16:45 · 2 juillet 2026

Le pétrole poursuit sa baisse alors que l'apaisement des tensions au Moyen-Orient fait basculer les cours vers les 70 dollars

Les contrats à terme sur le Brent ont poursuivi leur baisse jeudi, s’approchant du seuil des 70 dollars le baril et effaçant pratiquement tous les gains générés par le conflit entre les États-Unis et l’Iran. Les investisseurs anticipent de plus en plus un risque moindre de perturbations prolongées de l’approvisionnement, l’attention se reportant à nouveau sur les fondamentaux du marché, notamment les négociations entre les États-Unis et l’Iran, la prochaine réunion de l’OPEP+ et les perspectives de la demande mondiale de pétrole. Un autre facteur contribuant à apaiser le marché est la normalisation progressive du trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz, l’une des voies maritimes énergétiques les plus stratégiques au monde.

Les prix du marché reflètent la désescalade

Le Brent a chuté à environ 70,7 dollars le baril, son plus bas niveau depuis avant le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Le WTI, référence américaine, a également reculé, passant sous la barre des 67 dollars le baril.

Pendant le conflit, ces deux indices de référence avaient fortement rebondi en raison de la flambée des primes de risque géopolitiques. Cependant, la plupart de ces gains ont désormais été effacés à la suite du cessez-le-feu de 60 jours et du lancement de négociations indirectes visant à parvenir à un accord durable.

Le détroit d’Ormuz contribue à apaiser les craintes liées à l’approvisionnement

L’un des principaux facteurs à l’origine de la récente baisse des cours du pétrole a été l’amélioration de la situation dans le détroit d’Ormuz. Le trafic de pétroliers dans cette voie navigable stratégique a continué de se redresser, atténuant ainsi les craintes concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement énergétique mondial.

Avant le conflit, environ un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de produits pétroliers transitait par le détroit, ce qui faisait de toute évolution des tensions régionales un facteur déterminant pour les cours du pétrole.

Les stocks américains ne parviennent pas à soutenir les prix

Le dernier rapport du ministère américain de l’Énergie a exercé une pression baissière supplémentaire.

Les stocks de pétrole brut ont diminué d’environ 2 millions de barils, mais cette baisse s’est avérée moins importante que ce que le marché avait anticipé.

Ces données ont renforcé l’idée selon laquelle le marché mondial du pétrole reste relativement bien approvisionné, ce qui limite les arguments en faveur d’une nouvelle hausse des prix du brut.

L’OPEP+ pourrait à nouveau augmenter sa production

Le prochain événement majeur pour le marché pétrolier sera la réunion de l’OPEP+ prévue ce week-end.

Selon les médias, le groupe de producteurs devrait augmenter ses quotas de production d’environ 188 000 barils par jour à partir du mois d’août. Si cela se confirmait, cela marquerait la cinquième hausse mensuelle consécutive de la production, reflétant la stratégie de l’OPEP+ visant à rétablir progressivement l’offre à mesure que les prix se détendent.

Par ailleurs, l’OPEP a récemment revu à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2026 pour le deuxième mois consécutif, ramenant son estimation de 1,17 million à 970 000 barils par jour. Malgré cette révision à la baisse, l’organisation continue de tabler sur une économie mondiale qui restera résiliente malgré les incertitudes géopolitiques.

L'attention se reporte sur la macroéconomie alors que le graphique du pétrole affiche une tendance de plus en plus baissière (OIL, D1)

Avec l'apaisement des tensions géopolitiques, les investisseurs se concentrent à nouveau sur la politique des banques centrales et les perspectives d'inflation. La baisse des cours du pétrole réduit le risque de nouvelles pressions inflationnistes, ce qui pourrait permettre aux banques centrales de maintenir une politique monétaire moins restrictive.

Les semaines à venir détermineront si les négociations entre Washington et Téhéran aboutiront à un accord durable. Si la désescalade se poursuit et que l’OPEP+ procède, comme prévu, à une nouvelle augmentation de sa production, le pétrole brut pourrait rester sous pression tout au long de la seconde moitié de l’été.

D’un point de vue technique, la situation est également devenue de plus en plus difficile pour les haussiers du pétrole. Le contrat OIL est en baisse d’environ 0,6% aujourd’hui, tandis que l’indice de force relative (RSI) est tombé à 27, signalant une situation de survente profonde après la forte chute depuis la zone des 115–120 dollars le baril.

Source; xStation5

Louise Girard

Analyste de marchés

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