Au cours des derniers mois, le discours était clair : l’intelligence artificielle est le moteur de la croissance, et les entreprises qui investissent des milliards dans les infrastructures d’IA sont les gagnantes incontestables de la prochaine décennie. Les géants de la tech se sont livrés à une surenchère pour annoncer des budgets d’investissement toujours plus importants, les fabricants de puces ont battu des records et les valorisations ont grimpé sans tenir compte des fondamentaux.
La séance boursière de mardi a porté un coup brutal à cet optimisme : les investisseurs se posent désormais en masse une question qui, jusqu’à présent, était tombée en désuétude : quand ces dépenses astronomiques consacrées à l’IA se traduiront-elles réellement par des bénéfices ?
Le déclencheur immédiat a été la chute, lundi, du titre SpaceX (-17%), qui, peu après son introduction en bourse très médiatisée, a cherché à lever de nouveaux fonds, signe que même les entreprises les plus en vue de la « nouvelle ère » ont besoin de liquidités plus tôt que ne l’avait prévu le marché. Aujourd’hui, SpaceX rebondit légèrement d’environ 1 %, mais le reste du secteur reçoit une dure leçon. Les fabricants de puces sont au cœur de la vague de ventes : Micron recule de plus de 8%, Intel de près de 7%, AMD et Qualcomm de plus de 5% chacun, et l’ETF iShares Semiconductor (SOXX) plonge de près de 6 % dans les échanges avant l’ouverture.
En Europe, Infineon recule de 6,6%, ASML de 6% et STMicroelectronics de plus de 7%. En Asie, l’impact a été dévastateur : le KOSPI a chuté de 10%, enregistrant sa plus forte baisse journalière depuis mars, entraîné à la baisse par Samsung et SK Hynix, tous deux en recul de 12%.
Des facteurs macroéconomiques alimentent activement cette vague de ventes. La Fed, sous la houlette de son nouveau président Kevin Warsh, affiche une position restrictive face à l’inflation, et les marchés anticipent déjà une hausse des taux de 50 points de base d’ici la fin de l’année.
Les rendements des bons du Trésor à 2 ans ont grimpé à leur plus haut niveau depuis 16 mois (~4,19%), le dollar s’est raffermi pour atteindre des sommets annuels (l’indice USDIDX au-dessus de 101) et l’or a reculé de 1,5% à environ 4 127 dollars.
Le Brent est passé sous la barre des 76 dollars le baril, dans des circonstances normales, cela constituerait un signal positif pour les actions, mais aujourd’hui, personne ne s’en réjouit, car toute l’attention se concentre exclusivement sur l’impact que la hausse des taux d’intérêt aura sur les valorisations des valeurs de croissance.
Qu’en est-il des valorisations ? Le Nasdaq 100 se négocie actuellement à un ratio cours/bénéfice (sur les douze derniers mois) d’environ 35,3x, ce niveau reste bien supérieur aux moyennes historiques, même s’il est encore loin du pic de 39 à 40x observé en mai dernier, lorsque l’euphorie autour de l’IA était à son apogée.
En d’autres termes : les valorisations sont élevées, mais elles n’ont pas encore atteint des niveaux qui, en soi, laissent présager un « éclatement de la bulle » ; au contraire, avec la hausse des rendements obligataires, tout signe de faiblesse dans le discours sur l’IA met durement à l’épreuve la prime que le marché a accordée aux géants de la technologie ces derniers mois. Source : XTB

Le tableau, qui présente les cours des principaux instruments, vous donne une idée générale de la volatilité actuelle. Source : xStation
Vous trouverez plus d'informations sur les facteurs qui influencent la séance de négociation d'aujourd'hui dans nos publications sur la plateforme. ⬇️
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