- Divergence extrême : Les cours du cuivre font preuve d’une grande résilience et sont en hausse malgré un ralentissement économique manifeste en Chine, qui représente environ 50% de la demande mondiale.
- Phénomène de « short squeeze » : La forte pression sur les livraisons physiques et le backwardation record sur le LME (écart de prix entre les contrats au comptant et à terme) entraînent des hausses de prix dynamiques.
- Perspectives haussières : Face à l'épuisement des stocks et aux incertitudes douanières, les analystes prévoient la possibilité de franchir la barre des 14 500 $, voire des 15 000 $ la tonne.
- Divergence extrême : Les cours du cuivre font preuve d’une grande résilience et sont en hausse malgré un ralentissement économique manifeste en Chine, qui représente environ 50% de la demande mondiale.
- Phénomène de « short squeeze » : La forte pression sur les livraisons physiques et le backwardation record sur le LME (écart de prix entre les contrats au comptant et à terme) entraînent des hausses de prix dynamiques.
- Perspectives haussières : Face à l'épuisement des stocks et aux incertitudes douanières, les analystes prévoient la possibilité de franchir la barre des 14 500 $, voire des 15 000 $ la tonne.
En début de séance aujourd’hui, les cours du cuivre ont poursuivi leur forte progression amorcée fin juin et début juillet. La hausse d’aujourd’hui a propulsé les cours à leur plus haut niveau journalier depuis janvier, mais à 14 236 dollars la tonne, ils pourraient bien enregistrer leur plus haut niveau historique à la clôture. Cette situation résulte d’une « pression » croissante sur les contrats à terme de Londres et d’une lutte acharnée pour les livraisons physiques. Le marché haussier de cette matière première se poursuit malgré des données décevantes en provenance de l’économie chinoise, qui représente environ 50% de la demande totale pour cette matière première.
Faiblesse des données chinoises face à la vigueur des métaux industriels
Les données macroéconomiques de juillet en provenance de la Chine, deuxième économie mondiale, ont fortement déçu les marchés. Les ventes au détail n’ont progressé que de 0,6% en glissement annuel, contre une prévision de 1,5%. Par ailleurs, la production industrielle a ralenti à 4,5% en glissement annuel, et les prix des logements neufs ont enregistré une baisse de 3,2% sur la même période. Un autre signal inquiétant est la hausse inattendue du chômage, qui a atteint 5,2%. Un ralentissement économique manifeste et la crise persistante du marché immobilier pèsent sur la demande, ce qui affecte, entre autres, la production d’acier. Il convient de mentionner que la Chine reste le plus grand importateur de cuivre au monde, principalement en raison de l’utilisation de ce matériau dans les infrastructures. Néanmoins, le cuivre prend une importance croissante dans la transition énergétique en cours et dans le domaine de l’intelligence artificielle.
Par le passé, les données en provenance de Chine constituaient un facteur déterminant pour le cuivre. Actuellement, on observe un écart considérable entre l’indicateur avancé que représente l’impulsion de crédit et la hausse du cours du cuivre. Source : Bloomberg Finance LP, XTB
Malgré ce contexte macroéconomique défavorable, les métaux industriels font preuve d’une résilience particulière. Le cuivre enregistre un écart extrême de +3,31σ au-dessus de la moyenne sur 5 ans. Les métaux précieux conservent une position tout aussi solide : l’or (+3,13σ) et l’argent (+2,95σ) constituent une valeur refuge face aux risques géopolitiques et économiques mondiaux. Les tensions logistiques au Moyen-Orient, dans la région de la mer Rouge, restent un facteur de risque majeur, obligeant les destinataires asiatiques à modifier leurs voies d’approvisionnement non seulement pour le pétrole, mais aussi pour les principaux métaux industriels.
Écarts-types par rapport à la moyenne sur 5 ans pour les principales matières premières. Source : XTB
Le phénomène de « short squeeze » et le « backwardation » massif sur le LME
Le principal facteur à l’origine de la hausse des cours du cuivre est une prime physique extrêmement forte à Londres, associée à un effondrement des niveaux de stocks. Le prix du cuivre au comptant (spot) sur le London Metal Exchange (LME) a atteint à un moment donné 543,50 dollars par tonne de plus que les contrats à trois mois. Un tel écart, appelé « backwardation », est le plus important observé depuis le « short squeeze » soudain de 2021. De plus, la prime des contrats d’août, les plus liquides, par rapport à ceux de septembre a atteint 370 dollars.

