Les cours du pétrole progressent en cette séance de jeudi, les investisseurs se concentrant une nouvelle fois sur les risques géopolitiques pesant sur l’approvisionnement mondial en brut. L’attention du marché se porte sur les négociations entre l’Iran et Oman concernant l’avenir du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, ainsi que sur les informations faisant état de nouvelles attaques des Houthis contre des pétroliers saoudiens. Les frappes de drones ukrainiens visant les infrastructures de raffinage russes viennent également soutenir les cours, renforçant l’incertitude quant à l’approvisionnement. Dans ce climat géopolitique, l’Arabie saoudite a légèrement abaissé le prix de vente officiel de son brut phare, l’Arab Light, pour les livraisons de septembre à destination de l’Asie. Bien que cette décision témoigne d’une concurrence persistante pour la demande asiatique, elle a été largement éclipsée par les développements géopolitiques, qui restent le principal moteur des cours du pétrole.
Faits marquants
- Le Brent s’apprête à franchir la barre des 81 dollars le baril, tandis que le WTI s’échange à près de 76 dollars le baril.
- Les négociations entre l’Iran et Oman concernant le détroit d’Ormuz restent au centre de l’attention du marché, bien que leur issue reste incertaine.
- L’Ukraine a mené des frappes de drones contre deux raffineries russes et des navires impliqués dans le transport de brut russe, augmentant ainsi les risques de perturbation de l’approvisionnement.
Les pourparlers entre l’Iran et Oman restent au centre de l’attention du marché
Le principal facteur déterminant des cours du pétrole est actuellement les négociations en cours entre l’Iran et Oman concernant les modalités de transit maritime par le détroit d’Ormuz. Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, les parties sont parvenues à un accord sur l’itinéraire de navigation proposé, et une déclaration commune devrait être publiée une fois les consultations avec les autres participants achevées.
D’après des sources de Reuters, l’accord proposé pourrait donner à l’Iran un contrôle accru sur les navires entrant dans le golfe Persique. Pour le marché pétrolier, cela pourrait ouvrir la voie à un rétablissement partiel du trafic à travers l’un des goulets d’étranglement énergétiques les plus importants au monde. Les investisseurs restent toutefois prudents, les précédentes tentatives visant à conclure un accord durable ayant échoué.
Le détroit d’Ormuz reste crucial pour l’approvisionnement mondial en pétrole
Avant que le conflit n’éclate fin février, environ 20% des expéditions quotidiennes mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié transitaient par le détroit d’Ormuz. Par conséquent, toute évolution liée à la sécurité de cette voie navigable ou à la reprise potentielle d’une activité maritime normale a un impact immédiat sur les prix de l’énergie.
Parallèlement, les données sur le transport maritime indiquent que les exportations de pétrole brut et de condensats des pays du Golfe restent à environ 40% en dessous des niveaux d’avant le conflit, ce qui souligne que l’offre physique ne s’est pas encore pleinement rétablie.
Les attaques des Houthis font grimper la prime de risque géopolitique
De nouvelles informations faisant état d’attaques des Houthis visant des pétroliers saoudiens opérant en mer Rouge et dans le golfe d’Aden ont ajouté une couche supplémentaire d’incertitude sur le marché. L’Arabie saoudite n’a pas officiellement confirmé ces incidents, mais ces informations ont à elles seules contribué à une hausse de la prime de risque géopolitique intégrée aux prix du pétrole.
Les analystes notent que les précédentes attaques des Houthis n’ont pas perturbé de manière significative l’approvisionnement mondial en pétrole ou en gaz naturel. Néanmoins, les investisseurs restent préoccupés par le fait qu’une escalade plus large pourrait à terme se traduire par des perturbations tangibles des exportations dans toute la région.
L’Iran met en garde contre d’éventuelles attaques contre les infrastructures énergétiques régionales
Selon Reuters, l’Iran a averti les États du Golfe que toute nouvelle frappe américaine sur le territoire iranien déclencherait des représailles contre les infrastructures énergétiques stratégiques de toute la région. De telles déclarations renforcent les inquiétudes concernant la sécurité de l’approvisionnement en pétrole du Moyen-Orient et continuent de soutenir la prime géopolitique intégrée dans les cours du brut.
L’Ukraine cible les raffineries russes
Les développements en Russie influencent également le sentiment du marché. L’Ukraine a annoncé des frappes de drones contre les raffineries Bashneft-Novoil et Slavneft-Yanos, ainsi que contre des navires utilisés pour transporter du brut russe en mer Noire.
Les autorités russes ont déclaré que la raffinerie de Iaroslavl avait été touchée lors de l’une des plus importantes attaques de drones depuis le début de la guerre, provoquant un incendie sur le site. Bien que l’impact immédiat sur l’offre mondiale de pétrole semble limité, le marché continue de considérer les attaques répétées contre les infrastructures énergétiques russes comme un facteur qui accroît les risques liés à l’offre.
Perspectives techniques du pétrole (graphique D1)
Les cours du pétrole ont rebondi au-dessus du retracement de Fibonacci à 23,6% de la dernière baisse, près de 80,6 $ le baril. Pour les haussiers, la prochaine résistance clé se situe à 87,3 dollars, ce qui correspond au retracement de Fibonacci à 38,2 %, un niveau renforcé par les réactions précédentes des cours et par la moyenne mobile exponentielle à 50 jours (EMA50, ligne orange). À la baisse, le seuil psychologique des 80 dollars le baril reste le premier support important, suivi des récents plus bas oscillatoires proches de 78,5 dollars le baril.

Source: xStation5
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