09:27 · 22 juin 2026

Le pétrole recule à nouveau, malgré les tensions autour du détroit d'Ormuz

Points clés
Points clés
  • Le pétrole recule grâce à la diplomatie : les menaces proférées ce week-end par l’Iran de bloquer le détroit d’Ormuz ont été rapidement désamorcées par des pourparlers avec les États-Unis. Le Brent est passé sous la barre des 80 dollars le baril.
  • Un trafic maritime « fantôme » massif : Alors que le trafic officiel a diminué, jusqu’à 2 à 3 millions de barils par jour transitent officieusement par le détroit, les transpondeurs étant désactivés.
  • Hausse des prix des carburants en Pologne à partir du 1er juillet : La fin du dispositif de protection du CPN et une hausse de la TVA (de 8 % à 23 %) feront grimper les prix à la pompe dès le début des vacances d’été. La baisse du prix du brut est le seul facteur atténuant.

Paralysie du week-end et rebondissement diplomatique

Le week-end dernier a été marqué par une forte montée des tensions au Moyen-Orient, qui a d’abord menacé de paralyser une plaque tournante mondiale du transport pétrolier qui, avant la guerre, représentait 20% de l’approvisionnement mondial en « or noir » et 20% du commerce du GNL. En réponse aux attaques israéliennes de samedi au Liban, qui ont fait plus de 30 morts, Téhéran a annoncé le nouveau blocage du détroit stratégique d’Ormuz, accusant les États-Unis de fermer les yeux sur la violation d’accords antérieurs.

Il semblait que l’accord allait être complètement rompu en raison des déclarations virulentes du président Trump sur les réseaux sociaux, mais ce matin, à l’approche de la séance européenne, la situation semble revenir à la stabilité.

Source: Truth

Une médiation immédiate du Qatar et du Pakistan a permis une nouvelle désescalade. Les pourparlers à Bürgenstock, en Suisse, ont repris et se sont conclus tôt lundi matin par l’élaboration d’une « feuille de route » officielle visant à parvenir à un accord de paix complet dans un délai de 60 jours. Il convient toutefois de noter que la partie iranienne indique que les négociations initiales ont porté principalement sur les avoirs gelés de l’Iran et les sanctions, plutôt que sur les questions concernant le Liban.

Néanmoins, les États-Unis et l’Iran ont mis en place une ligne de communication directe afin de prévenir tout incident et de garantir le passage en toute sécurité des navires commerciaux par le détroit d’Ormuz, et ont formé un groupe chargé d’œuvrer à l’instauration d’une paix durable au Liban.

Le début de la séance d’aujourd’hui, après une séance écourtée vendredi, a été marqué par la nervosité. Le Brent a ouvert à un niveau proche de 82 dollars le baril, mais les cours ont très vite repris leur tendance à la baisse. Actuellement, le Brent et le WTI perdent environ 1,5% de leur valeur, mais ils restent encore loin des plus bas locaux enregistrés jeudi dernier, au lendemain de la signature du mémorandum.

Deux couloirs de transport : la circulation reste fortement restreinte

Malgré les assurances données par Téhéran quant à la fermeture de la voie maritime, des millions de barils de pétrole ont continué de transiter sans interruption par le détroit tout au long du week-end, ce qui a conforté le discours du Pentagone sur sa capacité à défendre les voies commerciales. Actuellement, deux couloirs distincts se sont dessinés sur la carte de navigation :

  • Corridor nord (iranien) : une route contrôlée par Téhéran près de l’île de Qeshm, qui a été empruntée ce week-end, entre autres, par des superpétroliers transportant du pétrole irakien et koweïtien à destination de l’Inde.
  • Corridor sud (Oman) : une route désignée par le Centre d’information maritime conjoint (JMIC), longeant la côte d’Oman. Bien que la navigation dans cette zone ne nécessite pas de coordination avec les forces américaines, le JMIC a conseillé aux navires de naviguer avec leurs transpondeurs (système AIS) activés et tous leurs feux allumés, de jour comme de nuit.

Source: Bloomberg Finance LP

Bien que la circulation n’ait pas été physiquement bloquée, le volume réel du trafic sur cet axe stratégique a chuté de manière spectaculaire, et dimanche soir, le détroit a connu une paralysie quasi totale. Alors que les jours précédents, immédiatement après la conclusion de l’accord préliminaire, le trafic avait atteint son niveau le plus élevé depuis le début du conflit, après le week-end, selon des informations en provenance d’Iran, seules quelques petites unités ont décidé d’effectuer un voyage en pleine mer avec leur système de localisation activé.

Certains producteurs de la région ont décidé d’envoyer des pétroliers « à l’aveugle » (avec leurs transpondeurs désactivés) pour effectuer des transbordements en haute mer sans attirer l’attention du marché. Cette pratique est en vigueur depuis plusieurs semaines et a atteint un volume de près de 2 à 3 millions de barils par jour. Officiellement, un petit nombre de navires continue de transiter par le détroit d’Ormuz. Officieusement, ce chiffre pourrait être 2 à 3 fois plus élevé. Source : Bloomberg Finance LP

Qu’en est-il du transport de GNL ?

Les données issues des systèmes de suivi des navires fournissent également des informations sur le marché du gaz naturel liquéfié. Des méthaniers ont été observés alors qu'ils tentaient de pénétrer dans le golfe Persique ; toutefois, les données recueillies indiquent que ces navires ont réussi à franchir et à quitter les points clés de la route vendredi en fin de journée, soit avant les annonces officielles de l'Iran concernant le rétablissement du blocus du détroit.

Il convient de souligner qu'une attaque contre un navire transportant du pétrole, c'est-à-dire du carburant, n'est pas aussi dangereuse que dans le cas d'une attaque contre un méthanier.

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