Après plusieurs mois de tensions croissantes, les États-Unis et la Chine ont annoncé une trêve commerciale de 90 jours. Cette pause stratégique, largement anticipée par les observateurs les plus lucides, marque un tournant dans le bras de fer entre les deux premières puissances économiques mondiales. Elle conforte la thèse d’un creux définitif atteint le 7 avril dans les principaux indices.
Ni Washington ni Pékin ne pouvaient se permettre de prolonger une escalade qui menaçait directement leur stabilité économique. Confrontée à un ralentissement structurel de sa croissance et toujours tributaire de ses exportations, la Chine devait impérativement éviter une marginalisation commerciale. De son côté, l’administration Trump se devait de réagir face à une volatilité boursière préoccupante et une pression politique croissante.
Résultat : les deux camps ont sans surprise opté pour une désescalade temporaire. Les droits de douane appliqués aux importations réciproques ont été allégés, parfois de manière spectaculaire (de 145% à 30% côté américain ; de 125% à 10% côté chinois), provoquant un afflux massif de commandes de la part des importateurs américains. Le coût du fret maritime a bondi, signe d’une reprise soudaine et vigoureuse de l’activité. Baromètre économique, le prix du brut américain tente un double creux à 56$, en hausse de 11.5% depuis ce point bas.
Sans surprise, les indices boursiers ont adoré. Comme souvent dans ce marché haussier historique qui aime se faire peur, la bonne nouvelle est arrivée à une barrière clé (autour des 5700 points sur le S&P 500). La chute brutale intervenue après le Liberation Day (2 avril) a ainsi été entièrement effacée et le S&P 500 semble à présent bien orienté vers la cible institutionnelle des 6785 points. Bien que Trump fasse preuve d’un courage politique hors norme, le crash de début avril l’avait particulièrement effrayé, lui qui a toujours lié son destin politique à celui de la Bourse. Le DAX a quant à lui atteint un nouveau plus haut historique, hier.
Ce sursaut commercial pourrait donc offrir quelques mois de répit à l’économie américaine. Un léger rebond de la croissance n’est pas à exclure, notamment grâce à l’anticipation des achats et à l’effet mécanique de la détente tarifaire. Pour autant, il ne s’agit pas d’un changement de paradigme : le ralentissement global reste en cours et des droits de douane résiduels (entre 10 et 20%) devraient subsister sur des produits jugés non stratégiques. La trêve atténue la pression mais ne règle rien en profondeur.
La dynamique ouverte entre Washington et Pékin devrait se poursuivre dans les mois à venir avec d'autres partenaires commerciaux, entretenant la tendance haussière dans les actions. Des accords sont déjà en cours de négociation avec le Japon, la Corée du Sud, et plusieurs pays exportateurs clés comme le Vietnam. Trump n’a jamais caché son aversion pour l’Union Européenne et les négociations à venir pourraient s’avérer tendues. En général, tout nouveau durcissement ou simple retard dans les négociations pourrait permettre aux indices boursiers de souffler, donnant une opportunité aux investisseurs – nombreux à être restés sur la touche malgré le fameux message « Good time to buy » de Trump sur Truth Social – de raccrocher le wagon.
Avec les midterms US prévues dans seulement 16 mois, Trump poursuit sa stratégie de négociateur frénétique, enchaînant accords politiques et économiques à un rythme effréné, souvent au détriment des alliés traditionnels au profit d’anciens adversaires. Sa détermination pour soutenir la classe moyenne US – en particulier son pouvoir d’achat comme en témoignent ses récentes attaques contre le secteur pharmaceutique – semble sans faille, tout en réduisant le poids de l’Etat. Annoncée mardi en baisse à 2.3% en rythme annuel, l’absence d’inflation donne à Trump encore plus de grain à moudre contre Powell, afin de faire comprendre au contribuable américain que les banquiers centraux ont toujours un train de retard.
Sur le plan géopolitique, il impose cessez-le-feu et compromis sans attendre, avec une approche purement transactionnelle centrée sur les intérêts immédiats des États-Unis. Cela se traduit sur les marchés par une détente des prix de l’or qui se rapprochent d’une zone de support majeure pour investir, située entre 3060 et 3150 dollars l’once.
Le S&P 500 a méché le niveau de support majeur des 4835 points. La cible institutionnelle est fixée à 6795 points. Bitcoin, au-dessus des 100k, et surtout, le DAX, à des plus hauts historiques, montrent la voie à suivre à Wall Street. Source : xStation.
Par Antoine Andreani, Directeur de la Recherche chez XTB France
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