17:57 · 6 juillet 2026

Les déclarations du secrétaire général de l'OTAN soutiennent les valeurs du secteur de la défense européen

Les actions des entreprises européennes du secteur de la défense ont démarré la semaine en nette hausse après les déclarations du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui a souligné que les fabricants d’armes peinent de plus en plus à faire face à l’afflux de commandes.

Pour le marché, cela a constitué un signal supplémentaire et une confirmation que le principal défi pour l’industrie européenne n’est pas la demande, mais sa capacité à livrer les équipements dans les délais.

C’est l’italien Fincantieri qui s’est le plus démarqué, avec une hausse de son cours de plus de 10 %.

Des hausses ont également été enregistrées, entre autres, par Leonardo, Saab, Hensoldt, Rheinmetall, Thales, Indra, Dassault Aviation et Safran, avec des progressions comprises entre 2 et 5 %.

Analyse technique de Fincantieri (FCT.IT) (D1)

 

Le fabricant italien de systèmes destinés à la guerre navale a perdu plus de 60 % de sa valorisation par rapport au pic atteint fin 2025. Les hausses enregistrées aujourd’hui sont impressionnantes et absolument indispensables du point de vue de la demande si l’entreprise souhaite reprendre l’initiative, mais elles pourraient ne pas suffire à inverser la tendance à long terme. La valorisation de la société est plombée par un « croisement de la mort » datant de mars 2026. Les investisseurs devraient suivre l’évolution du cours par rapport aux niveaux de Fibonacci. Seul un passage au-dessus du niveau de Fibonacci de 38,2 % peut être considéré comme un signal significatif laissant entrevoir un retour à une tendance haussière. Source : xStaion5

La réaction des investisseurs montre que le marché anticipe de plus en plus non seulement des budgets de défense plus élevés, mais aussi une amélioration potentielle des marges et du pouvoir de négociation des fabricants fonctionnant à pleine capacité.

M. Rutte a souligné que l’OTAN ne passe que maintenant de la phase des déclarations politiques à celle de l’exécution des ordres. Selon les données de l’OTAN, les alliés européens (et le Canada) ont augmenté leurs dépenses de défense de 20 % par rapport à 2024, pour atteindre plus de 574 milliards de dollars américains. Parallèlement, dans le cadre du nouvel objectif, les alliés doivent atteindre 5 % du PIB pour les dépenses liées à la défense et à la sécurité d’ici 2035.

M. Rutte a également noté que les contraintes concernent à la fois la capacité industrielle et la capacité à recruter et à former du personnel militaire. D’après ses propos, environ 300 milliards de dollars de commandes ont déjà été passés auprès des fabricants d’armes américains, ce qui illustre encore davantage l’ampleur de la demande générée par les pays de l’OTAN.

Du point de vue des entreprises européennes du secteur de la défense, il s’agit d’un signal ambigu mais positif pour le marché. D’une part, une capacité de production limitée implique un risque de retards, une pression sur les chaînes d’approvisionnement et la nécessité d’engager d’importantes dépenses d’investissement.

D’autre part, si la demande est structurelle et à long terme, les fabricants peuvent compter sur des carnets de commandes plus fournis, une meilleure qualité des revenus et, potentiellement, de meilleures conditions contractuelles.

Un catalyseur supplémentaire est le prochain sommet de l’OTAN à Ankara, prévu les 7 et 8 juillet. Cette réunion devrait porter sur les dépenses de défense, les capacités de transfert et de logistique, ainsi que sur un soutien accru à l’Ukraine. Les drones et les systèmes de lutte contre les drones pourraient constituer un domaine particulièrement prometteur pour des dépenses supplémentaires.

Du point de vue du sentiment sectoriel, il est absolument crucial de replacer ces progressions dans le contexte des déclarations de Donald Trump selon lesquelles « Poutine ressent la pression » et que « la fin de la guerre est plus proche que tout le monde ne le pense ». Par le passé, de telles déclarations auraient exercé une pression significative sur les valorisations des entreprises du secteur de la défense. Aujourd’hui, cependant, le marché perçoit davantage d’opportunités que de risques pour les valorisations du secteur, ce qui est important après plusieurs mois de fortes baisses par rapport aux sommets atteints.

Matéis Mouflet

Analyste de marché chez XTB

Analyste de marchés spécialisé en finance, Matéis Mouflet suit et interprète les tendances macroéconomiques et multi-actifs pour produire des analyses et recommandations stratégiques. Il est également professeur vacataire à l’IAE de Lille.

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