16:33 · 24 août 2026

Shell : ExxonMobil et LyondellBasell intéressés par les actifs pétrochimiques américains

Points clés
Points clés
  • ExxonMobil et LyondellBasell ont soumis des offres pour racheter quatre complexes pétrochimiques de Shell aux États-Unis.
  • La valorisation totale de ces sites pourrait atteindre 8 milliards de dollars, représentant une forte décote par rapport aux capitaux investis.

Le recentrage stratégique de la major britannique s'accélère. Afin de consolider le rendement de l'action Shell, la direction cherche à céder ses activités pétrochimiques américaines, jugées insuffisamment rentables. Face à cette réorganisation, des géants des actions pétrolières comme ExxonMobil et LyondellBasell se portent candidats pour acquérir ces sites industriels, avec des propositions qui approcheraient les 8 milliards de dollars.

Un recentrage stratégique pour le groupe Shell

Cession des actifs chimiques américains

La direction de l'entreprise britannique poursuit la restructuration de son portefeuille afin de privilégier les secteurs les plus rentables. La décision stratégique vise directement à soutenir le cours de l'action Shell en Bourse. Le groupe cherche à se séparer de ses opérations pétrochimiques aux États-Unis, une branche qui affiche des performances financières insuffisantes depuis plusieurs semestres consécutifs.

Les installations concernées par cette mise en vente se répartissent sur quatre sites géographiques distincts aux États-Unis. Les complexes industriels de grande envergure, implantés dans les États de la Louisiane, du Texas et de Pennsylvanie, fabriquent des composants chimiques de base. Les substances servent ensuite à la conception de plastiques, de détergents ou encore de produits pharmaceutiques pour le marché nord-américain.

La stratégie de cession s'inscrit dans une logique de concentration sur l'exploration, la production et le négoce d'hydrocarbures. Au début du mois d'août, la société avait déjà transféré ses activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe au groupe français TotalEnergies. Des démarches similaires ont débuté pour trouver des repreneurs pour la branche chimique européenne, dont la valorisation attendue s'annonce nettement inférieure à celle des sites américains.

Une forte décote par rapport aux investissements initiaux

Les montants évoqués pour cette transaction nord-américaine mettent en évidence une dépréciation majeure des actifs industriels concernés. La valorisation totale des usines proposées à la vente pourrait atteindre un maximum de 8 milliards de dollars. Le chiffre représente une forte décote comptable par rapport aux capitaux investis par le groupe énergétique pour construire et développer ces mêmes infrastructures.

L'exemple du complexe de Monaca, situé en Pennsylvanie, chiffre parfaitement ce décalage financier entre l'investissement et le prix de vente estimé. L’usine géante est entrée en activité en 2022 pour fabriquer des composants plastiques de nouvelle génération. La mise en service de l’infrastructure, capable de produire 1,6 million de tonnes de polymères par an, a nécessité une injection de 14 milliards de dollars à elle seule.

Source : xStation5

Les géants de l'énergie intéressés par le rachat

ExxonMobil et LyondellBasell en première ligne

Le mois dernier, plusieurs entreprises de premier plan ont déposé des offres indicatives non contraignantes pour racheter l’intégralité ou une partie de ces usines. Le groupe pétrolier américain ExxonMobil figure parmi les principaux candidats pour reprendre la gestion de ces installations. Une telle acquisition permettrait au groupe de consolider sa propre chaîne de raffinage et de production sur son territoire national.

Le spécialiste mondial de la plasturgie LyondellBasell a également soumis une proposition d'achat à la direction de la major européenne. Les industriels de l'énergie cherchent à tirer profit de cette vente pour étendre leurs capacités de fabrication à moindre coût. Les acheteurs ont eu la possibilité de formuler des propositions financières pour l'intégralité du pôle chimique ou pour des usines très spécifiques. La réaction des marchés boursiers face à ces démarches potentielles d'acquisition reste mesurée et strictement factuelle.

Source : xStation5

L'intérêt des fonds d'investissement et autres acteurs 

Au-delà des concurrents industriels directs, d'autres profils d'acheteurs étudient ce dossier avec une grande attention. La société de capital-investissement Apollo Global Management figure également parmi les acteurs intéressés par la reprise de la gestion de ces infrastructures américaines.  Ce type de fonds dispose des liquidités nécessaires pour racheter des sites en difficulté et tenter de rétablir une marge opérationnelle positive à moyen terme.

La scène internationale s'invite également dans ces tractations commerciales via le Moyen-Orient. La branche chimique de la société publique Kuwait Petroleum Corporation figure parmi les acquéreurs désireux de s'implanter durablement sur le marché nord-américain. Les produits chimiques sortis de ces usines restent étroitement corrélés aux cours mondiaux des matières premières et aux grands équilibres géopolitiques.

À ce stade des négociations, le processus de vente n'en est qu'à ses prémices et aucun accord définitif de rachat n'est garanti. Les directions des entreprises impliquées ont refusé de commenter publiquement le dossier. Le nom du futur acquéreur dictera la rentabilité de la branche locale pour les prochains exercices comptables de la major.

❓ FAQ

Quels groupes s'intéressent au rachat de ces usines ? Les industriels ExxonMobil et LyondellBasell ont déposé des offres indicatives. Le fonds d'investissement Apollo et la branche chimique de la société publique Kuwait Petroleum Corporation figurent également parmi les acquéreurs potentiels.

Quel est l'objectif d'une telle cession pour l'action Shell ? La direction de la société britannique cherche à se délester de ses usines chimiques pour se concentrer sur l'exploration, la production et le négoce d'hydrocarbures. Ce recentrage vise à améliorer les marges nettes et soutenir la rentabilité de l'entreprise sur le long terme.


 

Louise Girard

Analyste de marchés

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