11:12 · 11 août 2026

La reprise de Wall Street va-t-elle s'accélérer ? 🗽 Retour sur la saison des résultats aux États-Unis

Points clés
Points clés
  • Alors que 88 % des entreprises du S&P 500 ont publié leurs résultats, 86 % d’entre elles ont dépassé les estimations de bénéfice par action (BPA), tandis que 76 % ont enregistré un chiffre d’affaires supérieur aux prévisions.
  • La croissance des bénéfices du S&P 500 pour le deuxième trimestre s’établit à environ 50 % en glissement annuel, soit plus du double des 23,1 % attendus fin juin, et marque la plus forte progression depuis le deuxième trimestre 2021.
  • Même en excluant Alphabet et Amazon, les bénéfices du S&P 500 afficheraient toujours une croissance d’environ 28,8 % en glissement annuel, ce qui montre que la vigueur de la saison des résultats ne se limite pas aux plus grandes entreprises.

Selon les données de FactSet, la saison des résultats du deuxième trimestre confirme la très solide santé fondamentale des plus grandes entreprises américaines. Les surprises positives ont été nombreuses tant au niveau des bénéfices que du chiffre d’affaires, tandis que la croissance du bénéfice par action (BPA) a largement dépassé les attentes formulées avant le début de la saison des résultats. Dans le même temps, la valorisation du S&P 500 reste élevée, ce qui signifie que la poursuite de la hausse de l’indice dépendra de plus en plus de la capacité des entreprises à maintenir une forte croissance de leurs bénéfices. Ces fondamentaux solides ont un prix, même si, à ce stade, nous ne considérons pas la valorisation actuelle comme particulièrement élevée.

  • Sur les 88 % des entreprises du S&P 500 ayant publié leurs résultats, 86 % ont dépassé les attentes en matière de BPA, tandis que 76 % ont affiché un chiffre d’affaires supérieur au consensus. Cela montre que les surprises positives ne se limitent pas à la maîtrise des coûts, mais se manifestent également du côté du chiffre d’affaires.
  • Le taux de croissance des bénéfices du S&P 500 au deuxième trimestre s’établit actuellement à 50,4 % en glissement annuel. Si ce taux se maintient jusqu’à la fin de la saison des résultats, cela marquerait la plus forte croissance des bénéfices depuis le deuxième trimestre 2021, où elle avait atteint 91,6 %.
  • L’ampleur de l’amélioration par rapport aux prévisions antérieures est exceptionnellement importante. Pas plus tard que le 30 juin, le marché tablait sur une croissance des bénéfices de 23,1 % en glissement annuel, contre 50,4 % actuellement – soit plus du double de l’estimation initiale.
  • Il est important de noter que cette amélioration est généralisée. Les 11 secteurs de l’indice S&P 500 affichent désormais tous des bénéfices supérieurs aux prévisions de fin juin, grâce à des surprises positives sur les résultats et à des révisions à la hausse des estimations de bénéfice par action.
  • Le ratio cours/bénéfice prévisionnel du S&P 500 s’établit à environ 20x, contre une moyenne sur cinq ans de 19,9x et une moyenne sur dix ans de 19x. Le marché n’est donc pas bon marché, mais compte tenu du rythme actuel de croissance des bénéfices, cette valorisation élevée bénéficie d’un soutien fondamental bien plus solide que si la remontée de l’indice était principalement tirée par une expansion des multiples.

Record après record – Amazon soutient Wall Street

Les bénéfices des entreprises restent un argument fondamental de poids en faveur du marché boursier américain, même si une partie de cette impressionnante croissance des bénéfices reflète les résultats exceptionnellement solides des plus grandes sociétés. En l’espace d’une semaine seulement, le taux de croissance des bénéfices du S&P 500 est passé de 38 % à 47,4 % en glissement annuel, tandis que huit secteurs affichent déjà une croissance des bénéfices à deux chiffres. Il est important de noter que, même en excluant les deux principaux contributeurs, la croissance des bénéfices à l’échelle de l’indice reste très solide.

