14:11 · 15 juillet 2026

Taux livret A : le gouvernement annonce une hausse à 1,7%

Points clés
Points clés
  • Le gouvernement porte la rémunération du livret A et du LDDS à 1,7% à partir du 1er août.

  • Cette révision tarifaire s'aligne sur un indice des prix à la consommation mesuré à 1,8% sur un an.

  • Le taux du livret d'épargne populaire (LEP) reste figé à 2,5% pour protéger le pouvoir d'achat de 12 millions de foyers.

1,7%. C'est le nouveau taux livret A qui entrera en vigueur au 1er août et effacera la baisse appliquée en février dernier. Cette annonce gouvernementale répond à une recommandation de la Banque de France, qui souhaite ajuster la rémunération de l'épargne réglementée face à une inflation persistante. Les épargnants disposent ainsi d'une nouvelle donne pour arbitrer entre leurs livrets classiques et d'autres véhicules financiers comme les actions d'entreprises.

Les ressorts de la hausse du taux livret A

Une formule mathématique réactivée

Le ministère de l'Économie a acté le retour de la rémunération du livret A à son niveau de la fin 2025. Cette hausse de 20 points de base résulte d'un calcul technique précis opéré par les autorités monétaires. La Banque de France a en effet analysé l'évolution des prix et des conditions de financement sur le premier semestre pour formuler sa recommandation. Les épargnants français voient ainsi leur rémunération de base s'ajuster à la réalité économique.

La formule réglementaire prend en compte l'inflation hors tabac, mesurée à +1,52% sur six mois, et les taux de court terme du marché interbancaire (€STR), établis à +1,95%. Le gouverneur de l'institution, Emmanuel Moulin, a donc soumis une proposition d'ajustement mécanique au gouvernement. Roland Lescure a validé cette recommandation mercredi sur TF1 en fixant le calendrier de la rentrée. Cette décision technique s'applique de manière automatique aux dépôts existants.

Ce relèvement tarifaire vise à offrir un rendement réel neutre aux détenteurs de ce livret défiscalisé. L'indice des prix à la consommation atteint 1,8% sur un an au mois de juin selon les normes françaises. Le ministre a souligné un écart très réduit, de l'ordre de 0,1 point de pourcentage, entre le rendement proposé et le rythme de la hausse des prix. Le pouvoir d'achat de l'épargne réglementée se stabilise ainsi à l'équilibre.

Enrayer la fuite des capitaux

La précédente révision tarifaire du 1er février s'était soldée par un mouvement de défiance de la part des épargnants. La baisse du taux à 1,5% avait provoqué une vague d'importants retraits sur les comptes des particuliers au profit de solutions plus rémunératrices. Cette fuite des dépôts a incité l'exécutif à corriger la trajectoire pour pérenniser les fonds collectés. L'argent déposé sur ces livrets finance directement la construction de logements sociaux.

Le retour du taux livret A à 1,7% constitue donc une manœuvre pour stabiliser les encours bancaires. Aujourd'hui, 53 millions de Français possèdent un livret A, ce qui représente plus de huit citoyens sur dix. Le produit conserve son statut de valeur refuge pour la gestion de trésorerie à court terme des ménages. Sa totale liquidité et son absence d'imposition en font un outil financier très plébiscité.

Le gouvernement espère également que les récentes évolutions géopolitiques allégeront la pression sur les prix. Roland Lescure a mentionné des signaux positifs du côté du détroit d'Ormuz, facteurs de détente potentielle pour le marché de l'énergie et l'inflation globale. Cette accalmie pourrait profiter aux grandes composantes des indices boursiers européens. Une baisse des coûts de l'énergie soulagerait mécaniquement les marges des entreprises du vieux continent.

LEP et LDDS face au nouveau paysage de l'épargne

Le statut particulier du livret d'épargne populaire

Parallèlement à la revalorisation du taux livret A, le gouvernement ajuste les paramètres de l'ensemble de l'épargne réglementée en France. Le livret de développement durable et solidaire (LDDS) bénéficie de la même hausse à 1,7% dès le mois d'août. Ce relèvement harmonise les rendements de l'épargne de précaution standard accessible à tous les citoyens. Le plafond de versements de ce compte reste toutefois limité à 12 000 euros.

