Les cours du pétrole restent soumis à une forte pression après la normalisation partielle de la situation autour du détroit d’Ormuz et la reprise des pourparlers de paix entre les États-Unis et l’Iran. Le Brent a déjà chuté à 74 dollars le baril, tandis que le WTI avoisine les 71 dollars.
À ce stade, le marché semble ne plus intégrer de « prime » géopolitique ou liée à un conflit dans les cours du pétrole et l’inflation. Toutefois, cet optimisme pourrait être prématuré.
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Sur le graphique du cours du pétrole, ce qui ressort, c’est un niveau de RSI extrêmement bas, qui ne reflète pas les tensions au sein de la chaîne d’approvisionnement. Source : xStation5
La CNUCED, un organisme officiel des Nations Unies, met en garde contre le fait que, même après la réouverture du détroit d’Ormuz (ce qui n’est pas encore le cas), les coûts des denrées alimentaires et des carburants pourraient rester élevés pendant une période prolongée.
Le problème ne réside plus uniquement dans le prix du pétrole lui-même, mais dans l’effet différé des perturbations antérieures touchant les transports, les coûts de fret, les assurances ou les prix des engrais. Cela revêt une importance particulière pour les pays importateurs d’énergie et de denrées alimentaires, où la hausse des coûts de transport et de production agricole se répercute plus rapidement sur les prix à la consommation. Selon la CNUCED, 61 économies restent exposées à de nouveaux chocs liés aux importations de pétrole et de céréales.
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Source: xStation5
Le gaz reste le deuxième vecteur de pression inflationniste. Les prix du gaz naturel américain ont augmenté plus fortement aujourd’hui que ceux du pétrole, et le risque persistant pesant sur les flux de GNL en provenance de la région du golfe Persique pourrait limiter le rythme de normalisation des coûts énergétiques en Europe et en Asie. Une hausse du prix du gaz se traduit non seulement par des factures d’énergie plus élevées, mais aussi par une pression sur les prix des engrais et, par la suite, sur les coûts de production alimentaire. Cela rend la poussée inflationniste potentiellement plus persistante que ne le laisserait supposer la seule baisse des prix du pétrole.
Un apaisement partiel des marchés est soutenu par des signaux diplomatiques. Des représentants américains auraient dû rencontrer à Doha des médiateurs qatariens, et le Pakistan avait auparavant évoqué la possibilité d’une reprise des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran. Dans le même temps, le Qatar a souligné qu’il ne s’agissait pas d’une rencontre de haut niveau entre Washington et Téhéran.
L'inconnue : la Russie
De nombreux analystes ont souligné les avantages considérables que la flambée des cours du pétrole procure à la Fédération de Russie, mais la campagne de « sanctions cinétiques » et les frappes aériennes de plus en plus intenses sur le territoire russe suscitent des doutes non pas tant sur l’ampleur des bénéfices tirés par la Russie de la crise, mais sur la présence des produits russes sur le marché.
Des représentants du Kremlin ont confirmé qu’ils recherchaient actuellement des fournisseurs potentiels de carburant susceptibles d’atténuer la crise énergétique nationale qui perdure et s’aggrave. Le Kremlin a toutefois refusé d’indiquer quelles entités pourraient se charger de ces livraisons. Il est important de noter, pour le marché pétrolier, que le passage de la Russie du statut d’exportateur à celui d’importateur de carburant (et non de pétrole brut) exercera une pression supplémentaire sur des infrastructures de raffinage déjà insuffisantes, ce qui signifie que même si les cours du pétrole baissent, les prix des carburants pourraient rester élevés.
Qu’en est-il du dollar ?
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L'indice du dollar reste proche de ses plus bas niveaux de ces dernières années. Si la Fed se montre plus restrictive dans son discours (ou ses décisions) que prévu, une correction à la hausse est tout à fait envisageable. Source : xStation5
L'indice du dollar se maintient au-dessus de 101 points, ce qui, les matières premières étant cotées en dollars américains, peut accroître la pression sur les coûts dans les économies importatrices d'énergie et de denrées alimentaires. Même si le prix nominal du pétrole baisse, un dollar plus fort limite en partie l’effet positif pour les importateurs hors des États-Unis. Cela revêt une importance particulière pour les marchés émergents tels que la Pologne.
À court terme, le marché de l’énergie anticipe un scénario de désescalade, mais le bilan des risques reste asymétrique. À en juger par les indices et les cours des contrats à terme sur matières premières, les investisseurs considèrent la fin de la guerre non pas comme une perspective, mais comme un fait accompli.
La relation actuelle entre les États-Unis et l’Iran s’apparente à un cessez-le-feu, et non à la paix. Un cessez-le-feu qu’une des parties rompt au moins une fois par semaine. De plus, l’accord comprend un certain nombre de dispositions qui pourraient s’avérer très difficiles à mettre en œuvre en raison des autorisations requises, par exemple de la part du Congrès américain. L’accord lui-même est soumis à de nombreuses conditions qu’aucune des deux parties ne souhaite remplir, et les deux parties ont jusqu’au mois d’août pour parvenir à un véritable compromis, ou pour confirmer l’absence de celui-ci.
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