La séance boursière de jeudi a suscité beaucoup d’effervescence dans le secteur de la restauration aux États-Unis. Selon le *Financial Times*, Starbucks (SBUX.O) aurait travaillé ces derniers mois avec des conseillers sur un projet de rachat de Chipotle Mexican Grill (CMG.N). Cette information, qui cite des sources proches du dossier, a immédiatement entraîné les actions des deux sociétés dans des directions opposées sur le parquet de la Bourse.
La réaction du marché est typique d’une opération de fusion-acquisition. L’action de la cible potentielle, Chipotle, a grimpé jusqu’à 8,5 % (à 33,40 dollars américains), avant de se stabiliser à environ +5,9 %, avec des volumes de transactions nettement plus élevés, dépassant les 27 millions d’actions. Il s’agit là de la prime typique à laquelle s’attendent les investisseurs en cas de rachat. De son côté, le cours de l’action de Starbucks – la société acquéreuse – a chuté de 6,7 % à son plus bas (à 87,35 $), pour finalement osciller autour de -3,5 %. La baisse du cours de l’action de la société acquéreuse est également un schéma classique : le marché s’inquiète des coûts de transaction, de l’endettement potentiel et des risques liés à l’intégration.
Derrière toute cette histoire se cache Brian Niccol, l’actuel PDG de Starbucks, qui s’est forgé une réputation chez Chipotle. Une telle opération signifierait un retour aux sources et la fusion de deux marques bien connues sous un même toit. Il convient toutefois de noter le contraste entre les performances des deux entreprises. Niccol mène actuellement un redressement chez Starbucks ; la simplification du menu et la réduction des temps d’attente ont permis quatre trimestres consécutifs de croissance du chiffre d’affaires à périmètre constant, et le cours de l’action a progressé d’environ 10 % depuis le début de l’année. Chipotle, en revanche, se trouve dans une situation inverse : l’entreprise est confrontée à un affaiblissement de la demande des consommateurs et à une hausse des coûts des matières premières dans un contexte d’inflation persistante, et ses actions ont reculé d’environ 12 % depuis le début de l’année.
D’un point de vue fondamental, l’ampleur de l’opération potentielle est impressionnante. La capitalisation boursière de Starbucks s’élève à environ 107 milliards de dollars américains, tandis que celle de Chipotle est évaluée à près de 39 milliards de dollars américains. Une acquisition de cette ampleur serait l’une des plus importantes de l’histoire du secteur et nécessiterait un financement considérable, ce qui explique la prudence des investisseurs quant à l’identité de l’acquéreur.
Mise en garde importante : à ce stade, il ne s'agit que d'informations relayées par les médias. Ni Starbucks ni Chipotle ne se sont exprimés sur le sujet, et le Financial Times lui-même souligne que l'issue de ces projets de rachat est loin d'être certaine. Pour les investisseurs, cela se traduit par une volatilité accrue et une forte part de spéculation, car le marché anticipe actuellement un scénario qui pourrait ne jamais se concrétiser. Il convient de suivre de près les annonces officielles des deux entreprises, car celles-ci détermineront si les fluctuations actuelles des cours s'avéreront durables. Source : XTB
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