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ETF défense : le guide complet pour investir en 2026

Les 3 points à retenir

  • Un seul ETF défense entre dans un PEA. Beaucoup de sites en annoncent deux, mais le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD) est le seul éligible. L'Amundi Stoxx Europe Defense (DEFS) contient 26 % de valeurs britanniques et passe sous le seuil de 75 % d'actions européennes. Il lui faut un compte-titres.
  • 21 ETF défense sont accessibles en France, mais 4 concentrent 86 % des encours : VanEck Defense (DFNS), WisdomTree Europe Defence (WDEF), HANetf Future of Defence (NATO) et iShares Global Aerospace & Defence (DFND).
  • Le rallye s'est arrêté en 2026. Après +53 % en 2024 et +49 % en 2025, l'ETF VanEck n'a gagné que 3 % sur les huit premiers mois de 2026, et le secteur a perdu environ 10 % entre mi-août et mi-septembre. C'est un placement de conviction, pour une part limitée du portefeuille.

Les 3 points à retenir

  • Un seul ETF défense entre dans un PEA. Beaucoup de sites en annoncent deux, mais le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD) est le seul éligible. L'Amundi Stoxx Europe Defense (DEFS) contient 26 % de valeurs britanniques et passe sous le seuil de 75 % d'actions européennes. Il lui faut un compte-titres.
  • 21 ETF défense sont accessibles en France, mais 4 concentrent 86 % des encours : VanEck Defense (DFNS), WisdomTree Europe Defence (WDEF), HANetf Future of Defence (NATO) et iShares Global Aerospace & Defence (DFND).
  • Le rallye s'est arrêté en 2026. Après +53 % en 2024 et +49 % en 2025, l'ETF VanEck n'a gagné que 3 % sur les huit premiers mois de 2026, et le secteur a perdu environ 10 % entre mi-août et mi-septembre. C'est un placement de conviction, pour une part limitée du portefeuille.

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Pourquoi la défense est un secteur à part ?

Dans la défense, ce sont les États qui achètent, et leurs dépenses militaires augmentent chaque année depuis onze ans.

Des dépenses militaires au plus haut depuis 2009

Selon le rapport annuel du SIPRI publié le 27 avril 2026, l'institut de Stockholm qui fait référence sur le sujet, les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025. C'est la onzième année consécutive de hausse, et une progression de 41 % depuis 2015.

L'Europe est le moteur de cette hausse : +14 % en un an, à 864 milliards de dollars. Les 29 pays européens de l'OTAN ont dépensé 559 milliards de dollars. L'Allemagne a augmenté son budget de 24 %, l'Espagne de 50 %.

Lorenzo Scarazzato, chercheur au SIPRI, résume : « le monde se sent moins en sécurité et dépense davantage pour ses forces armées ».

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Un engagement chiffré jusqu'en 2035

Le 25 juin 2025, au sommet de La Haye, les membres de l'OTAN se sont engagés à porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB d'ici 2035 : 3,5 % pour les besoins militaires de base, et 1,5 % pour la protection des infrastructures critiques, le cyber et l'innovation. L'objectif précédent était de 2 %.

Des commandes déjà signées : plusieurs années d'activité en stock

Le carnet de commandes, c'est l'ensemble des contrats déjà signés mais pas encore livrés. C'est du chiffre d'affaires futur déjà acquis.

Prenons Dassault Aviation : le groupe a 45,4 milliards d'euros de commandes signées et facture environ 8,5 milliards d'euros par an. Même sans vendre un seul avion de plus, ses usines ont donc du travail pour plus de cinq ans.

