- Cours pétrole Brent proche de 99 dollars le baril, en hausse de 17% sur la semaine sur fond de blocage du détroit d'Ormuz
- Wall Street en recul jeudi, S&P 500 à -0,4% et Nasdaq à -0,9%, leadership étroit limité aux semi-conducteurs
- Action Intel en hausse de 19% après clôture, chiffre d'affaires T1 2026 à 13,58 milliards de dollars
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- Action Intel en hausse de 19% après clôture, chiffre d'affaires T1 2026 à 13,58 milliards de dollars
Les marchés entament la séance de ce vendredi 24 avril dans un équilibre instable. Le cours pétrole reste ancré près de ses sommets avec un Brent à 99 dollars et un WTI à 96 dollars, conséquence directe du blocage du détroit d'Ormuz. Wall Street a terminé jeudi dans le rouge malgré un pic en séance, tandis que la publication d'Intel redonne un peu de souffle au segment des semi-conducteurs. Les futures américains ouvrent mixtes.
Géopolitique : le détroit d'Ormuz sous double verrou
Neuf semaines d'impasse entre Washington et Téhéran
L'impasse dans les relations États-Unis–Iran entre désormais dans sa neuvième semaine. Les deux parties ne parviennent pas à fixer une date pour le deuxième cycle de négociations prévu au Pakistan. Téhéran refuse toute négociation tant que le blocus naval américain des ports iraniens reste en place.
Donald Trump a déclaré qu'il avait « tout le temps du monde » et n'entendait pas précipiter la résolution du conflit. Le président américain avait pourtant initialement promis une issue sous « quatre à cinq semaines », engagement aujourd'hui intenable. Cette position de fermeté vient consolider la prime de risque géopolitique intégrée dans le cours pétrole.
Sur le terrain, la situation se tend. Donald Trump a ordonné à la marine américaine de « tirer et détruire tout navire » poseur de mines dans le détroit d'Ormuz, affirmant que les États-Unis contrôlaient désormais la voie maritime. L'Iran maintient de son côté un contrôle strict sur ce passage stratégique, par lequel transitait habituellement un cinquième des transports mondiaux d'hydrocarbures.
Trêve fragile entre Israël et le Liban
Le président américain a annoncé une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Liban, après une rencontre à la Maison-Blanche avec des représentants des deux camps. L'optimisme affiché a été rapidement nuancé par Danny Danon, ambassadeur israélien à l'ONU, qui a précisé à CNN que la prolongation n'était « pas sûre à 100% ».
Le Hezbollah continuerait de tirer des roquettes sur certaines positions, ce qui fragilise la trêve dès son entrée en vigueur. La tenue effective de ce cessez-le-feu constitue un préalable essentiel à toute avancée diplomatique plus large avec l'Iran, et donc à toute détente durable sur le cours pétrole.
Donald Trump a par ailleurs menacé Londres de « lourds droits de douane » si le Royaume-Uni ne retirait pas sa taxe sur les services numériques visant les géants technologiques américains. Ce nouveau point de friction transatlantique intervient à quelques semaines d'une visite d'État du président américain au Royaume-Uni.
Macroéconomie : le choc énergétique complique la trajectoire des banques centrales
Inflation japonaise et risque de hausse de la BoJ en juin
L'inflation sous-jacente japonaise (core CPI, indice des prix à la consommation hors produits frais) s'établit à 1,8% sur un an en mars, en ligne avec les attentes mais sous la cible de 2% de la Banque du Japon pour le deuxième mois consécutif. En parallèle, l'indice des prix à la production dans les services surprend à la hausse, à 3,1% contre 3,0% attendu et 2,7% le mois précédent.
Le choc énergétique lié à la guerre avec l'Iran devrait renvoyer l'inflation japonaise au-dessus de la cible dans les prochains mois. Le scénario d'une hausse des taux par la Banque du Japon en juin reste donc sur la table. Ce cadre oriente directement les mouvements du cours USDJPY, qui évolue autour de 159,80 yens, à proximité immédiate du seuil des 160.
La ministre japonaise des Finances Satsuki Katayama a renforcé sa rhétorique interventionniste. Elle a évoqué une « action décisive » contre la spéculation sur le yen, en coordination étroite avec les États-Unis. La référence à une coordination avec Washington rappelle les conditions qui avaient précédé la première intervention conjointe américano-japonaise sur le marché des changes depuis quinze ans.