Écart entre le cours au comptant à Londres et le cours à trois mois. Source : Bloomberg Finance LP

Nous assistons actuellement à un important « backwardation » à court terme sur le marché du cuivre. Source : Bloomberg Finance LP
Les stocks mondiaux suivis par le LME ont fondu pour s’établir à un peu plus de 200 000 tonnes. Ils ont baissé sans interruption pendant 42 jours, marquant ainsi la plus longue série de baisses de ce type depuis 2014. Une pression supplémentaire provient du fait que près de la moitié de ces 205 000 tonnes de cuivre présentes dans le système du LME sont déjà réservées pour être retirées par les acheteurs, ce qui laisse le reste du marché avec une disponibilité en métal extrêmement faible. L'épuisement des stocks est favorisé par les actions de puissants groupes commerciaux tels que Mercuria, Trafigura et Vitol, qui ont procédé à des retraits de cuivre ces dernières semaines.

Les stocks mondiaux de cuivre sur les bourses sont en baisse, mais dans un contexte historique, ils ne semblent pas être à un niveau extrêmement bas, principalement en raison de la forte augmentation des stocks américains au cours des 18 derniers mois. Source : Bloomberg Finance LP, XTB
Disparité des stocks : afflux massif vers les États-Unis et entrepôts vides en Chine
La situation actuelle met en évidence la répartition spécifique des stocks mondiaux : alors que les entrepôts en Chine sont vides, les stocks américains ne cessent de croître. Un afflux substantiel de métal vers les États-Unis s’explique par les anticipations selon lesquelles l’administration de Donald Trump pourrait bientôt imposer de nouveaux droits de douane sur le cuivre raffiné. Cela crée un arbitrage incitant les opérateurs à exporter du cuivre vers la bourse américaine Comex, où les prix battaient des records encore l’année dernière et s’écartaient des prix de Londres de près de 1 000 dollars la tonne. Le marché attend toujours une décision définitive de la Maison Blanche, ce qui ne fait qu’alimenter l’incertitude et accroître les importations outre-Atlantique.
Dans le même temps, les fonderies de cuivre chinoises ont été contraintes de réduire leur production en raison de pénuries de matières premières. Ce problème est aggravé par une baisse de la qualité (teneur en métal) des minerais livrés et par une grave pénurie de déchets de cuivre, causée par un renforcement des contrôles des factures dans le secteur chinois du recyclage. L’offre limitée des fonderies signifie que certains clients chinois comptent de plus en plus sur l’importation de stocks en baisse provenant des entrepôts asiatiques du LME.
Perspectives d’avenir
Tous ces phénomènes — la panique liée à l’offre, l’approche des échéances de règlement des contrats et une guerre douanière — ont entraîné une hausse des cours du cuivre de près de 15 % cette année. Les cotations du LME ont franchi la barre des 14 000 dollars la tonne. Selon les analystes, la pression continue exercée sur les entités détenant des positions courtes pourrait entraîner de nouveaux rachats forcés à des prix de plus en plus élevés. On prévoit que, face à ces pénuries physiques drastiques, le cuivre pourrait bientôt retrouver ses plus hauts historiques, franchir la barre des 14 500 dollars et même viser les 15 000 dollars la tonne.
Les cours du cuivre ont augmenté de plus de 15 % cette année. Source : XTB
Il est intéressant de noter que les positions courtes restent plus nombreuses que les positions longues sur le marché du cuivre de Londres. Source : Bloomberg Finance LP, XTB

Les cours du cuivre enregistrent de fortes hausses en ce début de semaine, sortant ainsi d'une phase de consolidation qui durait depuis plusieurs jours. Bien qu'il n'y ait pas de problèmes à l'échelle mondiale, la nature locale des marchés pourrait entraîner une nouvelle tension à la hausse, susceptible de propulser les cours vers de nouveaux sommets historiques. Source : xStation5
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