Entreprise Carnet de commandes Chiffre d'affaires annuel Années d'activité couvertes
KNDS (canon Caesar, char Leopard) 33,1 Md€ (fin 2025) 4,4 Md€ (2025) ≈ 7,5 ans
Dassault Aviation 45,4 Md€ (30/06/2026), dont 208 Rafale ≈ 8,5 Md€ (objectif 2026) ≈ 5,3 ans
Rheinmetall 63,8 Md€ (fin 2025) accords-cadres inclus 14 à 14,5 Md€ (objectif 2026) ≈ 4,5 ans
Airbus Defence and Space 50,7 Md€ (fin 2025) 13,4 Md€ (2025) ≈ 3,8 ans
Thales 53,3 Md€ (fin 2025) 22,1 Md€ (2025) ≈ 2,4 ans

Sources : communiqué Dassault Aviation du 22 juillet 2026, publications annuelles des sociétés. Calcul XTB : carnet de commandes divisé par le chiffre d'affaires annuel. KNDS n'est pas cotée en Bourse.

À titre de comparaison, un constructeur automobile ou un distributeur travaille avec quelques semaines à quelques mois de visibilité.

Un secteur dont l'activité croît n'est pas pour autant un placement sans risque. Le plus gros ETF défense a gagné 151 % en trois ans (au 31/08/2026), puis les ETF du secteur ont perdu environ 10 % en un mois à la mi-septembre 2026. Rheinmetall, la valeur phare du secteur en Europe, a reculé de 44 % par rapport à son plus haut de début d'année. Nous y revenons dans la partie dédiée aux risques.

En conclusion : pourquoi ce secteur attire les investisseurs ?

La défense offre une visibilité rare en Bourse : 2 887 milliards de dollars de dépenses mondiales en 2025, +14 % en Europe en un an, un objectif OTAN relevé de 2 % à 5 % du PIB d'ici 2035, et des industriels qui ont entre quatre et sept ans d'activité déjà commandés. Reste à savoir à quel prix la Bourse fait payer cette visibilité : c'est l'objet de la partie sur les risques.

 

Quels ETF défense sont accessibles en France ?

21 ETF défense sont accessibles en France, contre une poignée début 2025. Tous sont à réplication physique (le fonds détient réellement les actions) et presque tous capitalisants. Voici les dix qui dépassent 100 millions d'euros d'encours.

ETF défense ou ETF armement ? Les deux expressions désignent les mêmes fonds. Aucun ETF ne porte le mot « armement » dans son nom : les émetteurs utilisent tous le terme anglais « defence ». Si vous cherchez un ETF armement, c'est donc dans cette liste qu'il se trouve.

ETF Ticker ISIN Indice suivi TER Encours Lignes Zone PEA Lancement
VanEck Defense UCITS ETF DFNS IE000YYE6WK5 MarketVector Global Defense Industry 0,55 % 6 148 M€ 45 Monde Non 31/03/2023
WisdomTree Europe Defence UCITS ETF WDEF IE0002Y8CX98 WisdomTree Europe Defence 0,40 % 4 373 M€ 41 Europe Non 04/03/2025
HANetf Future of Defence UCITS ETF NATO IE000OJ5TQP4 EQM NATO+ Future of Defence 0,49 % 2 833 M€ n.c. Monde Non 2023
iShares Global Aerospace & Defence UCITS ETF DFND IE000U9ODG19 n.c. 0,35 % 1 562 M€ n.c. Monde Non 2024
Amundi Stoxx Europe Defense UCITS ETF DEFS LU3038520774 STOXX Europe Total Market Defense Capped 0,35 % 547 M€ 24 Europe Non 12/05/2025
BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense UCITS ETF GUARD LU3047998896 Bloomberg Europe Defense Select 0,35 % [TER À CONFIRMER SUR LE DIC BNP] 521 M€ 34 Europe Oui 19/05/2025
Global X Defence Tech UCITS ETF — IE000JCW3DZ3 n.c. 0,50 % 451 M€ n.c. Monde Non 2024
iShares Europe Defence UCITS ETF DFNC IE000IAXNM41 STOXX Europe Targeted Defence 0,35 % 356 M€ n.c. Europe Non 2025
HANetf Future of European Defence Screened — IE000I7E6HL0 n.c. 0,39 % 157 M€ n.c. Europe Non 2025
Invesco Defence Innovation UCITS ETF — IE000BRM9046 n.c. 0,35 % 135 M€ n.c. Monde Non 2024

Source : justETF, au 17/09/2026.

