TESLA : Analyse quantitative de l'action

17:14 19 janvier 2022

Tesla est un concessionnaire de voitures électriques. Son introduction en Bourse s’est faite en 2010, et avait fait forte impression, l’action s’échangeait à 18$ le jour même sur la Bourse du Nasdaq 100.

Tesla est l’une des actions les plus importantes parmi les valeurs technologiques. Elle est notamment connue pour ses projets futurs et l’innovation apportée sur le marché de l’automobile. En utilisant des modèles 100% électriques, Tesla s’est démarqué de ses autres concurrents.

Son PDG, Elon Musk, fait également beaucoup parler de lui, via ses décisions, ses conférences, et ses réseaux sociaux. Il est un homme ambitieux, souhaitant conquérir l’espace, et souhaitant faire vivre l’humanité, ou du moins une partie, sur la planète Mars.

Il a également séduit les crypto-users en incitant les investisseurs à acheter certaines crypto-monnaies, comme le Dogecoin, le Bitcoin, ou même Shiba Inu.

Analyse quantitative de l’action :

L’action Tesla se démarque par sa forte volatilité depuis son introduction en bourse.

Le Bêta de Tesla, qui est une mesure fréquemment utilisée en finance de marché pour désigner la volatilité d’un actif par rapport à son secteur, est supérieur à 2. Un bêta supérieur à 1 s’interprète comme un actif plus volatile que le marché dans sa globalité. Le bêta du secteur des concessionnaires automobiles est de 1.1. Le Bêta de Tesla est bien supérieur à celui de son secteur, nous suggérant que l’action est très volatile sur son marché.

La capitalisation boursière de la société a connu une ascension fulgurante de 2019 à 2021 : sa valeur a augmenté de 1300%. Elle est supérieure à 1000 milliards de dollars, la volatilité issue de l’action ne vient donc pas d’un manque de liquidité, mais plutôt des nombreux investisseurs court et moyen terme sur l’action. Il y a donc autant d’investisseurs long terme que de spéculateurs sur ce marché.

Le bénéfice par actions de Tesla est estimé à 4.62 en 2021, ce qui signifie que pour chaque action détenue par un investisseur, le bénéfice net moyen que l’opérateur en ait tiré est d’environ 4.62$, sans prendre en compte les dividendes. Cette donnée progresse d’année en année depuis 2017.

Son ROE (Return On Equity) serait de 23.2% environ en 2021 d’après les analystes. Cela signifie que, lorsqu’un opérateur investit 100€ dans la société, Tesla arrive à dégager 23.2€ de bénéfice net provenant de cet investissement.

Il est important et intéressant pour les investisseurs de participer à la croissance de l’entreprise afin de, par la suite, percevoir des dividendes et connaître un bon rendement (BNA de 4.62), mais cela montre qu’il est également essentiel pour l’entreprise d’être attrayante aux yeux des investisseurs, car l’argent des actionnaires permet à l’entreprise de dégager encore plus de bénéfices.

L’entreprise cherche donc à attirer les investisseurs, et les investisseurs sont attirés par les rendements élevés, ce que le concessionnaire propose pour le moment.

Son ROA (Return On Assets) serait de 11.8%. Le ROA mesure en pourcentage le rapport entre le résultat net et le total des actifs de l’entreprise (Résultat net / Total Actifs). Plus le ROA est élevé, plus les actifs de l’entreprise génèrent des revenus. Ainsi, les analystes anticipent un ROA de 11.8%.

Ce ROA est plutôt bon, et suggère que Tesla optimise l’utilisation de ses actifs, et arrive à dégager pas mal de revenus grâce à cette gestion d’actifs.

Le cash-flow libre est l'argent qui reste à une entreprise après avoir payé ses dépenses d'exploitation et ses dépenses d'investissement. Plus le flux de trésorerie disponible d'une entreprise est important, plus elle peut l'allouer aux dividendes, au remboursement des dettes et aux opportunités de croissance.

