09:43 · 9 juillet 2026

Mais l'Iran souhaite-t-il réellement un « accord » ? Trump change de discours sur l'Iran et l'Espagne 💡

Le président Donald Trump a changé d’avis à deux reprises en l’espace d’une seule journée : il a d’abord annoncé que l’accord avec l’Iran était « mort » à la suite des attaques contre des navires marchands dans le détroit d’Ormuz, puis a laissé entendre que Téhéran cherchait désespérément à conclure un accord. Le revirement à 180 degrés en l’espace d’une douzaine d’heures illustre clairement à quel point la communication imprévisible de Trump influence le sentiment des marchés en temps réel.

De « l’accord est rompu » à « ils veulent tellement cet accord »

Mercredi 8 juillet, les contrats à terme sur les indices américains ont chuté et les cours du pétrole ont bondi de plus de 5% après que Trump eut déclaré que la trêve avec l’Iran était « rompue » à la suite de l’attaque iranienne contre des navires marchands. Le S&P 500 a clôturé la séance en baisse de 0,28%, à 7 482,71 points.

À peine quelques heures plus tard, Trump a changé de ton, affirmant que l’Iran venait « tout juste d’appeler » et « voulait très, très fortement conclure un accord », tout en précisant qu’il ne savait pas si l’on pouvait faire confiance à Téhéran pour respecter les termes de celui-ci.

La nouvelle a immédiatement provoqué un revirement du sentiment des marchés : les contrats à terme sur les indices américains sont passés dans le vert. Lorsqu’un journaliste lui a demandé pourquoi l’Iran attaquait des navires marchands s’il souhaitait tant conclure un accord, Trump a répondu laconiquement : « Parce qu’ils sont un peu fous. »

Ce schéma n’a rien de nouveau : depuis mars, les contrats à terme ont réagi à plusieurs reprises de manière brutale aux déclarations successives de Trump à l’égard de l’Iran, chutant parfois à la suite de menaces de frappes et rebondissant à d’autres moments face à des signes d’un accord imminent.

Espagne : d’un « pays perdu » à un « partenaire très généreux »

Un revirement similaire a touché l’Espagne. Lors du sommet de l’OTAN à Ankara, Trump a qualifié Madrid de « cause perdue » et de partenaire « totalement désespéré », ordonnant au secrétaire au Trésor Scott Bessent de suspendre immédiatement tout échange commercial avec l’Espagne, y compris les visas. La raison en était le refus de l’Espagne d’accepter le nouvel objectif de dépenses de défense de l’OTAN, fixé à 5% du PIB, ainsi que son opposition antérieure à l’utilisation de bases militaires communes pour mener des attaques contre l’Iran.

Lors du vol de retour vers Washington à bord d’Air Force One, Trump a changé de ton, affirmant que l’Espagne avait « complètement changé d’avis » et s’était montrée « très généreuse », elle avait « honoré la demande de nombreux paiements ». Le Premier ministre Pedro Sánchez, pour sa part, a qualifié la conversation de « très cordiale », soulignant qu’elle avait principalement porté sur la Coupe du monde et le golf, plutôt que sur les dépenses militaires.

Dans quelle mesure un embargo contre l’Espagne est-il probable ?

Malgré ses déclarations, Trump dispose de moyens juridiques réels, bien que limités, pour imposer un embargo.

Le ministère des Finances, le ministère du Commerce et le Bureau du représentant américain au Commerce devraient établir dans les prochains jours une « liste » de produits espagnols susceptibles d’être soumis à un embargo, ce qui laisse entrevoir une approche sélective plutôt que générale.

Il convient de garder à l’esprit que les règles commerciales de l’UE exigent une approche uniforme à l’égard de tous les pays de l’Union, ce qui complique la mise en œuvre de mesures unilatérales visant uniquement l’Espagne.

Les marchés affichent une très bonne performance ce matin. Les actions espagnoles progressent de 0,8%, tandis que le pétrole recule de plus de 2%. Source : xStation 

Louise Girard

Analyste de marchés

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