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21 ETF défense existent, mais 4 concentrent 86 % des 17,4 milliards d'euros investis : DFNS, WDEF, NATO et DFND.

1. VanEck Defense (DFNS) : le plus gros, le plus mondial, le plus cher

Avec 6,1 milliards d'euros, DFNS pèse plus que les dix-sept derniers fonds de la liste réunis. Lancé en mars 2023, c'est l'un des deux seuls grands ETF du secteur à disposer de trois ans d'historique. Sur trois ans, il a progressé de 151 % (en euros, au 31/08/2026).

Son portefeuille de 45 lignes est mondial : 49 % États-Unis, 9 % France, 9 % Corée du Sud, 7 % Israël.

Ses premières positions sont RTX (9,8 %), Palantir (7,6 %), Thales (7,3 %), Leonardo (6,9 %) et l'israélien Elbit Systems (5,9 %). Airbus et Safran ne figurent pas dans ses dix premières lignes.

Les dix premières positions pèsent 60 % du fonds. Ses frais de 0,55 % par an, sont parmi les plus élevés de la catégorie.

2. WisdomTree Europe Defence (WDEF) : le plus gros ETF européen

Lancé en mars 2025, WDEF a collecté 4,4 milliards d'euros en dix-huit mois. Il détient 41 sociétés, toutes européennes, et ses dix premières lignes pèsent 64 % du fonds.

Ses trois premières positions sont des groupes à dominante militaire : BAE Systems (10,3 %), Thales (9,9 %) et Rheinmetall (9,1 %). Airbus, Safran et Rolls-Royce y pèsent environ 5 % chacun, soit deux fois moins que dans les ETF d'Amundi et de BNP Paribas.

Avec 26 % de Royaume-Uni, il n'est pas éligible au PEA et ses frais s'élèvent à 0,40 %.

3. HANetf Future of Defence (NATO) : défense et cybersécurité

NATO suit un indice d'entreprises qui bénéficient des dépenses de défense des pays de l'OTAN et de leurs alliés, cybersécurité comprise. Son exposition géographique est proche de celle de VanEck, avec environ la moitié du fonds aux États-Unis.

C'est le grand ETF qui a le mieux résisté en 2026 : +18,3 % au 31/08, contre +3,2 % pour DFNS, après +40,8 % en 2024 et +37,3 % en 2025. Sur trois ans, il affiche +156 %.

Son encours s'élève à 2,8 milliards d'euros et ses frais à 0,49 %.

4. iShares Global Aerospace & Defence (DFND) : le mondial le moins cher

DFND est la version BlackRock du thème et gère 1,6 milliard d'euros pour 0,35 % de frais, soit 0,20 point de moins que VanEck. Comme son nom l'indique, il mêle défense et aéronautique civile. Il a gagné +36,6 % en 2025 et +7,5 % en 2026 (au 31/08).

5. BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD) : le seul éligible au PEA

Lancé le 19 mai 2025, GUARD gère 521 millions d'euros répartis sur 34 sociétés. Sa géographie explique son éligibilité au PEA : 25 % France, 22 % Allemagne, 13 % Pays-Bas (Airbus) et seulement 18 % de Royaume-Uni.

C'est un fonds très concentré : ses dix premières lignes pèsent 85 % du portefeuille, avec en tête Safran (13,3 %), Airbus (13,0 %), Rolls-Royce (11,0 %) et Rheinmetall (10,2 %).

6. Amundi Stoxx Europe Defense (DEFS) : souvent présenté à tort comme éligible au PEA

Lancé le 12 mai 2025, DEFS gère 547 millions d'euros pour 0,35 % de frais. C'est le plus concentré de tous : 24 sociétés seulement, et dix lignes qui pèsent 87 % du fonds.

Le Royaume-Uni y représente 26 % : le fonds passe sous le seuil de 75 % d'actions européennes exigé pour le PEA. Nous y revenons dans la partie suivante.

