13:18 · 15 juillet 2026

Graphique du jour : quelle sera la prochaine étape pour la devise la plus forte du mois de juillet ? (15.07.2026)

Le début du mois de juillet, rythmé par des turbulences géopolitiques, a entraîné un raffermissement des devises liées aux matières premières (parmi lesquelles la couronne norvégienne). Cependant, c’est le dollar néo-zélandais qui occupe la première place du classement du G10, ce qui pourrait en surprendre certains. Cette devise s’est appréciée de près de 2,5% face au dollar au cours des deux dernières semaines.

Qu'est-ce qui explique une évolution aussi significative ?

Comme c'est souvent le cas, les mesures prises par la banque centrale ont joué un rôle fondamental. Le 8 juillet, la Banque centrale de Nouvelle-Zélande a relevé son taux directeur de 25 points de base, le portant à 2,5%. Il s'agissait de la première hausse des taux en Nouvelle-Zélande depuis plus de trois ans.

Le facteur déterminant n’a toutefois pas été uniquement la décision de relever les taux (qui était déjà largement anticipée par les marchés), mais la communication qui l’a accompagnée.

  • La décision a été prise à l’unanimité par le comité. Lors de la précédente réunion en mai, les votes s’étaient soldés par un partage 3-3, et c’est la nouvelle gouverneure, Anna Breman, qui avait fait pencher la balance.
  • L’économiste en chef de la RBNZ, Paul Conway, a clairement attiré l’attention sur les risques inflationnistes résultant de l’escalade des tensions au Moyen-Orient.
  • La Banque a déclaré dans son communiqué que « bien que de nouvelles hausses des taux d’intérêt semblent probables lors des prochaines réunions, leur calendrier reste très incertain ».
  • Les analyses de la RBNZ suggèrent qu’après une longue période d’inflation élevée, les entreprises néo-zélandaises sont nettement plus enclines à répercuter immédiatement les coûts sur les consommateurs et moins disposées à baisser leurs prix lorsque les coûts diminuent.

En conséquence, le scénario de base du marché table sur une nouvelle hausse en septembre, suivie d’une autre en octobre ou en décembre. Cela porterait le taux d’intérêt directeur (cash rate) à 3%, niveau que la banque considère actuellement comme neutre.

Que nous réserve l’avenir ?

Il reste encore beaucoup de temps d’ici septembre.

  • D’ici là, le rapport sur l’inflation du deuxième trimestre sera publié. Le consensus table sur une hausse significative de l’indicateur global, qui devrait probablement avoisiner les 4%.
  • Après que l’indice PMI manufacturier a atteint son plus haut niveau depuis 2021 (59,7), les données sur la production pourraient s’avérer particulièrement intéressantes.

Les données en provenance de la Chine, premier partenaire commercial de la Nouvelle-Zélande, qui absorbe près de 25% des exportations totales du pays (principalement des produits laitiers, de la viande, du bois et des fruits), seront également significatives.

  • Des données économiques plus solides en provenance de l'Empire du Milieu se traduisent généralement par une demande accrue de produits importés de Nouvelle-Zélande.
  • Dans ce contexte, les chiffres publiés aujourd'hui ne sont pas particulièrement optimistes. La croissance du PIB a chuté à son plus bas niveau depuis 2022 (+4,3% en glissement annuel).
  • Le géant asiatique est pénalisé par une crise du marché immobilier, une demande intérieure faible et un recul des investissements (en baisse de 5,7% en glissement annuel au premier semestre).

La vigueur du dollar lui-même, qui attend de nouvelles informations sur le front géopolitique et la décision du FOMC de septembre, pourrait bien sûr également s’avérer déterminante.

  • Le marché ne s’attend pas vraiment à une hausse des taux, l’attention se portera donc sur la communication. Kevin Warsh reste énigmatique, de sorte que les prochaines conférences pourraient susciter une attention particulière.

Analyse technique

Figure 1 : NZDUSD [D1] (08/07/2025 - 15/07/2026)

Source: xStation, 15.07.2026

La paire NZDUSD est sortie de sa tendance baissière et teste actuellement des niveaux de soutien clés. Le cours a franchi le retracement de Fibonacci à 50% et oscille autour de la moyenne mobile à 150 jours. L'indicateur MACD suggère également une tendance haussière.

L'indice de force relative (RSI) a atteint 63,4, ce qui confirme un net avantage pour les haussiers, tout en indiquant que le marché ne se trouve pas encore dans la zone d'surachat extrême (au-dessus de 70).


 

Louise Girard

Analyste de marchés

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