Temps de lecture 34 minute(s)

Actions armement : les entreprises françaises et européennes cotées en Bourse

En bref :

  • Onze groupes cotés, dont dix éligibles au PEA. Seul BAE Systems est exclu.
  • La défense pèse de 19 % à 63 % du chiffre d'affaires selon la société, et les carnets couvrent de deux à plus de six ans.
  • Le risque d'une action individuelle : jusqu'à -20 % pour Rheinmetall après l'annulation des F126.

En bref :

  • Onze groupes cotés, dont dix éligibles au PEA. Seul BAE Systems est exclu.
  • La défense pèse de 19 % à 63 % du chiffre d'affaires selon la société, et les carnets couvrent de deux à plus de six ans.
  • Le risque d'une action individuelle : jusqu'à -20 % pour Rheinmetall après l'annulation des F126.

0€ de commission sur actions et ETF

Investissez sur plus de 9300 instruments sans payer à chaque ordre.

Ouvrir un compte

Pourquoi les actions d'armement attirent les investisseurs ?

Une entreprise d'armement vend à des États qui votent leurs achats plusieurs années à l'avance. Peu de sociétés cotées ont un client de ce type.

Des budgets militaires en hausse partout, sauf aux États-Unis

D'après le rapport du SIPRI sur les dépenses militaires mondiales en 2025, publié le 27 avril 2026, le monde a consacré 2 887 milliards de dollars à ses armées en 2025. C'est la onzième année de hausse d'affilée.

Les dépenses américaines ont reculé de 7,5 %, à 954 milliards de dollars. Sans les États-Unis, la hausse mondiale atteint 9,2 %. L'Europe progresse de 14 %, à 864 milliards de dollars.

La France avance plus lentement : selon le SIPRI, ses dépenses n'ont augmenté que de 1,5 % en 2025, à 68 milliards de dollars. L'accélération est programmée pour la suite, avec un budget porté à 64 milliards d'euros en 2027 dans l'actualisation de la loi de programmation militaire annoncée le 13 juillet 2026, soit une hausse de 27% en 2 ans.

depenses militaires 2025 evolution europe etats unis france sipri
 

Une entreprise d'armement française ne vit pas que du budget français. D'après les résultats annuels de Dassault Aviation, 77 % de son chiffre d'affaires est réalisé à l'export.

L'objectif fixé par l'OTAN d'augmentation du budget défense à hauteur de 5 % du PIB des pays d'ici 2035 est détaillé dans notre guide des ETF défense, présenté plus bas.

Pour un investisseur en actions, la question suivante est plus utile : où va cet argent, et quelles sociétés cotées en reçoivent une part ?

Drones, munitions, défense aérienne : les segments qui concentrent l'effort

Les nouveaux budgets défense ne se répartissent pas uniformément. Trois priorités reviennent dans les annonces officielles de 2026.

  1. Les drones et la lutte anti-drones. Le 7 juillet 2026, l'OTAN a lancé l'initiative anti-drones Drone Edge : plus de 40 milliards de dollars investis dans la lutte anti-drones sur cinq ans, et cinq fois plus d'opérateurs de drones formés d'ici fin 2027. Mark Rutte, secrétaire général de l'Alliance, estime que les drones ont « fondamentalement modifié la nature de la guerre moderne ».
  2. Les munitions, la défense sol-air et l'espace. Ce sont les priorités de la loi de programmation militaire française actualisée : reconstitution des stocks de munitions, défense sol-air, alerte avancée, espace et frappe dans la très grande profondeur. Côté Bourse, ces priorités renvoient à des sociétés précises :
  3. Les logiciels et l'intelligence artificielle. Les dépenses européennes de recherche et développement militaire ont progressé de 30 % en 2025, à près de 17 milliards d'euros. Côté investisseurs privés, l'allemand Helsing, spécialiste des drones pilotés par IA, a levé 1,8 milliard de dollars en juillet 2026 pour une valorisation de 18 milliards de dollars, une levée de fonds record pour la défense en Europe.

Helsing et la plupart des jeunes entreprises du secteur ne sont pas cotées en Bourse : on ne peut pas acheter leurs actions. Leurs levées de fonds montrent surtout où se dirige l'argent, et elles annoncent aussi une concurrence nouvelle pour les industriels historiques.

Des carnets de commandes qui couvrent plusieurs années

Le carnet de commandes est le montant des contrats signés mais pas encore facturés. Divisé par le chiffre d'affaires annuel, il indique combien d'années de production sont déjà vendues.