  • Les bénéfices du S&P 500 progressent actuellement de 47,4 % en glissement annuel, contre 38 % il y a à peine une semaine. Si ce rythme se maintient, cela représenterait la plus forte croissance depuis le deuxième trimestre 2021.
  • En excluant Alphabet et Amazon, la croissance des bénéfices du S&P 500 passerait de 47,4 % à 28,8 % en glissement annuel. Il s’agirait tout de même d’un résultat très solide, marquant un deuxième trimestre consécutif de croissance des bénéfices supérieure à 20 % et un septième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres.
  • Pas moins de huit secteurs du S&P 500 affichent une croissance des bénéfices à deux chiffres. Les secteurs de l’énergie (+135,3 % en glissement annuel), des services de communication (+109,8 %), des biens de consommation discrétionnaire (+90,7 %) et des technologies de l’information (+69,4 %) sont en tête de cette progression.
  • Amazon a été le principal contributeur à l’amélioration des bénéfices globaux au cours de la semaine écoulée. La société a annoncé un BPA de 5,75 dollars contre des prévisions de 1,82 dollar et a représenté 76 % de la hausse des bénéfices globaux du S&P 500 sur cette période.
  • Le BPA élevé d’Amazon a été considérablement dopé par 53,4 milliards de dollars d’autres revenus avant impôts, principalement liés à son investissement dans Anthropic. Cela signifie qu’une partie de la croissance spectaculaire des bénéfices de l’indice ne reflète pas directement une amélioration de la performance opérationnelle sous-jacente.
  • Amazon est désormais le deuxième contributeur à la croissance des bénéfices du S&P 500, derrière Alphabet. Les résultats d’Alphabet ont également été fortement soutenus par des plus-values sur ses placements en actions.

Source: FactSet

Un petit groupe d’entreprises tire la moyenne vers le haut

Les entreprises du S&P 500 les plus exposées aux marchés internationaux affichent des performances nettement supérieures, lors de cette saison des résultats, à celles des entreprises principalement axées sur le marché américain. Ce constat est d’autant plus remarquable que le dollar américain est relativement fort, ce qui, en théorie, devrait réduire la valeur des chiffres d’affaires et des bénéfices réalisés à l’étranger une fois convertis en dollars. Néanmoins, les données montrent que la partie de l’indice exposée à l’international continue d’afficher une très forte croissance tant au niveau des bénéfices que du chiffre d’affaires.

  • Les entreprises réalisant plus de 50 % de leur chiffre d’affaires hors des États-Unis affichent une croissance de leurs bénéfices de 74,7 % en glissement annuel, contre 35,5 % pour celles dont l’essentiel du chiffre d’affaires est réalisé sur le marché intérieur. Le chiffre correspondant pour l’ensemble du S&P 500 s’élève à 47,4 %.
  • On observe un avantage similaire au niveau du chiffre d’affaires. Les ventes des entreprises à forte exposition internationale progressent de 20,5 % en glissement annuel, contre 12,0 % pour les entreprises axées sur le marché intérieur et 14,1 % pour l’indice S&P 500 dans son ensemble.
  • Jusqu’à présent, la vigueur du dollar américain ne s’est pas traduite par une baisse des résultats globaux des entreprises américaines présentes à l’international. Cela suggère que la croissance sous-jacente de l’activité a été suffisamment forte pour compenser l’effet de change potentiellement négatif.
  • Toutefois, une part substantielle de cette surperformance est le fait des plus grandes entreprises. Alphabet, Exxon Mobil et Chevron figurent parmi les cinq principales entreprises contribuant à la croissance des bénéfices et du chiffre d’affaires au sein du groupe des entreprises ayant une plus grande exposition internationale.
  • Si l'on exclut Alphabet, Exxon Mobil et Chevron, la croissance des bénéfices des entreprises à exposition internationale passerait de 74,7 % à 27,5 %, tandis que la croissance du chiffre d'affaires reculerait de 20,5 % à 16,0 %.
  • Les données mettent donc en évidence deux tendances simultanées : les sociétés du S&P 500 exposées à l’international restent fondamentalement solides, mais leur surperformance exceptionnelle en termes de bénéfices est fortement concentrée sur une poignée de grandes entreprises. Le recul nettement plus modéré de la croissance du chiffre d’affaires après exclusion de ces sociétés suggère que la vigueur des ventes est plus largement répartie que la croissance des bénéfices.

Graphique US500 (intervalle D1)

Le contrat à terme sur l’indice S&P 500 s’échange près de ses plus hauts historiques, mais peine à franchir la barre des 7 800 points depuis plusieurs séances. L’indice se situe actuellement à environ 10 % au-dessus de sa moyenne mobile exponentielle à 200 jours (EMA200), tandis que d’importantes réactions récentes des cours indiquent un soutien potentiel dans la zone comprise entre 7 250 et 7 350 points.

Source: xStation5

Louise Girard

Analyste de marchés

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