10:03 · 13 août 2026

Ouverture en hausse en Europe 🔼 Le titre Adyen bondit de 10% après la publication de ses résultats

Les indices européens ont ouvert la séance de jeudi en légère hausse, le moral des investisseurs étant principalement soutenu par les données sur l'inflation américaine, qui se sont révélées globalement conformes aux attentes. L'IPC de juillet a progressé de 0,1 % en glissement mensuel, tandis que l'inflation sous-jacente s'est établie à 2,5 % en glissement annuel, apaisant ainsi les craintes d'un nouveau resserrement monétaire à court terme de la part de la Réserve fédérale. En réaction, les marchés à terme ont ramené la probabilité implicite d’une hausse des taux de 25 points de base par la Fed en septembre à environ 40 %, contre près de 67 % une semaine plus tôt.

L’amélioration du sentiment a soutenu la plupart des principaux indices européens, tandis que la croissance du PIB britannique de 0,4 % au deuxième trimestre a constitué un signal macroéconomique supplémentaire favorable aux actifs britanniques. Les investisseurs se concentrent désormais sur les prochaines publications macroéconomiques européennes, les résultats des entreprises et les cours du pétrole, qui reculent légèrement mais restent supérieurs à 80 dollars le baril.

  • Le Stoxx Europe 600 progresse d’environ 0,2 %, se rapprochant à nouveau de ses plus hauts historiques. Les hausses sont relativement généralisées, ce qui suggère que l’amélioration du sentiment ne se limite pas à un seul secteur ou marché.
  • Le DAX et le CAC 40 gagnent environ 0,3 %. Les actions allemandes et françaises bénéficient principalement de l’apaisement des craintes concernant de nouvelles hausses des coûts d’emprunt aux États-Unis. La révision à la baisse des anticipations de taux de la Fed peut soutenir les valorisations boursières en réduisant les primes de risque liées aux taux d’intérêt.
  • Le FTSE 100 recule malgré des données plus solides sur le PIB britannique. L’économie britannique a progressé de 0,4 % au deuxième trimestre, conformément aux prévisions du consensus. Ce résultat atténue les craintes d’une forte détérioration de l’activité économique malgré des taux d’intérêt toujours élevés.
  • L’inflation américaine reste le principal catalyseur du sentiment des marchés. L’IPC de juillet a augmenté de 0,1 % en glissement mensuel, tandis que l’inflation sous-jacente s’est établie à 2,5 % en glissement annuel. Combinées aux signes antérieurs de faiblesse du marché du travail américain, ces données réduisent la pression sur la Fed pour qu’elle relève à nouveau ses taux dès septembre.
  • Le pétrole continue d’intégrer une prime de risque géopolitique, reflétant les tensions entre les États-Unis et l’Iran ainsi que les inquiétudes concernant la sécurité du transport maritime dans le détroit d’Ormuz. Plus tard au cours de la séance européenne, les investisseurs se tourneront vers la publication définitive de l’IPC espagnol et de la production industrielle de la zone euro pour obtenir de nouveaux indices sur l’économie régionale et les perspectives de politique monétaire de la BCE.

Graphiques de l’EU50 et du DE40 (intervalle M30)

En ce qui concerne les contrats à terme sur l’Euro Stoxx 50, le cours évolue globalement au milieu de son canal de prix ascendant. La moyenne mobile exponentielle (EMA) à 50 périodes (ligne orange) reste un support important de la dynamique : lors des deux précédentes impulsions baissières, une cassure en dessous de cette moyenne avait précédé un mouvement baissier plus marqué. Le niveau de résistance clé se situe autour de 6 600 points, ce qui correspond aux récents sommets locaux.

Source: xStation5

Les contrats à terme sur le DAX tentent de se maintenir au-dessus de la moyenne mobile exponentielle (EMA) à 50 périodes (ligne orange), tandis que le niveau de résistance clé se situe aux alentours de 26 600 points. L'indice évolue également relativement près de la moyenne mobile exponentielle à 200 périodes, aux alentours de 26 400 points.

Source: xStation5

Adyen est de loin la valeur la plus performante de l'Euro Stoxx 50, son titre ayant bondi de 10,1 %, surclassant largement le reste de l'indice. Les banques européennes figurent également parmi les valeurs phares : BBVA gagne 1,6 %, Santander 1,5 % et Nordea 1,4 %, tandis qu’UniCredit, Deutsche Bank et Intesa Sanpaolo progressent d’environ 0,7 à 0,8 %, soulignant la relative vigueur du secteur financier. Deutsche Telekom et Rheinmetall affichent également de bons résultats, avec une hausse d’environ 0,9 % pour chacune.

