15:20 · 31 juillet 2026

Action Schneider Electric : résultats semestriels en progression

Points clés
Points clés
  • Un chiffre d'affaires de 21,23 milliards d'euros au premier semestre, soit une hausse organique de 14%.
  • Un résultat d'exploitation (EBITA ajusté) en progression organique de 22,1% à 4,09 milliards d'euros.
  • Des objectifs 2026 revus à la hausse, ciblant une croissance organique de l'EBITA de 14 à 19% sur l’exercice.

Le spécialiste français de la gestion de l'énergie a dévoilé des performances historiques au premier semestre, tirées par l'explosion de la demande pour les centres de données. Portée par cette tendance, l'action Schneider Electric s'adjuge 10,83% à Euronext Paris lors de la séance d’hier, à 284,60 euros, dépassant ses précédents sommets. L'équipementier, souvent privilégié pour diversifier un portefeuille d'actions européennes, monétise directement les investissements d'envergure liés à l'intelligence artificielle.

Des performances semestrielles au-dessus des attentes

Forte demande pour les centres de données

Le spécialiste de la gestion de l'énergie affiche un chiffre d'affaires de 21,23 milliards d'euros pour les six premiers mois de l'année. La donnée représente une progression organique de 14% par rapport à l'exercice précédent. Le marché nord-américain, qui pèse pour 39% de l'activité globale, concentre l'essentiel de cette accélération avec une hausse de 19,1%.

L'activité du deuxième trimestre confirme la tendance avec 11,46 milliards d'euros facturés, soit un bond de 16,5%. Les commandes liées aux data centers enregistrent une augmentation à trois chiffres pour le deuxième trimestre consécutif. L’explosion s'explique par les investissements d’envergure des géants du cloud pour soutenir le développement de l'intelligence artificielle, une tendance qui profite directement à Schneider Electric.

La branche Gestion de l'énergie, spécialité historique du groupe, s'adjuge une croissance organique de 15,4% sur le semestre. Les Automatismes industriels suivent avec une hausse de 7,7%, portés par un redressement de la demande en automatisme discret. L'Europe maintient une progression de 8% malgré un climat industriel ralenti, un signal positif pour les grands indices boursiers du continent.

Amélioration de la rentabilité opérationnelle

Le résultat net part du groupe atteint 2,49 milliards d'euros, contre 1,91 milliard d'euros un an plus tôt. L'EBITA ajusté, indicateur de rentabilité scruté par les marchés, franchit la barre des 4,09 milliards d'euros. La hausse organique de 22,1% surpasse le consensus fixé par les cabinets d'analyse financière.

La marge d'EBITA ajusté s'établit à 19,3%, en hausse de 120 points de base par rapport au premier semestre 2025. L'industriel impute cette progression à une productivité accrue ayant généré 535 millions d'euros d'économies. Les augmentations de tarifs appliquées ont également permis de compenser la hausse des charges d'exploitation.

Le bénéfice net ajusté par action (BPA) ressort à 4,79 euros, matérialisant une augmentation de 28,5%. Le flux de trésorerie libre disponible fait un bond à 1,6 milliard d'euros. Le dégagement de liquidités s'explique par la hausse des revenus et l'absence de l'amende juridique française réglée en 2025.

Perspectives annuelles et stratégie d'expansion

Révision à la hausse des objectifs financiers

Face à un carnet de commandes saturé, la direction de l'équipementier ajuste ses prévisions pour l'ensemble de l'exercice 2026. La croissance organique de l'EBITA ajusté est désormais anticipée entre 14% et 19%, contre une fourchette initiale de 10% à 15%. La cible de croissance des revenus annuels passe quant à elle de 7-10% à 10-13%.

L'objectif de marge d'EBITA ajusté évolue de façon similaire, attendu dans un corridor de 19,4% à 19,7%. Ces projections intègrent néanmoins une anticipation de ralentissement du marché au second semestre. 

Le groupe signale que les perturbations au Moyen-Orient pèseront sur les chaînes d'approvisionnement globales dans les prochains mois. L'inflation des coûts industriels reste un risque dépendant des prix des matières premières

Investissements externes et notation extra-financière

La stratégie d'acquisition se poursuit pour consolider les positions de la firme dans l'économie logicielle. Le groupe annonce le rachat de Cognite pour 3,1 milliards de dollars et l'intégration d'AiDASH moyennant 350 millions de dollars. Ces opérations renforcent l'offre logicielle et l'expertise en intelligence artificielle de la société.

Sur le volet extra-financier, l'entreprise obtient un score d'impact de 3,69 sur 10, aligné sur son objectif annuel fixé à 4,20 sur 10. Les émissions de CO2 des Scopes 1 et 2 reculent de 82% par rapport à l'année de référence 2017. Les solutions déployées permettent aux clients d'éviter le rejet de plus de 50 millions de tonnes de CO₂ depuis le mois de janvier.

Le programme de décarbonation est actuellement déployé auprès de 1 500 sous-traitants pour quantifier et réduire leurs émissions indirectes. Le magazine américain TIME et la plateforme Statista classent la firme en tête des entreprises mondiales les plus durables pour la troisième année consécutive. La discipline opérationnelle permet de maintenir les notations de crédit du groupe en catégorie A.

Source: xStation5 

❓ FAQ

Quels éléments tirent le cours de l'action Schneider Electric en 2026 ? L'envolée du chiffre d'affaires s'appuie principalement sur la demande nord-américaine pour équiper les nouveaux data centers. Ces infrastructures nécessitent un système de refroidissement et de distribution électrique spécifique, entièrement fourni par le groupe.

Comment s'explique la hausse de l'EBITA ajusté de Schneider Electric ? La marge d'EBITA ajusté atteint 19,3%, en hausse organique de 120 points de base sur un an. Cette progression découle d'un gain de productivité chiffré à 535 millions d'euros et de hausses tarifaires capables d'absorber l'inflation des coûts d'exploitation.

Comment s'exposer au secteur de la gestion d'énergie en Bourse ? L'investissement sur cette thématique peut s'effectuer via l'acquisition de titres vifs d'équipementiers électriques. L'autre méthode consiste à se positionner sur un ETF sectoriel répliquant un panier de sociétés industrielles impliquées dans la transition technologique.


 

Louise Girard

Analyste de marchés

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