Les autres, en une ligne chacun

  • Global X Defence Tech (IE000JCW3DZ3) : 451 M€, 0,50 %. Meilleure performance de 2025 (+57,3 %), mais +3,1 % seulement en 2026.
  • iShares Europe Defence (DFNC, IE000IAXNM41) : 356 M€, 0,35 %. ETF européen, +10,8 % en 2026.
  • HANetf Future of European Defence Screened (IE000I7E6HL0) : 157 M€, 0,39 %. Version européenne avec filtre d'exclusion.
  • Invesco Defence Innovation (IE000BRM9046) : 135 M€, 0,35 %. Meilleure performance sur un an de la catégorie (+32,6 % au 31/08/2026).
  • First Trust Indxx Global Aerospace & Defence (IE000NVDQXE1) : 129 M€, 0,65 % de frais.
  • Dix ETF de moins de 50 M€ d'encours : ARK Space & Defence Innovation (41 M€, 0,75 %), Xtrackers Europe Defence Technologies (40 M€, 0,25 %), HANetf Drone (39 M€, -31 % sur trois mois), SPDR S&P Europe Defense Vision (26 M€, le moins cher à 0,20 %), HANetf Indo-Pac ex-China (18 M€), GUARD part distribuante (LU3047998979, 11 M€, seule part de la catégorie à verser les dividendes), Future of US Defence (7 M€), HANetf Future of Defence Screened (6 M€), WisdomTree Asia Defence (3 M€) et WisdomTree Global Defence (1 M€). Un encours faible signifie en général des écarts de prix plus larges à l'achat et à la vente, et un risque de fermeture du fonds.

En conclusion sur les ETF défense accessibles en France

Sur 21 ETF, dix dépassent 100 M€ d'encours et quatre dépassent le milliard.

Entre les grands fonds, les frais vont de 0,35 % à 0,55 % : un écart réel, mais secondaire face à deux questions. L'ETF entre-t-il dans un PEA ? Et que contient-il vraiment ? Ce sont les deux parties suivantes.

 

ETF défense et PEA : lequel est vraiment éligible ?

C'est la question la plus posée par les investisseurs français, et celle où circulent le plus d'erreurs.

Un seul ETF défense est éligible au PEA en septembre 2026 : le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defense (GUARD, LU3047998896).

La règle : 75 % d'actions européennes

Pour entrer dans un Plan d'Épargne en Actions, un ETF à réplication physique doit détenir au moins 75 % d'actions de sociétés dont le siège est situé dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen.

Deux pays font échouer les ETF défense :

  • les États-Unis, qui pèsent environ la moitié des ETF mondiaux (DFNS, NATO) ;
  • le Royaume-Uni, sorti de l'Union européenne : BAE Systems, Rolls-Royce et Babcock comptent parmi les plus grosses valeurs du secteur en Europe.
ETF « Europe » Poids du Royaume-Uni Part UE / EEE au maximum Éligible PEA
GUARD (BNP Paribas) 18,3 % ≈ 82 % Oui
DEFS (Amundi) 26,2 % ≈ 74 % Non
WDEF (WisdomTree) 25,8 % ≈ 74 % Non

Source : justETF et reporting mensuel Amundi, compositions au 31/07/2026.

Le cas Amundi DEFS : pourquoi tant de comparatifs se trompent

DEFS a été lancé à une semaine d'écart de GUARD, par un émetteur français, sur Euronext Paris. Beaucoup de sites les présentent donc comme « les deux ETF défense éligibles au PEA ».

Le reporting mensuel d'Amundi au 31 juillet 2026 dit autre chose : la ligne « Éligibilité » est vide, et l'indice contient 26,25 % de valeurs britanniques. Il reste donc moins de 75 % pour l'Union européenne.