À l’autre bout du marché, BASF affiche la plus mauvaise performance, reculant d’environ 1,3 %, tandis que Wolters Kluwer (-0,7 %) et Volkswagen (-0,5 %) sont également sous pression. Certains des titres à la traîne aujourd’hui restent toutefois exceptionnellement solides sur le long terme : Infineon, par exemple, recule de 0,4 % aujourd’hui mais se maintient à environ 67 % au-dessus de son niveau du début de l’année. La répartition entre gagnants et perdants indique donc principalement une rotation des capitaux vers le secteur financier, tandis que les matériaux, l’industrie et certaines valeurs de consommation subissent une pression relativement plus forte.

Source: XTB Research

L'Euro Stoxx 50 s'échange à seulement 0,3 % en dessous de son plus haut historique, et malgré le léger recul enregistré lors de la séance d'aujourd'hui, la tendance générale reste clairement haussière : l'indice affiche une hausse de 4,0 % sur le dernier mois et de 12,8 % depuis le début de l'année. La santé du marché reste positive, 66 % des valeurs composant l’indice s’échangeant au-dessus de leur moyenne mobile sur 200 jours et 64 % au-dessus de leur moyenne mobile sur 50 jours, ce qui suggère que la reprise n’est pas uniquement tirée par une poignée de valeurs de premier plan. Les performances sectorielles restent très contrastées, les valeurs industrielles et financières étant en tête, tandis que les services de communication et les biens de consommation discrétionnaire constituent les principaux freins à l’indice.

Le secteur technologique se distingue particulièrement : il affiche une hausse d’environ 32 % depuis le début de l’année, mais un ratio cours/bénéfice (P/E) d’environ 47 indique que la forte dynamique des cours s’accompagne désormais de multiples de valorisation élevés. Infineon et ASML se démarquent parmi les leaders à long terme, tandis que la vigueur d’ING, de BBVA et d’UniCredit confirme que les banques restent l’un des piliers essentiels de la reprise boursière européenne de cette année. Dans l’ensemble, l’Euro Stoxx 50 reste techniquement solide mais de plus en plus exigeant du point de vue des valorisations, ce qui signifie que toute nouvelle hausse vers des niveaux proches des records historiques dépendra de plus en plus des bénéfices, des taux d’intérêt et d’une participation généralisée et durable de l’ensemble des secteurs.

Source: XTB Research

Actualités des entreprises

  • Adyen s'impose comme le leader incontesté de l'Euro Stoxx 50, son titre ayant progressé de plus de 10 % après que la société a revu à la hausse ses prévisions de croissance du chiffre d'affaires pour 2026. Le prestataire de services de paiement néerlandais table désormais sur une croissance de son chiffre d'affaires net comprise entre 21 et 23 %, contre une prévision antérieure de 20 à 22 %.
  • L'action Pandora progresse d'environ 3 % après la publication de ses résultats. La société danoise a dépassé les attentes pour le deuxième trimestre et a revu à la hausse ses prévisions de bénéfices. La réaction du marché suggère que les investisseurs continuent de récompenser les entreprises qui allient des résultats supérieurs aux prévisions à des perspectives en amélioration.
  • Thyssenkrupp reste sous pression, reculant d'environ 1,5 % en début de séance. Cette réaction négative intervient bien que la société ait affiné et revu à la hausse certaines parties de ses prévisions pour 2026, ce qui suggère que cette révision à elle seule était insuffisante par rapport aux attentes déjà intégrées dans le cours de l’action.

Les solides résultats d’Adyen soutiennent le cours de l’action

Adyen a publié de solides résultats pour le premier semestre 2026 et a revu à la hausse ses prévisions de croissance du chiffre d’affaires, ce qui a fait grimper son action de plus de 10 % pendant la séance européenne. Le chiffre d’affaires net a atteint 1,30 milliard d’euros, en hausse de 19 % en glissement annuel et de 21 % à taux de change constants, dépassant légèrement les attentes du consensus. Le volume des paiements traités a progressé encore plus rapidement, s’élevant de 24 % pour atteindre 803,8 milliards d’euros. L’EBITDA ajusté a augmenté de 18 % pour s’établir à 641,5 millions d’euros, bien que la marge ait reculé de 50 % à 49 % en raison de la hausse des coûts et des acquisitions de Talon. One et Orb. Le principal point à retenir de ce rapport est toutefois la révision à la hausse des prévisions de croissance du chiffre d’affaires net d’Adyen pour 2026, qui passent de 20 à 22 % à taux de change constants à une fourchette de 21 à 23 %.