Le cash-flow libre de Tesla est estimé à presque 3 Milliards d’euros. On constate que le flux de trésorerie disponible de Tesla est très important, ce qui accentue la rentabilité de ses actionnaires. Cette donnée suggère que Tesla a suffisamment de trésorerie pour rembourser ses dettes et pour permettre à la société de croître encore.

Cela constitue un argument de taille pour les détenteurs d’actions Tesla sur du long terme : la société est innovante par son concept (voiture électrique), en plus de dégager un bénéfice important, de permettre aux investisseurs de bénéficier de rendements élevés. Les actifs de la société contribuent au dégagement de ses revenus, et il semble que ces actifs soient bien gérés et optimisés dans l’intérêt du concessionnaire.

La valeur comptable par action de Tesla, ou Book value per share (BVPS), est de 29.1. Cette valeur est calculée à partir de la valeur comptable de la société et du nombre d’actions en sécurité. On peut l’interpréter comme le « prix plancher » de l’action, si le cours de l’action est inférieur à son BVPS, il s’agit d’une action sous-évaluée. Cependant, si le cours de l’action est beaucoup plus élevé que son BVPS, comme pour le cas de Tesla, cela signifie que l’action est surévaluée.

Tesla apparaît donc comme une action surévaluée par certaines de ses informations fondamentales et quantitatives, et ce, malgré l’augmentation des ventes, du bénéfice net et du résultat d’exploitation de l’entreprise dans le temps.

Nous pouvons également étudier le Price-to-Book Ratio, qui nous permettrait de comprendre où se situe les fondamentaux de l’entreprise par rapport à son prix sur le marché. Un PBR supérieur à 1 signifie que les actifs de l’entreprise sont surévalués par rapport à leur valeur comptable, et donc que l’action est surévaluée et n’a pas beaucoup de marge de progression haussière. A l’inverse, si le PBR d’une entreprise est inférieur à 1, cela suggère que les actifs de l’entreprise sont sous-évalués sur le marché par rapport à leur valeur fondamentale. Le PBR de l’action Tesla est de 36.06, ce qui nous indique clairement que les actifs de l’entreprise sont surévalués par le marché.

Le Price Earning Ratio (P.E.R.) anticipé par les analystes serait de 227 en 2021. Il s’agit d’un ratio permettant de dégager une sous-évaluation ou surévaluation de l’actif par rapport à son secteur d’activité. Le PER du secteur automobile est de 6.94. Le PER de Tesla est bien supérieur à son PER sectoriel, ce qui indique une surévaluation du cours de l’action sur les marchés financiers par rapport à sa valeur fondamentale.

Le contexte macroéconomique ne joue pas en faveur de l’action. La décision de la FED sur la hausse des taux d’intérêts afin d’empêcher une inflation trop élevée peut amener suffisamment de pression baissière sur l’action. Même si la hausse des taux se fera en plusieurs fois selon les membres de la FED, une hausse des taux d’intérêts engendrerait une réallocation des actifs des opérateurs, qui se dirigeront sûrement vers des actifs moins risqués à un moment ou à un autre.

Les résultats 2021 de l’entreprise Tesla se doivent d’être supérieurs aux attentes et aux anticipations des analystes afin de rassurer la majorité des actionnaires. Si cela n’est pas le cas, c’est le contexte macroéconomique qui influerait grandement le cours de l’action.

De plus, si nous nous basons sur les ratios permettant d’évaluer la valorisation du concessionnaire par rapport à sa vraie valeur fondamentale, nous constatons une surévaluation très importante de l’action. L’actif est devenu très spéculatif, l’augmentation de la volatilité et la surévaluation de l’action par le marché vont dans ce sens.

La dynamique de la société :

Si nous observons l’évolution du chiffre d’affaires de 2019 à 2021 pour la société, nous constatons une évolution extrêmement favorable pour l’action.