PEA ou compte-titres : ce que cela change

  1. Dans un PEA, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu après cinq ans de détention ; seuls les prélèvements sociaux restent dus. Le choix d'ETF défense se limite à GUARD.
  2. Dans un compte-titres ordinaire, tous les ETF défense sont accessibles. Les plus-values sont taxées à 31,4 % (prélèvement forfaitaire unique) au moment de la vente. Avec un ETF capitalisant, ce qui est le cas de presque tous les ETF défense, aucune imposition ne s'applique tant que vous conservez vos parts.
  3. Des actions en direct dans le PEA. Thales, Safran, Dassault Aviation, Rheinmetall, Leonardo ou Saab ont leur siège dans l'Union européenne et sont éligibles. Cette voie demande de suivre chaque société individuellement.

En conclusion sur les ETF défense et le PEA

Dans un PEA, le choix se réduit aujourd'hui à un seul ETF défense. Dans un compte-titres, vingt et un.

Avant de comparer les frais ou les performances, l'enveloppe fiscale dans laquelle vous investissez détermine donc la liste des fonds possibles.

 

Qu'est-ce qui différencie vraiment ces ETF défense ?

Nous comparons ici les quatre ETF les plus représentatifs : deux européens français (GUARD de BNP Paribas, DEFS d'Amundi), le plus gros européen (WDEF de WisdomTree) et le plus gros mondial (DFNS de VanEck).

Airbus, Safran, Rolls-Royce, MTU : des avions de ligne dans un ETF défense

Ces quatre groupes ont une activité militaire réelle (l'A400M, le moteur du Rafale, celui de l'Eurofighter), mais leur métier principal est civil : ils fabriquent ou motorisent les avions de ligne. Chez Airbus par exemple, le militaire représente environ 20 % du chiffre d'affaires. Leur cours de Bourse dépend donc d'abord du trafic aérien et des cadences de livraison d'A320, pas des budgets des armées.

Or leur poids varie du simple au triple selon l'ETF :

poids-aeronautique-civil
 
  GUARD (BNP Paribas) DEFS (Amundi) WDEF (WisdomTree) DFNS (VanEck)
Safran 13,3 % 10,5 % 5,0 % hors top 10
Airbus 13,0 % 11,3 % 5,1 % hors top 10
Rolls-Royce 11,0 % 10,6 % 5,1 % hors top 10
MTU Aero Engines 7,3 % 7,8 % hors top 10 hors top 10
Total des quatre 44,5 % 40,2 % 15,3 % —
Première ligne du fonds Safran Airbus BAE Systems RTX

Source : justETF, dix premières positions au 31/07/2026 (23/07/2026 pour DEFS). « Hors top 10 » : la valeur peut être présente dans le fonds, mais avec un poids inférieur à la dixième ligne.

Concrètement, sur 1 000 € placés dans GUARD, environ 445 € vont à ces quatre groupes, et environ 100 € à Rheinmetall. Sur 1 000 € placés dans WDEF, la part de ces groupes tombe à environ 150 €, et les trois premières lignes sont BAE Systems, Thales et Rheinmetall.

Tous les ETF défense ne sont donc pas des « ETF armement » au sens strict. Si l'on entend par là un fonds investi d'abord dans les fabricants d'armes et de systèmes militaires (Rheinmetall, BAE Systems, Leonardo, Saab, Thales), WDEF et DFNS s'en approchent davantage que GUARD et DEFS, qui sont pour plus de 40 % des fonds aéronautiques.

Ce n'est ni un défaut ni une qualité : l'aéronautique civile et la défense ne suivent pas le même cycle, ce qui peut amortir les chocs. Mais c'est une exposition différente de celle que le nom du fonds laisse imaginer.

L'ETF mondial de VanEck n'échappe pas totalement à la question : sa première ligne, l'américain RTX (9,8 %), fabrique à la fois des missiles Patriot et des moteurs d'avions de ligne Pratt & Whitney. Sa deuxième ligne, Palantir (7,6 %), est un éditeur de logiciels qui travaille pour les armées comme pour les entreprises.

