Nous assistons aujourd’hui à un véritable effondrement du marché de l’or noir. Les cours des matières premières chutent brutalement, et le prix du pétrole (Brent) a franchi la barre psychologique des 80 dollars le baril, retombant à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis début mars. Dans le même temps, le pétrole américain WTI (OIL.WTI) perd près de 6%, testant les environs des 75 dollars. Le principal facteur à l’origine de cette vague de ventes soudaine réside dans les informations faisant état d’une nouvelle avancée dans les négociations entre les États-Unis et l’Iran.
La prime de risque géopolitique s’évapore rapidement du marché. Qu’est-ce qui a exactement pesé sur le sentiment des investisseurs et déclenché la capitulation des haussiers ?
- Pas de période de transition pour Téhéran : selon les dernières fuites, l’administration de Donald Trump a accepté la reprise immédiate des ventes de pétrole iranien. La levée du blocus naval américain devrait intervenir dans la nuit, inondant le marché de nouvelles quantités. Auparavant, l’Iran avait indiqué que les États-Unis se retiraient déjà des environs du détroit d’Ormuz.
- Déblocage du détroit d’Ormuz : Le trafic de pétroliers via ce carrefour de transit crucial devrait être entièrement rétabli. Le risque de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement mondiales tombe pratiquement à zéro. En revanche, il convient de rappeler que le déminage du détroit pourrait lui-même prendre des mois ; on ne peut donc certainement pas s’attendre à un retour à la normale du trafic maritime ni à un rétablissement de l’offre au niveau de 20 millions de barils par jour.
- Réaction des géants de Wall Street : Un changement aussi radical des fondamentaux a conduit des institutions telles que Goldman Sachs, Citi et Morgan Stanley à revoir dès à présent à la baisse leurs prévisions de prix du pétrole pour le second semestre 2026 et pour 2027. Certains évoquent même un prix de 70 dollars d’ici la fin de cette année.
L’attention des investisseurs se tourne désormais vers la Suisse, où la signature officielle du protocole d’accord (MoU) est prévue ce vendredi 19 juin. D’ici là, le marché des matières premières pourrait se caractériser par une volatilité extrêmement élevée. Le franchissement de la barre des 80 dollars pour le Brent ouvre la voie, d’un point de vue technique, à un test de niveaux de soutien encore plus bas.
La décision des États-Unis d’autoriser le retour de l’Iran sur le marché pétrolier et le déblocage potentiel de fonds pourraient conduire à la consolidation d’un cessez-le-feu et à un retour à la normale en matière de commerce pétrolier. Si les autorités iraniennes actuelles bénéficient d’une injection de liquidités, l’argent pourrait l’emporter sur les convictions. D'un autre côté, des informations continuent de faire surface selon lesquelles de nombreux différends entre les États-Unis et l'Iran n'ont pas été résolus, notamment ceux concernant le nucléaire. De plus, Israël reste sceptique quant à cet accord, et ses actions pourraient littéralement torpiller l'ensemble de l'accord.

Le Brent passe sous la barre des 80 dollars le baril et teste ses plus bas niveaux depuis le 3 mars, soit à peine deux jours après la réouverture des marchés suite au début de la guerre en Iran. Il convient de rappeler qu’à cette époque, le détroit d’Ormuz n’était pas encore totalement fermé. Le support clé est la moyenne mobile sur 200 séances, suivie de la zone comprise entre 73 et 75 dollars le baril. Bien que le marché semble pour l'instant extrêmement optimiste quant à cet accord, il convient de rappeler que le retour à la normale prendra des mois et nécessitera des prix plus élevés qu'actuellement. Source : xStation5
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