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15:51 · 26 janvier 2026

🌍 Accord Mercosur–UE : mythe agricole ou tournant stratégique pour l’Europe ?

Points clés
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Points clés
  • L’accord UE–Mercosur vise avant tout les matières premières stratégiques et l’industrie, bien plus que l’agriculture.

  • Les importations agricoles resteront strictement encadrées par des quotas et les normes UE ne changent pas.

  • Les grands gagnants potentiels : automobile, industrie lourde, machines, chimie, défense.

  • Les perdants indirects : États-Unis, Chine et Russie, via la diversification des approvisionnements européens.

  • Pour les marchés, l’accord pourrait devenir un nouveau moteur de croissance structurelle pour plusieurs secteurs cotés.

L’accord UE–Mercosur, négocié pendant près de 25 ans, arrive à un moment charnière pour l’économie européenne. Pourtant, il n’a véritablement capté l’attention du public qu’à la toute fin du processus, souvent à travers une lecture réductrice et émotionnelle, centrée sur l’agriculture. Or, cette approche passe à côté de l’essentiel : Mercosur est un accord stratégique, industriel et géopolitique, bien plus qu’un simple traité agricole.

🚜 Mercosur et agriculture : démêler les faits des idées reçues

Des volumes très limités

Contrairement à certaines craintes, Mercosur ne signifie pas une invasion de viande sud-américaine en Europe.
Les chiffres sont clairs :

  • Importations actuelles de l’UE :

    • Bœuf : ~0,5 million de tonnes

    • Volaille : ~0,3 million de tonnes

  • Production européenne :

    • Bœuf : ~6–7 millions de tonnes

    • Volaille : ~14 millions de tonnes

  • Quota supplémentaire sans droits de douane prévu : 100 000 à 200 000 tonnes, soit un impact marginal.

 

Normes inchangées

Un point central souvent ignoré : l’accord ne modifie pas les standards sanitaires ou environnementaux.
Tous les produits importés devront respecter exactement les mêmes normes que ceux produits dans l’UE. Mercosur traite des droits de douane, pas de la qualité alimentaire.

Qui perd réellement ?

Oui, les agriculteurs et transformateurs alimentaires feront face à une concurrence accrue, en particulier sur la viande.
Mais :

  • l’impact est limité par les quotas,

  • et amorti par la PAC, qui compense les baisses de prix.

Pour la majorité des exploitations, il s’agit d’un ajustement, pas d’une menace existentielle.

🪨 Le vrai cœur de Mercosur : matières premières stratégiques

Le talon d’Achille de l’Europe

Là où l’accord devient crucial, c’est sur les ressources minières :

  • lithium,

  • niobium,

  • terres rares,

  • cuivre.

L’Europe dispose de réserves quasi inexistantes, alors que la demande va exploser avec :

  • la transition énergétique,

  • l’électrification,

  • l’IA,

  • et la réindustrialisation.

Les importations de ces matières devront augmenter de 2 à 3 fois dans les prochaines années.

L’Amérique latine : riche en ressources, pauvre en technologie

De nombreux pays du Mercosur disposent :

  • de gisements massifs,

  • de capacités minières sous-exploitées,

  • mais manquent de technologies, d’équipements et de savoir-faire industriels.

C’est là que l’accord devient mutuellement bénéfique.

🌐 Qui sont les vrais perdants géopolitiques ?

Contrairement au débat public, les principaux perdants ne sont pas les agriculteurs européens, mais :

  • les États-Unis,

  • la Chine,

  • la Russie.

Ces puissances utilisent depuis des années la dépendance européenne aux matières premières comme levier politique et économique.
En diversifiant ses approvisionnements vers l’Amérique latine, l’Europe :

  • réduit ce risque stratégique,

  • renforce son autonomie industrielle,

  • et rééquilibre les rapports de force globaux.

🏭 Ce que l’Europe gagne à l’export

En échange, l’Europe ouvre un immense débouché à ses industries :

  • automobile,

  • machines-outils,

  • chimie,

  • électronique,

  • optique,

  • équipements industriels.

Des secteurs à maturité en Europe, parfois sous pression aux États-Unis ou en Chine, trouvent en Amérique latine :

  • une demande en forte croissance,

  • une concurrence encore limitée,

  • et un potentiel de marges élevé.

📈 Implications pour les entreprises et les marchés

Grands gagnants potentiels

  • Automobile : Volkswagen, BMW, Stellantis
    → accès à de nouveaux marchés pour enrayer la baisse structurelle du secteur.

  • Industrie & ingénierie : Siemens, ABB, BASF, ZF
    → ventes d’équipements, automatisation, chimie avancée.

  • Défense : Rheinmetall, BAE Systems, Leonardo, Hensoldt
    → sécurisation des chaînes d’approvisionnement en métaux critiques.

Gagnants déjà visibles en Bourse

Sur les graphiques techniques :

  • BMW montre un rebond depuis ses plus bas, avec un croisement haussier EMA100/EMA200,

  • Siemens conserve une tendance haussière structurelle de long terme.

BMW.DE (D1)

 

Sur le graphique, on peut observer un rebond depuis le bas, un croisement des moyennes mobiles exponentielles (EMA) 100 et 200, ainsi qu'un retour à une tendance haussière. Source : xStation5

SIE.DE (D1)

 

La société affiche une tendance à la hausse très forte depuis de nombreuses années. Source : xStation5

Perdants relatifs

  • Petits producteurs alimentaires, surtout spécialisés dans la viande.

  • Les grands groupes (Nestlé, Danone, Lindt, Kerry) sont peu exposés et disposent d’un fort pouvoir de fixation des prix.

⚖️ Un choix politique avant tout

L’Europe peut-elle se permettre de saboter un accord stratégique majeur pour protéger :

  • des intérêts ponctuels,

  • faiblement contributeurs à la croissance,

  • souvent déjà subventionnés ?

Dans un monde où le commerce international est de plus en plus régi par :

  • les menaces,

  • les sanctions,

  • et le chantage géopolitique,

Mercosur apparaît comme une exception constructive, fondée sur le gagnant-gagnant.

🔮 Et maintenant ?

L’accord est à un stade final, mais son entrée en vigueur n’est pas garantie :

  • instabilité politique en Europe et en Amérique du Sud,

  • pressions potentielles des États-Unis et de la Chine,

  • débats internes sur la souveraineté et la transition écologique.

S’il aboutit, Mercosur deviendra la plus grande zone de libre-échange au monde, avec des effets économiques qui se compteront en décennies, pas en trimestres.

FAQ

Mercosur va-t-il faire baisser la qualité alimentaire en Europe ?
Non. Les normes UE restent pleinement applicables.

Les agriculteurs européens sont-ils sacrifiés ?
Non. Les volumes sont limités et les pertes compensées.

Pourquoi l’accord est-il stratégique ?
Pour sécuriser les matières premières critiques et soutenir l’industrie européenne.

Qui y perd le plus ?
Les puissances qui utilisaient la dépendance européenne comme levier : US, Chine, Russie.

Quel impact pour les investisseurs ?
Des opportunités structurelles dans l’automobile, l’industrie et la défense.

 

Kamil Szczepański, Analyste de Marchés Junior, XTB

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