24 à 45 lignes : des fonds très concentrés

Le secteur compte peu d'entreprises cotées, et cela se voit dans les fonds :

  GUARD DEFS WDEF DFNS
Nombre de lignes 34 24 41 45
Poids des 10 premières 84,6 % 87,3 % 64,4 % 60,2 %

Source : justETF, au 31/07/2026 (23/07/2026 pour DEFS).

À titre de comparaison, un ETF Europe classique détient environ 600 sociétés. Dans DEFS, dix entreprises font 87 % du fonds : les quatorze autres se partagent les 13 % restants. Une mauvaise nouvelle sur une seule grande valeur se voit immédiatement dans la performance, comme l'a montré la chute de Rheinmetall en 2026 (voir la partie sur les risques).

Les trois ETF européens contiennent les mêmes noms

Safran, Airbus, Rolls-Royce, Rheinmetall, Thales, Saab, Leonardo et BAE Systems : huit valeurs sont communes aux dix premières lignes de GUARD, DEFS et WDEF. Seul leur poids change. Détenir deux de ces ETF revient donc, pour l'essentiel, à détenir deux fois les mêmes actions.

L'ETF mondial est réellement différent : parmi ses dix premières lignes, seules Thales, Leonardo, Saab et Kongsberg sont européennes. Les autres sont américaines (RTX, Palantir, Curtiss-Wright), israélienne (Elbit Systems), sud-coréenne (Hanwha Aerospace) et singapourienne (ST Engineering).

Où sont les entreprises ? Le détail qui décide de l'éligibilité au PEA

  GUARD DEFS WDEF DFNS
1er pays France 24,9 % Royaume-Uni 26,2 % Royaume-Uni 25,8 % États-Unis 48,8 %
2e pays Allemagne 21,7 % France 23,0 % France 22,2 % France 9,5 %
3e pays Royaume-Uni 18,3 % Allemagne 20,4 % Allemagne 20,3 % Corée du Sud 8,9 %
4e pays Pays-Bas 13,0 % (Airbus) Pays-Bas 11,3 % (Airbus) Italie 7,3 % Israël 7,0 %

Source : justETF, au 31/07/2026 (23/07/2026 pour DEFS).

Deux enseignements. D'abord, l'ETF mondial est pour moitié américain : ses actions sont en dollars, et sa valeur en euros varie aussi avec le taux de change. Ensuite, le poids du Royaume-Uni, sorti de l'Union européenne, n'est pas un détail : c'est lui qui explique, comme on l'a vu, pourquoi un seul de ces ETF entre dans un PEA.

En conclusion sur ce qui différencie ces ETF

Trois questions permettent de lire la composition de n'importe quel ETF défense :

  1. Quelle part d'aéronautique civile ? De 15 % (WDEF) à 45 % (GUARD) pour Airbus, Safran, Rolls-Royce et MTU.
  2. Quelle concentration ? De 60 % à 87 % du fonds dans dix entreprises.
  3. Quelle géographie ? Europe seule, ou monde avec une moitié d'États-Unis et un risque de change.

Ces informations figurent dans la fiche mensuelle de chaque ETF, publiée par l'émetteur. Elles évoluent : les poids indiqués ici sont ceux de fin juillet 2026.

 

ETF défense : performances et risques (à quoi s'attendre)

Année par année : deux envolées, puis un coup d'arrêt

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Les ETF défense ont connu deux années hors norme : +52,7 % en 2024 puis +49,3 % en 2025 pour le VanEck Defense. 2026 est très différente : +3,2 % sur les huit premiers mois pour ce même fonds, +18,3 % pour NATO.

Ce que 1 000 € placés début 2024 seraient devenus

  Fin 2024 Fin 2025 31/08/2026
DFNS 1 527 € 2 279 € 2 352 €
NATO 1 408 € 1 933 € 2 287 €

Simulation à partir des performances annuelles justETF (EUR, dividendes réinvestis), 1 000 € investis le 1er janvier 2024, hors frais de courtage et fiscalité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

L'essentiel du gain date de 2024 et 2025. Celui qui a acheté DFNS en janvier 2026 a gagné 3 % en huit mois. Et les ETF européens (WDEF, GUARD, DEFS), lancés au printemps 2025, n'ont pas connu la première partie de la hausse.