Les prix de l'essence aux États-Unis compliquent la tâche de la Fed
Donald Trump a prévenu les Américains que les prix de l'essence resteraient élevés « encore un certain temps » en raison du durcissement des sanctions contre l'Iran. Ce message porte des implications concrètes pour l'inflation américaine : les coûts énergétiques se propagent au transport, à la logistique et aux biens de consommation, ajoutant une couche supplémentaire de pression sur les prix.
Pour la Réserve fédérale, cette dynamique brouille la trajectoire attendue des taux directeurs. L'indice de confiance des ménages de l'Université du Michigan, dont la lecture finale d'avril est attendue ce vendredi à 16h00 heure de Paris, devrait confirmer une dégradation du moral des foyers sur fond de flambée des carburants.
L'impact réel du choc énergétique se manifeste en Europe. Lufthansa a annoncé l'annulation de 20 000 vols en raison de la hausse des prix du kérosène, conséquence directe de la crise pétrolière. Les raffineries asiatiques, confrontées à des tensions d'approvisionnement, réduisent également leur production de diesel et de kérosène, alimentant une pression en chaîne sur le secteur des transports.
Wall Street, Asie et matières premières : leadership étroit et pétrole élevé
S&P 500 et Nasdaq en recul malgré de nouveaux plus hauts intraday
Wall Street a clôturé jeudi dans le rouge. Le S&P 500 a cédé 0,4% et le Nasdaq Composite 0,9%, soit sa plus mauvaise séance depuis près d'un mois, alors même que les deux indices avaient touché de nouveaux sommets intraday plus tôt dans la séance. Sur la semaine, les baisses restent limitées à 0,3% pour le S&P 500 et 0,1% pour le Nasdaq.
Cette résilience surprend, compte tenu du bond hebdomadaire de 16-17% des cours du pétrole. Les futures américains sont mixtes avant l'ouverture de vendredi : contrats S&P 500 à l'équilibre, Nasdaq 100 en hausse d'environ 0,4% tirés par Intel, et Dow en recul d'environ 0,2%.
Le marché reste en mode narrow leadership. Cameron Dawson, de NewEdge Wealth, souligne que les gains sont presque exclusivement portés par les semi-conducteurs. L'iShares Semiconductor ETF (SOXX) enchaîne sa 17e séance consécutive de hausse. Ce rétrécissement du leadership constitue une vulnérabilité structurelle en cas de choc géopolitique.
En Asie, le Nikkei 225 progresse de 0,71% ce vendredi grâce à la vigueur du secteur technologique, tandis que le Topix gagne 0,30%. À l'inverse, le Hang Seng cède 0,61%, le CSI 300 0,28%, le Kospi 0,23% et l'ASX 200 australien 0,29%.
Brent à 99 $ et matières premières sous tension

Current market volatility. Source: xStation
Les prix du pétrole restent élevés. Le Brent progresse de près de 17% sur la semaine, le WTI d'environ 16%. Ce vendredi matin, le WTI s'échange autour de 96 dollars (-1,0% sur la séance) et le Brent près de 99 dollars (-1,2%). Le repli est celui d'une correction technique après un rallye hebdomadaire marqué, la tendance de fond restant haussière.
L'or corrige également, en repli de 0,36% autour de 4 677 dollars l'once. L'argent cède 0,60% et le gaz naturel 0,51%. Goldman Sachs estime que la production pétrolière du Golfe Persique pourrait rapidement redémarrer après une réouverture du détroit d'Ormuz. Ce scénario reste hypothétique tant que le double blocage, américain et iranien, perdure.
Sur le marché des changes, le dollar se renforce légèrement. L'EURUSD recule de 0,04% à 1,168. Le GBPUSD reste quasi inchangé à 1,346. Les devises émergentes et liées aux matières premières faiblissent : couronne norvégienne, rand sud-africain et peso mexicain cèdent du terrain face au billet vert.
Entreprises : Intel propulse le Nasdaq, ServiceNow et SAP divergent
Action Intel en hausse de 19% après des résultats au-dessus du consensus
Intel a bondi de 19% après clôture jeudi, après la publication de résultats du premier trimestre 2026 très au-dessus des attentes. Le chiffre d'affaires atteint 13,58 milliards de dollars, contre un consensus de 12,42 milliards. Le bénéfice ajusté par action ressort à 0,29 dollar, contre 1 cent attendu.
