17:55 · 24 août 2026

FX Weekly : Jackson Hole marquera-t-il un tournant pour le dollar ? (24.08.2026)

La semaine dernière a été marquée par les événements survenus sur le marché de la dette. Mercredi, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé une extension du programme de rachat d’obligations, connu sous le nom de « rachat de soutien à la liquidité ».

  • Ce programme concerne principalement la partie longue de la courbe, c’est-à-dire les bons du Trésor à échéance plus longue.
  • Le seuil maximal pour chaque opération de rachat sera au moins doublé (passant de 2 à 4 milliards de dollars).
  • Cette intervention est intervenue alors que les rendements des obligations à 30 ans atteignaient leur plus haut niveau depuis 19 ans (5,33 %).

La réaction du marché a été immédiate : les rendements des obligations à 30 ans ont immédiatement baissé de 10 points de base, et le dollar s’est affaibli de 0,9 % face à l’euro de référence.

Figure 1 : Tableau de bord des devises du G10 [contre le dollar américain] (14/08/2026 - 21/08/2026)

Source: XTB Research, 24.08.2026

Au cours des jours suivants, le marché a effacé plus de la moitié du mouvement enregistré mercredi sur le marché obligataire. Le dollar, qui reste sous la pression des inquiétudes budgétaires et institutionnelles, n’a pas réussi à récupérer la majeure partie de ses pertes. La modeste appréciation de la devise américaine que nous avons observée aujourd’hui et vendredi semble résulter principalement d’une légère hausse des anticipations du marché quant à une hausse des taux d’intérêt à l’automne. Une telle mesure pourrait être considérée comme un outil de rééquilibrage. La probabilité implicite d’une hausse des taux en septembre est actuellement d’environ 40 %. En octobre, elle est légèrement supérieure à 60 %.

Dollar américain (USD)

Les investisseurs suivront de très près, dans les jours à venir, toutes les mesures visant à stabiliser la situation sur le marché obligataire. Nous sommes convaincus que ce sujet fera l’objet de discussions approfondies lors de l’une des plus importantes conférences de banquiers centraux de l’année : le symposium de Jackson Hole. Vendredi, en début d’après-midi, Kevin Warsh aura l’occasion d’aborder l’ensemble de la situation ; pour lui, cet événement revêt une importance cruciale.

 

Pourquoi ?

 

Lorsque Donald Trump a nommé M. Warsh au poste de président de la Réserve fédérale en mars, le marché l’a qualifié de personne susceptible d’être influencée, prête à modifier de manière opportuniste son approche de la politique monétaire pour satisfaire le président américain qui exigeait des baisses de taux d’intérêt.

Si M. Warsh est parvenu dans une certaine mesure à se défaire de cette étiquette lors de la conférence de juin, en tenant un discours relativement hawkish, la répétition des mêmes messages en juillet n’a pas suscité l’enthousiasme. Il s’en est tenu à sa décision de l’époque concernant l’absence d’indications prospectives. Il a évité de répondre aux questions relatives à la légitimité d’une pause, ainsi qu’à celles concernant la situation économique actuelle.

Cela ne sera pas possible ce vendredi.

M. Warsh a récemment bénéficié de données macroéconomiques suggérant qu’un resserrement immédiat de la politique monétaire n’était pas nécessaire. Les investisseurs souhaitent toutefois s’assurer qu’il dispose d’un plan d’action solide et qu’il fait preuve d’indépendance dans ses décisions. Si ses déclarations s’avèrent à nouveau peu convaincantes, le dollar pourrait poursuivre la vague de ventes amorcée après la dernière réunion.

Deux jours avant ce discours, crucial pour les perspectives du dollar, nous attendons la publication des données sur l’inflation mesurée par l’indice PCE. Cet indicateur, bien que retardé, a historiquement été privilégié par les responsables du FOMC lors de leurs décisions de politique monétaire. Le consensus table sur une hausse de 0,2 % en glissement mensuel, ce qui ne devrait pas susciter d’inquiétudes majeures.

Le même jour, après la clôture des marchés américains, le rapport trimestriel de Nvidia sera publié. Il s’agit d’un test de la pérennité de l’ensemble du marché haussier porté par le développement de l’intelligence artificielle. Des résultats inférieurs aux attentes très élevées entraîneraient probablement une détérioration du sentiment vis-à-vis du risque, pesant sur les actifs risqués, et pas seulement sur le marché boursier. Dans une telle situation, le grand gagnant pourrait, paradoxalement, être le dollar.

L’euro (EUR)

Du côté de l’euro, l’actualité est plus calme. La stabilité profite à la monnaie unique. Une hausse des taux d’intérêt lors de la réunion de septembre (10/09) est déjà presque entièrement anticipée par les marchés, et les données macroéconomiques publiées continuent généralement de surprendre à la hausse.

Ces derniers jours, nous avons reçu les indicateurs PMI du mois d’août. L’indice composite a atteint son plus haut niveau en 9 mois, porté par d’excellentes performances industrielles (plus haut en 51 mois). Il convient de noter une amélioration significative de la situation en Allemagne, favorisée par une demande croissante d’équipements technologiques liés à l’intelligence artificielle et par une hausse des dépenses de défense. À notre avis, le programme de relance budgétaire d’un montant de 500 milliards d’euros, présenté en mars 2025 par Friedrich Merz, revêt une importance considérable dans ce contexte.

Dollar canadien (CAD)

Figure 2 : Tableau de bord des devises du G10 [contre l’USD] (24/08/2026)

Source: XTB Research, 24.08.2026

La devise canadienne connaît aujourd’hui un affaiblissement relativement important.
Pourquoi ?
Les discussions concernant un nouvel accord commercial entre Washington et Ottawa ont abouti de manière inattendue à un échec. Les négociations ont été rompues vendredi, ce qui a entraîné l’entrée en vigueur de droits de douane de 50 % sur les produits canadiens exportés vers les États-Unis. Ceux-ci concerneront des marchandises d’une valeur totale comprise entre 20 et 28 milliards de dollars environ (soit 5 à 7 % du total des exportations canadiennes vers les États-Unis).
La liste des droits de douane comprend, entre autres, le bois d’œuvre, le ciment, les meubles, certains produits laitiers, le vin, les équipements électriques et les équipements de hockey. Le président Donald Trump défend fermement cette décision. Sur les réseaux sociaux, il a accusé le Canada de vouloir profiter des avantages liés au statut d’État sans en être un.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, accuse les États-Unis d’avoir imposé à la dernière minute des exigences injustes et préjudiciables sur le plan économique, notamment des tentatives visant à limiter la capacité du Canada à conclure des accords commerciaux avec d’autres pays. La partie américaine (représentée par Jamieson Greer) rejette ces accusations, affirmant que ce sont les négociateurs canadiens qui ont rompu le compromis précédemment élaboré en formulant de nouvelles exigences.
Selon les déclarations de M. Carney, les droits de douane canadiens visant les exportations américaines d’une valeur équivalente (dollar pour dollar, comme le dit le Premier ministre lui-même) doivent entrer en vigueur le 8 septembre. Ils toucheront des secteurs tels que l’acier, les machines agricoles, l’électroménager, l’électronique et les produits laitiers. Soit dit en passant, ce choix n’est pas fortuit ; ces mesures sont destinées à se faire rapidement sentir dans des États américains clés sur le plan politique, ce qui pourrait revêtir une importance particulière à l’approche des élections de mi-mandat.

Michał Jóźwiak, analyste des marchés financiers, XTB

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Résumé quotidien : la semaine s'achève sur un léger rebond

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