Le livret d'épargne populaire (LEP) conserve en revanche un traitement de faveur de la part de l'exécutif. Les autorités monétaires ont préconisé de figer sa rémunération à 2,5%, une recommandation immédiatement suivie par le ministère de l'Économie. Ce produit cible spécifiquement les ménages modestes et vise à préserver leur pouvoir d'achat face à la hausse des prix du quotidien. Son accès reste conditionné à des plafonds de ressources fiscaux.

Le taux de détention de ce livret spécifique a fortement progressé au cours des dernières années sous l'impulsion des pouvoirs publics. Plus de 12 millions de personnes en sont aujourd'hui titulaires, contre seulement 7 millions lors du recensement de 2020. Cette augmentation illustre la volonté de la Banque de France de flécher l'épargne réglementée vers les foyers les plus exposés à la perte de pouvoir d'achat. Les campagnes d'information tarifaires ont porté leurs fruits.

Arbitrages face aux placements alternatifs

Malgré le relèvement tarifaire à 1,7%, le rendement réel de l'épargne réglementée de base demeure légèrement négatif par rapport à l'indice des prix. Les Français diversifient de plus en plus leurs allocations financières pour chercher des performances supérieures sur le long terme. L'assurance-vie et les produits d'épargne boursière captent une part croissante des flux financiers au détriment des livrets bancaires. L'appétit pour le risque progresse modérément chez les épargnants.

Les plans d'épargne en actions et les comptes-titres ordinaires attirent une clientèle soucieuse de rendement à long terme. Pour s'exposer à la croissance économique, de nombreux particuliers s'orientent vers des paniers de valeurs cotées diversifiées. L'utilisation d'ETF en bourse permet par exemple de répliquer des indices sectoriels ou géographiques avec des frais de gestion réduits. Cette approche passive séduit un public rajeuni.

Le contexte monétaire de cette rentrée va obliger les particuliers à repenser leur stratégie patrimoniale globale. La conservation de fortes liquidités sur des comptes faiblement rémunérés présente un coût d'opportunité en période de stabilisation des taux. L'arbitrage entre l'épargne de précaution sécurisée et l'investissement productif va dicter les flux de capitaux du second semestre. La recherche de rendement conditionnera les prochains mouvements de fonds.

❓ FAQ

Pourquoi le taux du livret A augmente-t-il au 1er août ? Cette hausse de 1,5% à 1,7% résulte d'une formule mathématique stricte de la Banque de France. Elle prend en compte l'évolution récente de l'inflation hors tabac (+1,52% sur six mois) et les taux interbancaires €STR. Le but est d'ajuster le rendement de l'épargne face à une inflation calculée à 1,8% en juin.

Quelles sont les alternatives au livret A pour son épargne ?

Au-delà des 22 950 euros du plafond du livret A, les épargnants se tournent vers le LDDS ou vers des placements à plus long terme. L'assurance-vie en fonds euros offre une sécurité du capital, tandis que les marchés financiers permettent de viser de meilleurs rendements via des ETF boursiers ou des actions individuelles, en contrepartie d'un risque de perte en capital.

Qui peut bénéficier du taux de 2,5% sur le livret d'épargne populaire ? Le LEP est un produit réglementé réservé aux ménages dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas certains plafonds. Actuellement, plus de 12 millions de Français en bénéficient. Son taux, maintenu à 2,5% sur recommandation des autorités monétaires, protège efficacement le pouvoir d'achat des publics modestes.

Matéis Mouflet

Analyste de marché chez XTB

Analyste de marchés spécialisé en finance, Matéis Mouflet suit et interprète les tendances macroéconomiques et multi-actifs pour produire des analyses et recommandations stratégiques. Il est également professeur vacataire à l’IAE de Lille.

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