Septembre 2026 : -10 % en un mois

Entre mi-août et mi-septembre 2026, les quatre ETF ont reculé ensemble : -11,1 % pour GUARD, -10,8 % pour DEFS, -10,2 % pour WDEF, -9,8 % pour DFNS.

Sur un an glissant au 17 septembre, GUARD affiche -0,4 % et DFNS +1,9 %. Un investisseur entré en septembre 2025 n'a donc rien gagné en douze mois, tout en traversant une baisse de plus de 20 %.

Volatilité et pire chute

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La « perte maximale » est la plus forte baisse subie entre un point haut et le point bas suivant. Elle va de -19 % (WDEF) à -24 % (DFNS).

Attention à la lecture de ces chiffres : les historiques sont courts, trois ans au mieux, et aucun de ces fonds n'a traversé un vrai marché baissier. Une chute plus profonde est possible.

Ce que la Bourse a déjà payé

« Acheter au son du canon, vendre au son du clairon » : le vieil adage boursier rappelle que les bonnes nouvelles d'un secteur finissent toujours par être dans les cours.

Les budgets et les carnets de commandes décrits plus haut ne sont pas un secret. Sur la seule année 2025, Saab a progressé de 207 %, Rheinmetall de 125 %, Leonardo de 86 %, Thales de 61 % et Safran de 37 %.

En 2026, le mouvement s'est inversé pour certaines valeurs. Rheinmetall, l'action la plus pondérée dans les indices européens de défense, a perdu 44 % par rapport à son plus haut de début d'année, dont 18,65 % en une seule séance après l'abandon par Berlin du programme de frégates F126, un contrat de 12,8 milliards d'euros.

Les budgets militaires n'ont pas baissé entre 2025 et 2026. Ce qui a changé, c'est le prix que les investisseurs acceptent de payer pour y accéder.

Quatre raisons pour lesquelles le secteur peut décevoir

  1. Une avancée vers la paix. Chaque espoir de cessez-le-feu en Ukraine a fait reculer le secteur en 2025 et 2026. Selon le bureau d'études Oddo BHF, un accord toucherait d'abord les activités à cycle court comme les munitions, et les sociétés les plus exposées sont Rheinmetall, Hensoldt et Renk.
  2. Un client unique qui peut changer d'avis. L'annulation des frégates F126 l'a montré : un État peut abandonner un programme de 12,8 milliards d'euros, quitte à perdre les 2 milliards déjà engagés. Un carnet de commandes est un engagement, pas une garantie.
  3. Des budgets qui ne montent pas en ligne droite. En 2025, les dépenses militaires américaines ont reculé de 7,5 %, à 954 milliards de dollars, faute de nouvelle aide votée pour l'Ukraine. Une dépense publique dépend toujours d'un vote.
  4. Une capacité industrielle limitée. Signer une commande ne suffit pas : il faut des usines, des ingénieurs et des composants pour la livrer. Les retards de production pèsent désormais autant sur les cours que les annonces de budgets.

En conclusion sur le risque des ETF défense

Tous les grands ETF défense ont déjà connu une baisse d'environ 20 %, en moins de trois ans d'existence et sans marché baissier.

Il peut gagner 50 % en un an et en perdre 10 en un mois. Un horizon long et des versements étalés dans le temps réduisent le risque d'entrer au plus mauvais moment, sans l'éliminer.

 

Comment comparer les ETF défense selon votre situation ?

Ce que vous détenez déjà compte autant que l'ETF choisi

Un ETF World contient déjà RTX, Airbus, Safran ou BAE Systems, mais l'ensemble du secteur n'y pèse que quelques pour cent. Un ETF défense n'apporte donc pas de diversification : il apporte une surpondération délibérée d'un secteur que votre cœur de portefeuille ne fait qu'effleurer.