Le chiffre d’affaires de 2019 du concessionnaire était d’environ 24,578 milliards d’euros, contre un chiffre d’affaires estimé à 52.447 milliards d’euros en 2021 par les analystes.

Si les données des analystes sont exactes, cela représenterait une croissance de 113% du Chiffre d’affaires en à peine 2 ans. La société semble en pleine croissance et en pleine expansion, mais y a-t-il encore une marge de progression haussière pour le cours de l’action ?

Les analystes semblent penser que la société continuera dans sa lancée, et anticipent un CA estimé à 75,517 milliards de dollars pour l’année 2022. La dynamique de l’affaire semble très bonne.

La progression du résultat net sur cette même période est fulgurante : nous passons d’une perte nette estimé à 862 millions de dollars à un bénéfice net estimé à 5,255 milliards de dollars. Il s’agit là d’une croissance presque exponentielle. La société dégage de plus en plus de bénéfice issu de son activité d’exploitation, on passe alors d’un résultat d’exploitation négatif de -82 millions de dollars à un résultat d’exploitation positif à hauteur de 6.294 milliards de dollars anticipé par les analystes sur 2 ans.

La progression du CA, du résultat net et du résultat d’exploitation suggère que la société Tesla vend de plus en plus de voitures, et commence à s’implanter partout dans le monde. Elle s’impose comme l’un des leaders en termes d’automobiles, tout en étant axé sur l’innovation du secteur, et allant même jusqu’à effectuer des recherches et développements sur d’autres secteurs.

De plus en plus de sociétés effectuent des commandes chez Tesla : Fin 2021, nous avions le loueur de voiture Hertz qui effectuait une commande de 100 000 voitures électriques du concessionnaire. Les livraisons du quatrième trimestre ont été bien supérieurs aux attentes pour Tesla, le concessionnaire ayant livré 308 600 véhicules contre 263 023 attendues.

Les rendements de l’action ne cessent d’augmenter, ce qui attire autant les investisseurs que les spéculateurs. La société est parvenue à dégager de la trésorerie nette positive plutôt que de la dette au fil des années. Cette trésorerie nette disponible peut être assimilée à la capacité de la société à couvrir ses dettes, couvrir ses besoins de financement, et rémunérer ses actionnaires.

La société est sur une dynamique de croissance. Sa politique de l’innovation du secteur automobile semble plaire au grand public, les ventes ne cessant d’augmenter. Les bénéfices et les résultats d’exploitation de l’entreprise ne font également que croître avec le temps.

Tesla s’impose comme un leader de son secteur, et est l’une des valeurs les plus capitalisées du marché. Sa volatilité rend cet actif très risqué, mais la dynamique de l’affaire est très bonne.

 

Le contexte macroéconomique

Il serait faux de dire que le contexte macroéconomique évolue en faveur de Tesla. Le pouvoir d’achat des Américains semble avoir diminué à cause de l’inflation (ventes au détail de décembre en deçà des attentes ; inflation à 7%, la plus élevée depuis 1982). Le cours de l’action ne s’effondre pas face à ces informations, mais il s’agit d’observer comment évolue la situation macroéconomique.

En effet, la FED a annoncé la première hausse des taux d’intérêt qui serait prévue pour mars. Elle serait également faite de manière progressive afin d’éviter au maximum un krach boursier et une réaction de panique de la part des investisseurs.

Cependant, nous ne sommes pas sûrs du nombre de hausse de taux que nous allons connaître en 2022, ni leur amplitude. D’après la FED, la hausse du mois de mars serait de 25 points de base, mais nous ne pouvons garantir cette information tant que la décision n’a pas été prise officiellement.

La hausse des taux pourrait grandement impacter les actions américaines, en particulier celles des valeurs technologiques. Une hausse des taux supérieure aux attentes des opérateurs pourrait engendrer une réallocation des actifs. Il y aurait d’autres alternatives que le marché des actions, les rendements des obligations ou du bon du Trésor américain pourraient être plus intéressants pour un risque moins important.