  • Chiffre d’affaires net : 1,303 milliard d’euros, +19 % en glissement annuel et +21 % à taux de change constants, contre des attentes du marché d’environ 1,29 milliard d’euros.
  • Volume de paiements traités : 803,8 milliards d’euros, soit une hausse de 24 % en glissement annuel par rapport aux 649 milliards d’euros de l’année précédente.
  • EBITDA ajusté : 641,5 millions d’euros, en hausse de 18 % en glissement annuel, tandis que la marge d’EBITDA a reculé de 50 % à 49 %.
  • Résultat net : 544,1 millions d’euros, soit une hausse de 13 % en glissement annuel, tandis que le flux de trésorerie disponible a augmenté de 17 % pour atteindre 553,4 millions d’euros.
  • Perspectives pour 2026 : croissance du chiffre d’affaires net comprise entre 21 % et 23 % à taux de change constants, contre une fourchette précédente de 20 % à 22 %.
  • Acquisitions : Adyen a finalisé l’acquisition de Talon.One pour 750 millions d’euros et celle d’Orb pour 335 millions de dollars. Ces opérations devraient ajouter environ 1 point de pourcentage à la croissance du chiffre d’affaires en 2026, tout en réduisant la marge d’EBITDA d’un montant similaire.
  • Segment à la croissance la plus rapide : le chiffre d’affaires des plateformes a augmenté de 37 % pour atteindre 165,5 millions d’euros, tandis que le volume traité a progressé de 42 % pour s’établir à 135 milliards d’euros.

Le volume des paiements progresse plus rapidement que le chiffre d’affaires d’Adyen

Le signal opérationnel le plus fort qui ressort des résultats d’Adyen est la hausse de 24 % du volume des paiements traités, à 803,8 milliards d’euros. Cette progression a dépassé la hausse nominale de 19 % du chiffre d’affaires net, qui s’est établi à 1,303 milliard d’euros. À taux de change constants, le chiffre d’affaires net a progressé de 21 %.

La composition de la croissance reste un atout majeur du modèle économique d’Adyen. Environ 70 % de la croissance provient des clients existants, ce qui indique qu’Adyen se développe aux côtés de ses commerçants plutôt que de compter exclusivement sur l’acquisition de nouveaux clients. Parallèlement, 300 commerçants ont représenté environ 60 % de la croissance totale, contre plus de 70 % il y a trois ans, ce qui témoigne d’une diversification progressive de la base de croissance de l’entreprise.

Les plateformes ont enregistré la dynamique la plus forte, avec un chiffre d’affaires en hausse de 37 % à 165,5 millions d’euros et un volume traité en augmentation de 42 % à 135 milliards d’euros. Le secteur du numérique est resté le plus important, générant 719,7 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 13 % par rapport à l’année précédente, tandis que le chiffre d’affaires du commerce unifié a progressé de 25 % pour atteindre 417,7 millions d’euros.

La hausse des coûts et les acquisitions pèsent sur la marge d’EBITDA

L’expansion rapide de l’activité s’est accompagnée d’une pression sur les coûts, faisant reculer la marge d’EBITDA à 49 %, contre 50 % un an plus tôt. L’EBITDA ajusté a tout de même progressé de 18 % pour atteindre 641,5 millions d’euros, mais s’est révélé légèrement inférieur aux attentes des analystes. En excluant environ 6 millions d’euros de coûts ponctuels liés aux acquisitions, la marge serait restée à 50 %.

Les charges d’exploitation ont augmenté de 21 % pour s’établir à 738 millions d’euros. Adyen a embauché 249 collaborateurs au cours du premier semestre, portant son effectif total à 5 020 personnes, tandis que les charges liées aux avantages sociaux ont augmenté de 15 % pour atteindre 431,1 millions d’euros. La société accélère également ses investissements dans les infrastructures et prévoit que ses dépenses d’investissement atteindront environ 7 % de son chiffre d’affaires net cette année, en partie parce qu’elle avance les dépenses liées à un centre de données initialement prévu pour 2027.