La division Data Center et IA du groupe affiche 5,1 milliards de dollars de revenus, contre 4,41 milliards anticipés. Intel relève également sa prévision pour le deuxième trimestre, avec un chiffre d'affaires attendu jusqu'à 14,8 milliards de dollars. Cette publication constitue le principal moteur de la hausse du Nasdaq ce vendredi et confirme le leadership étroit du segment des semi-conducteurs.
SAP gagne 5% en séance after-hours, porté par un bénéfice par action de 1,72 dollar contre 1,69 attendu et par une progression de 19% des revenus cloud. L'éditeur allemand précise toutefois que sa prévision 2026 repose sur une hypothèse de désescalade au Moyen-Orient. Nike a annoncé la suppression de 1 400 postes, deuxième plan social de l'année pour l'équipementier sportif.
IA chinoise et cryptomonnaies en veille
DeepSeek a publié une version préliminaire de son modèle V4, dernier chapitre de la course chinoise à l'intelligence artificielle. Le modèle est open-source et vise à rivaliser avec les grands modèles de langage occidentaux. Alibaba a annoncé l'intégration de son modèle Qwen dans les véhicules BYD et Volkswagen, via la co-entreprise locale, confirmant la montée en puissance de l'IA dans l'industrie automobile.
Le Bitcoin cède 0,38% et s'échange autour de 77 500-77 700 dollars. Le marché crypto reste en attente du sommet de Mar-a-Lago prévu samedi, au cours duquel Donald Trump doit prononcer un discours réservé aux 297 plus gros détenteurs du memecoin $TRUMP. Cet événement peut déclencher une volatilité notable sur le segment des memecoins durant le week-end.
Procter & Gamble, Norfolk Southern, Charter Communications et SLB publient leurs résultats avant l'ouverture américaine. Les chiffres de SLB, acteur pétrolier, retiendront particulièrement l'attention pour mesurer l'impact de la crise énergétique sur le secteur.
❓ FAQ
Pourquoi le cours du pétrole reste-t-il aussi élevé ? Le cours pétrole reste proche de ses sommets en raison du blocage du détroit d'Ormuz, verrouillé à la fois par le blocus américain des ports iraniens et par les restrictions imposées par Téhéran. Ce détroit concentrait historiquement un cinquième du transport mondial d'hydrocarbures. Le Brent gagne près de 17% sur la semaine, les estimations de destruction de demande atteignant 4 à 5 millions de barils par jour selon les analystes spécialisés.
Quelles sont les conséquences pour la Banque du Japon et le yen ? L'inflation sous-jacente japonaise s'établit à 1,8% en mars, sous la cible de 2%. Le choc énergétique lié au conflit avec l'Iran devrait toutefois faire remonter l'inflation au-dessus de ce seuil, ouvrant la voie à une hausse de taux de la Banque du Japon dès juin. La ministre des Finances Satsuki Katayama évoque une « action décisive » contre la spéculation sur le yen, qui évolue près de 160 pour un dollar.
Pourquoi l'action Intel a-t-elle bondi de 19% ? Intel a publié un chiffre d'affaires de 13,58 milliards de dollars au T1 2026, au-dessus du consensus à 12,42 milliards. Le bénéfice ajusté par action atteint 0,29 dollar contre 1 cent attendu. La division Data Center et IA enregistre 5,1 milliards de dollars, contre 4,41 attendus. L'entreprise a également relevé sa prévision pour le deuxième trimestre jusqu'à 14,8 milliards de dollars, ce qui a porté les futures du Nasdaq 100 à la hausse.
Pourquoi Wall Street recule-t-elle malgré des records intraday ? Wall Street présente une structure de narrow leadership : les gains sont concentrés sur le segment des semi-conducteurs, avec 17 séances consécutives de hausse pour l'iShares Semiconductor ETF. Le S&P 500 a perdu 0,4% jeudi, le Nasdaq 0,9%. Cette étroitesse du leadership crée une vulnérabilité : un choc géopolitique ou une déception sur un acteur majeur comme Nvidia peut déclencher une correction rapide de l'ensemble des indices américains.
Comment s'exposer à la thématique énergétique sur les marchés ? L'exposition au secteur énergétique peut passer par des actions de compagnies pétrolières cotées aux États-Unis ou en Europe (majors intégrées, acteurs de l'exploration-production, équipementiers), ou par des ETF sectoriels répliquant un panier de valeurs de l'énergie. Le cours pétrole spot reste l'indicateur directeur à suivre pour anticiper les inflexions du secteur, particulièrement dans le contexte actuel de tensions géopolitiques au détroit
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