Cela pourrait engendrer de fortes fluctuations baissières sur les valeurs technologiques.

De plus, nous devons prendre en compte la surévaluation par le marché de ces actifs en particulier. Les investisseurs pourraient percevoir en la hausse des taux une opportunité de quitter le navire avant le naufrage. Les actions pourraient donc entrer en phase corrective et se diriger vers leur valeur fondamentale, voir même connaître une sous-évaluation par le marché.

 

L’étude des fluctuations de prix par rapport au Benchmark :

Représentation de l’évolution de l’action Tesla par rapport au marché américain (S&P500). Source : xStation5

Il s’agit ici d’observer clairement que l’action Tesla surperforme son benchmark. Le graphique ci-dessus représente le cours de l’action Tesla et le cours du S&P500 en donnée hebdomadaire. Nous pouvons observer que le Bêta de Tesla par rapport au S&P500 est supérieur à 1, car lorsque le S&P500 augmente de 1%, Tesla augmente de beaucoup plus.

Depuis début 2018, l’action Tesla a progressé de près de 1575%, tandis que le S&P 500 n’a progressé « que » de 92%.

De ce point de vue, l’action semble surévaluée par rapport à son benchmark, mais ça n’est pas forcément une mauvaise chose, cela peut simplement suggérer que le cours de l’action Tesla compense les faiblesses de l’indice.

Mais si nous ajoutons à cela le PBR, le PER, le BPVS, la volatilité extrêmement élevée de l’action, ainsi que les perspectives de hausse des taux de 2022, investir sur l’action Tesla devient de plus en plus risqué. L’action pourrait avoir une marge de progression haussière, mais une correction de marché pourrait voir le jour avant que le cours de l’action soit à son plein potentiel.

 

Représentation de l’évolution de l’action Tesla par rapport au Nasdaq 100 depuis fin février 2021. Source : xStation5

Nous observons cependant un ralentissement de l’action par rapport à son indice depuis février 2021. En effet, depuis cette date, le Nasdaq enregistre une hausse de 43%, tandis que Tesla augmente de 57%.

Sur du long terme, il est clair que Tesla surperforme le marché, mais cela devient de moins en moins vrai à court terme. Nous sommes loin du graphique long terme, la performance de Tesla n’est même pas supérieure au double de celle du Nasdaq 100. Peut-être s’agit-il ici d’une crainte des investisseurs sur le potentiel haussier de l’action. En effet, l’action étant surévaluée sur tous les ratios quantitatifs, et étant surachetée via l’analyse technique (RSI sur le graphique hebdomadaire/mensuel), les investisseurs semblent de moins en moins nombreux depuis un an.

L’évolution du bon du Trésor américain

Représentation de l’évolution de l’US Treasury 10y Yield sur un an. Source : Bloomberg

Le Bon du Trésor américain ne fait que progresser depuis mi-2020. En effet, la FED ayant confirmé une inflation galopante durant cette période, à la suite des politiques de reprise économique aux Etats-Unis, avec notamment le plan de relance de Joe Biden. Les investisseurs commencent de plus en plus à se tourner vers la dette américaine pour espérer un meilleur rendement.

Nous sommes dans une situation où les marchés américains et les taux obligataires augmentent tous les deux, mais nous savons que la relation entre le taux obligataire 10 ans et les actifs risqués n’est pas positive en règle générale. C’est le marché qui a raison, et pour le moment, même si le bon du Trésor américain progresse, nous ne connaissons pas de trop grandes baisses sur les marchés US dans leur globalité. Certaines actions ralentissent, d’autres diminuent légèrement.

Attention cependant aux publications des divers résultats et bilans financiers de ce mois-ci et du mois de février, ils pourraient changer la donne dans le cas où les résultats des plus grosses entreprises ne dépassent pas largement les attentes des opérateurs et les anticipations des analystes.

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