Malgré ces investissements plus importants, la génération de trésorerie reste solide. Le résultat net a progressé de 13 % pour s’établir à 544,1 millions d’euros, tandis que le flux de trésorerie disponible a augmenté de 17 % pour atteindre 553,4 millions d’euros, soit environ 86 % de l’EBITDA. À la fin du mois de juin, Adyen disposait de 12,4 milliards d’euros de trésorerie, tandis que la trésorerie d’exploitation s’élevait à environ 4,6 milliards d’euros après exclusion des soldes liés aux commerçants et des créances à court terme.

Adyen revoit ses prévisions à la hausse et s’étend au-delà des paiements traditionnels

L’élément clé du rapport est la décision d’Adyen de relever ses prévisions de croissance du chiffre d’affaires net pour 2026 à 21–23 % à taux de change constants, contre une fourchette précédente de 20–22 %. Ces prévisions révisées intègrent les contributions de Talon.One et d’Orb, les premières acquisitions de l’histoire d’Adyen, tandis que la direction souligne également l’activité croissante tant chez les nouveaux clients que chez les clients existants.

Adyen a acquis Talon.One, fournisseur de solutions de fidélisation, pour 750 millions d’euros, et Orb, spécialiste de la facturation d’entreprise, pour 335 millions de dollars. Ces opérations devraient ajouter environ 1 point de pourcentage à la croissance du chiffre d’affaires de cette année, tout en réduisant la marge EBITDA sur l’ensemble de l’exercice d’environ 1 point de pourcentage, coûts de transaction compris. D’un point de vue stratégique, ces acquisitions permettent à Adyen de s’étendre au-delà du traitement des paiements pour s’orienter vers les programmes de fidélité, la facturation et les services de transfert d’argent.

Du point de vue des investisseurs, le rapport véhicule donc un message de croissance clairement positif tout en soulignant un compromis à court terme entre expansion et rentabilité. Adyen continue de croître de plus de 20 % à taux de change constants, le volume des paiements traités progresse encore plus rapidement, et la direction a revu ses prévisions à la hausse tout en acceptant une pression temporaire sur les marges due aux investissements et aux acquisitions. La société a néanmoins maintenu son objectif d’atteindre une marge d’EBITDA supérieure à 55 % d’ici 2028, faisant du rythme de retour à ce niveau l’un des indicateurs clés que les investisseurs devront surveiller au cours des prochains trimestres.

Graphique du cours de l’action Adyen (ADYEN.NL, intervalle D1)

L’action Adyen progresse de plus de 10 % aujourd’hui et s’apprête à tester la moyenne mobile exponentielle à 200 jours, l’EMA200 (ligne rouge), qui pourrait constituer un important niveau de résistance technique.

Source: xStation5

Les fondamentaux d’Adyen témoignent d’une forte croissance à long terme malgré une baisse significative du cours de l’action, celui-ci ayant reculé de 26,6 % depuis le début de l’année et de 29,7 % au cours de l’année écoulée, même s’il a rebondi de 15,7 % au cours du dernier mois. Le chiffre d’affaires a affiché un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 11,1 % sur quatre ans, tandis que l’EBIT a progressé beaucoup plus rapidement, à 18,0 %, soulignant l’évolutivité et l’effet de levier opérationnel de la plateforme de paiement de la société. La rentabilité reste particulièrement solide, avec une marge d’EBIT de 43,6 %, un ROE de 23,4 % et un effet de levier financier quasi nul, comme en témoigne un ratio d’endettement de 0,0.

Le dernier semestre affiche un chiffre d’affaires d’environ 1,4 milliard d’euros et un résultat net de 581,6 millions d’euros, ce qui se traduit par une marge nette de 41,2 %, tandis que le ROIC s’établit à 17,9 %. Du point de vue de la valorisation, Adyen se négocie à 27,0 fois les bénéfices passés et 23,6 fois les bénéfices prévisionnels, avec un multiple EV/EBITDA de 14,7 fois, ce qui signifie que les investisseurs continuent d’accorder une prime au profil de croissance et de rentabilité de la société. Dans l’ensemble, le graphique met en évidence une divergence notable entre l’amélioration des fondamentaux de rentabilité et la faible performance du cours de l’action à moyen terme, ce qui rend la pérennité d’une croissance à deux chiffres du chiffre d’affaires et de marges élevées particulièrement importante pour la valorisation future du titre.

Source: xStation5

Louise Girard

Analyste de marchés

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