Si vous détenez un ETF Europe ou un ETF CAC 40, le recoupement est plus fort : Airbus, Safran et Thales y figurent déjà à des poids significatifs, et ce sont les premières lignes de GUARD et DEFS.

Si vous détenez un ETF cybersécurité, le recoupement existe avec NATO, qui inclut des valeurs cyber, et avec DFNS via Palantir.

Quel critère regarder selon votre situation ?

Votre situation Le critère à regarder Ce que montrent les données
Vous investissez uniquement via un PEA Éligibilité PEA Un seul ETF éligible : GUARD. Il contient 44,5 % d'Airbus, Safran, Rolls-Royce et MTU.
Vous cherchez la part d'aéronautique civile la plus faible en Europe Poids d'Airbus, Safran, Rolls-Royce, MTU WDEF : 15 %, contre 40 à 45 % pour DEFS et GUARD. Compte-titres uniquement.
Vous voulez une exposition mondiale Répartition géographique DFNS, NATO et DFND : environ 50 % États-Unis, avec un risque de change euro/dollar.
Vous regardez d'abord les frais TER De 0,35 % (DFND, DEFS, DFNC) à 0,55 % (DFNS). Sur 10 000 €, l'écart représente 20 € par an.
Vous placez un montant important en une fois Encours et liquidité DFNS (6,1 Md€) et WDEF (4,4 Md€) sont les plus gros fonds, donc en général ceux où l'écart entre prix d'achat et de vente est le plus serré.
Vous souhaitez percevoir des dividendes Politique de distribution Une seule part distribuante : GUARD Dist (LU3047998979), avec 11 M€ d'encours seulement.
Vous voulez le plus de recul historique Date de lancement DFNS et NATO : trois ans. Les ETF européens ont été lancés en 2025.

Ce tableau décrit les caractéristiques des fonds. Il ne constitue pas une recommandation d'achat.

Quelle place dans un portefeuille ?

Chez les investisseurs particuliers, un ETF thématique représente le plus souvent 5 à 10 % du portefeuille actions, le reste étant investi en ETF World ou ETF S&P 500. Il s'agit d'ordres de grandeur observés, pas d'une recommandation personnalisée : la part adaptée dépend de votre horizon, de votre tolérance aux baisses et de ce que vous détenez déjà.

En conclusion sur la comparaison des ETF défense

Trois questions, dans cet ordre, suffisent à réduire la liste :

  1. PEA ou compte-titres ? Un seul fonds d'un côté, vingt et un de l'autre.
  2. Europe ou monde ? Un ETF armement Europe, en euros et centré sur le réarmement du continent, ou un secteur mondial à moitié américain.
  3. Quelle part de « vraie » défense ? La réponse est dans les dix premières lignes du fonds, pas dans son nom.

 

En résumé sur les ETF défense

La défense est un secteur porté par des budgets publics en hausse : 2 887 milliards de dollars de dépenses mondiales en 2025, +14 % en Europe, un objectif OTAN de 5 % du PIB en 2035, et des industriels qui ont entre deux et sept ans de travail déjà signé.

Vingt et un ETF défense, que l'on appelle aussi ETF armement, permettent d'y investir depuis la France, mais quatre concentrent 86 % des encours, et un seul, GUARD, entre dans un PEA.

Derrière le même mot « défense », les compositions diffèrent fortement : de 15 % à 45 % d'aéronautique civile, de 24 à 45 lignes, Europe seule ou monde à moitié américain.

Après +151 % en trois ans, le secteur a montré en 2026 qu'il pouvait aussi baisser : -10 % en un mois pour les ETF en septembre, -44 % pour Rheinmetall depuis son plus haut. C'est un placement en actions concentré, qui se juge sur plusieurs années.

Pour aller plus loin dans le cocon ETF :

 

Communication à caractère promotionnel. Investir comporte des risques de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les informations de cette page ont un caractère pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Consultez le DIC de chaque produit avant d'investir.

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