStation5
À l’inverse, les marques de luxe européennes très exposées au marché américain, telles que LVMH, Hermès ou Kering, pourraient devenir des cibles symboliques en cas d’escalade politique, via des restrictions ou des appels au boycott.
MC.FR (D1)
Les entreprises du secteur du luxe renouent également avec la croissance ; pourront-elles maintenir cette tendance ? Source: xStation5
Y a-t-il lieu de s'inquiéter ?
Une confrontation plus ou moins directe entre les États-Unis et l'Europe serait désastreuse pour le marché et le monde. Quels sont les signes concrets indiquant que les menaces – n'hésitons pas à employer ce terme – proférées par les États-Unis sont plus qu'une simple tactique de négociation ?
Base américaine au Groenland - En 2023, le nom de la base militaire a été changé de « Thulé » à « Pituffik », un mot issu de la langue des Inuits du Groenland, qui représentent environ 80 % de la population. La base a changé de nom après 70 ans. Parallèlement, en 2024, son commandement a été transféré à la « Space Force », une branche entièrement nouvelle des forces armées créée par Trump lors de son premier mandat, ce qui a permis de nommer à sa tête une série de « fidèles ». Tout cela est-il une coïncidence ?
Les États-Unis se livrent également ouvertement à des activités subversives, en essayant d'influencer les sentiments de la population de l'île, en organisant des mouvements séparatistes, voire en proposant des transferts sociaux à la population de l'île en échange d'un changement d'affiliation.
Les activités d'escalade polaire ne sont pas le fait uniquement des États-Unis. Le Danemark, comme la plupart des pays européens, a augmenté ses dépenses de défense à des niveaux jamais vus depuis des décennies, voire les plus élevés de son histoire. Ce qui est surprenant, c'est que malgré les intrusions régulières et illégales de navires et de drones russes dans les eaux et l'espace danois, il a dépensé plus de 6 milliards de dollars pour développer et moderniser ses forces dans l'Arctique.
Les autres membres européens de l'OTAN ne restent pas inactifs non plus. La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni négocient actuellement l'augmentation du nombre d'unités stationnées sur l'île ou sont en train d'y transférer des troupes.
Le désir d'annexer le Groenland est présent dans la politique américaine depuis les années 1880. Donald Trump est un homme politique de plus en plus impopulaire aux États-Unis et extrêmement mal vu en dehors des États-Unis. Il est possible que certains éléments de l'establishment américain tentent d'utiliser le président républicain, qui en est actuellement à son deuxième mandat, et ses ambitions impériales, ainsi que l'aversion du mouvement « MAGA » pour l'Europe et l'OTAN, pour tenter de prendre le contrôle de l'île et/ou de regagner une position dominante sur l'Europe, que les États-Unis ont perdue. Ce scénario est peu probable, mais au début de cette année, il a cessé d'être un scénario fantaisiste pour devenir un risque qu'il convient d'évaluer.
❓ FAQ
Pourquoi le Groenland est-il stratégique pour les États-Unis ?
Pour sa position géographique clé en Arctique et dans l’Atlantique Nord, ainsi que pour son potentiel en ressources critiques.
Les terres rares du Groenland sont-elles exploitables à court terme ?
Non, leur exploitation est coûteuse, technologiquement complexe et peu rentable à ce stade.
L’Europe est-elle réellement plus forte que les États-Unis sur certains plans ?
Oui, notamment dans les semi-conducteurs, la finance internationale et certaines industries de haute précision.
Quels secteurs pourraient profiter de ces tensions ?
La défense, l’industrie lourde, les semi-conducteurs et les batteries en Europe.
Un conflit direct USA-Europe est-il probable ?
Il reste peu probable, mais le risque géopolitique a clairement augmenté et commence à être intégré par les marchés.
Kamil Szczepański
Analyste de Marchés, XTB
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