La publication des données macroéconomiques les plus importantes de cette semaine est prévue à 13 h 30 : l’indice des prix à la consommation (IPC) de juillet aux États-Unis. Les derniers chiffres du marché du travail (NFP) ont largement déçu les attentes, remettant en question un nouveau resserrement de la politique monétaire par la Fed.
Le marché a récemment revu ses anticipations concernant les prochaines décisions du FOMC. Jusqu’à récemment, les investisseurs avaient pleinement intégré une hausse des taux d’intérêt en septembre. Actuellement, la probabilité implicite d’une telle mesure, telle que perçue par le marché, équivaut à un tirage au sort.
Qu’est-ce qui explique ce réajustement des anticipations vers une orientation accommodante ?
- Le discours peu crédible de Kevin Warsh
Lors de la dernière conférence de presse clôturant la réunion du FOMC, le président de la Fed a de nouveau insisté sur une approche intransigeante face à l’inflation, tentant de convaincre les marchés de sa prétendue position restrictive. Si cela avait suffi en juin, les investisseurs s’attendaient à bien plus en juillet.
Les investisseurs commencent à douter que ces annonces audacieuses soient suivies d’effets concrets, se rappelant les déclarations de Warsh il y a un an. À l’époque, il avait fréquemment fait part de son soutien à des baisses de taux lors d’interviews – sur FOX News, il avait ouvertement pris le parti du président, affirmant que la frustration de Donald Trump face à la politique monétaire de Powell était pleinement justifiée, tout en critiquant l’institution pour avoir abaissé les taux d’intérêt trop lentement et pour son attachement excessif aux données économiques rétrospectives.
- Faiblesse des données NFP
Le nombre de nouveaux emplois créés dans l’économie américaine (secteurs non agricoles) a reculé de 23 000 en juillet, manquant les prévisions de 5 écarts-types. En supposant que les données suivent une distribution normale, il faudrait attendre 290 000 ans pour observer à nouveau un tel résultat.
Il est difficile de nier que ces données étaient tout simplement médiocres : à cette baisse de 23 000, il faut ajouter les révisions à la baisse des chiffres des deux derniers mois (à hauteur de 103 000). Il convient toutefois de noter que ce recul s’explique en grande partie par une diminution du nombre d’emplois dans le secteur de l’enseignement public, ce qui peut être considéré comme un facteur saisonnier. De plus, le taux de chômage (4,1 %) a surpris à la baisse ; il s’agit, dit-on, de l’indicateur privilégié par de nombreux membres du FOMC dans les conditions actuelles.
Le marché du travail semble rester dans une situation de « faibles licenciements et faibles embauches » : tant que les membres du comité n’auront pas reçu de preuves convaincantes d’une augmentation des licenciements, la priorité absolue devrait être de stabiliser l’inflation au niveau souhaité.
Figure 1 : Emplois non agricoles (NFP) et taux de chômage (1980 - 2026)

Source: XTB Research, 12.08.2026
Quels ont été les résultats de la dernière publication de l'IPC ?
En juin, les chiffres se sont révélés bien inférieurs aux prévisions. L'absence de hausse des prix en termes « sous-jacents », c'est-à-dire hors énergie et alimentation, qui sont les postes les plus volatils, s'est avérée particulièrement encourageante. La hausse des coûts du logement a ralenti, ce qui pourrait constituer une très bonne nouvelle pour le FOMC.
Figure 2 : Inflation de l'IPC américain + principales composantes [mois sur mois] (2019 - 2026)

Source: XTB Research, 12.08.2026
À quoi peut-on s'attendre aujourd'hui ?
L'attention se portera sur l'indice de base, qui devrait reculer à son plus bas niveau depuis mars 2021 (le consensus s'établit à 2,5 %). Son évolution dans le secteur des services sera particulièrement intéressante à suivre.
Figure 3 : Principaux facteurs contribuant à l'inflation de l'IPC en juin

Source: XTB Research, 12.08.2026
L'indice global devrait également poursuivre sa tendance à la baisse (prévisions à 3,4%), notamment sous l'effet de la baisse des prix des carburants. Celle-ci devrait également se répercuter sur les tarifs aériens et les prix des hôtels. En revanche, une hausse des prix des denrées alimentaires est attendue.
Que faut-il savoir d’autre ?
- L’effet des droits de douane semble déjà entièrement pris en compte par le marché, cela est visible dans des catégories telles que les équipements audio, l’outillage ou les équipements sportifs.
- La grave pénurie de puces mémoire devrait continuer à faire grimper les prix des ordinateurs et des logiciels.
Figure 4 : Impact des secteurs sur l’évolution de la tendance de l’inflation annuelle aux États-Unis (2023 - 2026)

Source: XTB Research, 12.08.2026
Les marchés avant la publication
La paire EUR/USD reste extrêmement calme. Depuis le début de la semaine, sa baisse a atteint 0,2 %, principalement sous l’effet des actualités en provenance du Moyen-Orient. Le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a chuté à son plus bas niveau depuis une semaine (environ 10 navires par jour).
Le baril de Brent dépasse désormais les 89 dollars. Il a continué à grimper hier, malgré les déclarations optimistes du ministère pakistanais des Affaires étrangères.
Dans la nuit, Donald Trump a déclaré lors d’entretiens avec les médias que les États-Unis exerçaient un « contrôle total » (100 %) sur le détroit d’Ormuz. De son côté, l’Iran a posé des conditions strictes pour la réouverture de la voie maritime, exigeant la levée des sanctions américaines, la fin du blocus naval et le paiement de réparations de guerre par les États-Unis.
Figure 5 : Taux de change EUR/USD (26/02/2026 - 12/08/2026)

Source: xStation, 12.08.2026
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Michał Jóźwiak, Analyste des marchés financiers chez XTB
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