Société Cotation Carnet de commandes (fin 2025) Chiffre d'affaires 2025 Années couvertes
Rheinmetall Francfort 63,8 Md€, accords-cadres inclus 9,9 Md€ ≈ 6,4 ans
Dassault Aviation Paris 46,6 Md€ 7,4 Md€ ≈ 6,3 ans
Kongsberg (Defence & Aerospace) Oslo 125,4 Md NOK 25,3 Md NOK ≈ 5 ans
Airbus (Defence and Space) Paris 50,7 Md€ 13,4 Md€ ≈ 3,8 ans
Saab Stockholm 274,5 Md SEK 79,1 Md SEK ≈ 3,5 ans
Thales Paris 53,3 Md€ 22,1 Md€ ≈ 2,4 ans (3,4 ans pour la seule activité Défense)

Sources : publications des sociétés, résultats annuels 2025 de Thales, résultats annuels 2025 d'Airbus, rapport de fin d'année 2025 de Saab, Rheinmetall, Dassault Aviation et Kongsberg (chiffre d'affaires reconstitué à partir des publications trimestrielles). Calcul XTB : carnet de commandes divisé par le chiffre d'affaires 2025.

actions armement carnet de commandes annees chiffre affaires
 

Un carnet de commandes reste un engagement, pas une garantie. Rheinmetall précise que le sien additionne des commandes fermes et des accords-cadres : des volumes que les États peuvent commander, sans y être obligés.

Le poids de la défense varie aussi beaucoup d'un groupe à l'autre. Chez Airbus, elle ne représente que 14,2 milliards d'euros sur 73,4 milliards de chiffre d'affaires, soit 19 % : le groupe reste avant tout un avionneur civil.

Enfin, plusieurs grands industriels européens n'apparaissent pas dans ce tableau parce qu'ils ne sont pas cotés en Bourse : KNDS (canon Caesar, char Leopard), Naval Group et MBDA.

En conclusion : pourquoi les actions d'armement attirent les investisseurs ?

Les entreprises d'armement cotées offrent une visibilité rare, appuyée sur des chiffres publics : des dépenses militaires en hausse de 9,2 % hors États-Unis, des budgets fléchés vers les drones, les munitions, la défense sol-air et l'espace, et des carnets de commandes qui couvrent de deux à plus de six ans d'activité.

À la différence d'un ETF, une action concentre tout sur une seule société : un contrat gagné, un programme annulé ou un retard de production pèse directement sur le cours. C'est pourquoi les fiches qui suivent présentent chaque valeur avec les mêmes critères.

Ces perspectives sont connues de tous et en grande partie intégrées dans les cours. Avant d'investir, il est nécessaire de lire aussi la partie consacrée aux risques.

 

Quelles entreprises d'armement sont cotées en Bourse ?

  • En Europe, onze grands groupes d'armement sont cotés en Bourse.
  • En France : Thales, Dassault Aviation, Safran, Airbus et Exail Technologies.
  • Ailleurs en Europe : Rheinmetall et Hensoldt en Allemagne, Leonardo en Italie, Saab en Suède, Kongsberg en Norvège et BAE Systems au Royaume-Uni.
Sur ces onze groupes, dix ont leur siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen. Seul le britannique BAE Systems n'entre pas dans un PEA.

Le tableau des entreprises d'armement cotées en Europe

Société Pays (place de cotation) Principaux équipements de défense Chiffre d'affaires 2025 Éligible au PEA
Thales France (Paris) Radars, électronique de défense, défense aérienne, satellites 22,1 Md€ Oui
Safran France (Paris) Moteur M88 du Rafale, navigation, optronique, bombe guidée AASM Hammer 31,3 Md€ Oui
Dassault Aviation France (Paris) Avion de combat Rafale 7,4 Md€ Oui
Airbus Pays-Bas (Paris) Eurofighter, avion de transport A400M, hélicoptères militaires, satellites 73,4 Md€ Oui
Exail Technologies France (Paris) Drones de guerre des mines, navigation inertielle 0,48 Md€ Oui
Rheinmetall Allemagne (Francfort) Munitions, chars et véhicules blindés, défense aérienne 9,9 Md€ Oui
Hensoldt Allemagne (Francfort) Radars, capteurs, optronique 2,5 Md€ Oui
Leonardo Italie (Milan) Hélicoptères, électronique de défense, avions militaires 19,5 Md€ Oui
Saab Suède (Stockholm) Avion de combat Gripen, missiles, sous-marins, défense aérienne 79,1 Md SEK Oui
Kongsberg Norvège (Oslo) Missiles antinavires, défense aérienne NASAMS 31,6 Md NOK Oui (Norvège, membre de l'EEE)
BAE Systems Royaume-Uni (Londres) Eurofighter, sous-marins, véhicules blindés, munitions 30,7 Md£ Non

Sources : publications annuelles 2025 des sociétés, dont les résultats 2025 de Safran, les résultats 2025 de Leonardo, les résultats 2025 de Hensoldt, les résultats 2025 de BAE Systems et le rapport annuel 2025 de Kongsberg (activités poursuivies, hors Kongsberg Maritime) ; chiffre d'affaires 2025 d'Exail Technologies rapporté par Reuters. Éligibilité au PEA : siège social dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen.

Fabricant d'armes ou groupe diversifié : la part de la défense change tout

actions armement francaises part defense chiffre affaires
 

Derrière le mot « armement », ces sociétés n'ont pas le même profil. Ce qui les distingue d'abord, c'est le poids de la défense dans leur chiffre d'affaires :

  • Dassault Aviation : 63 %. La défense, Rafale en tête, a représenté 4,6 milliards d'euros sur 7,4 milliards en 2025. Le reste provient des jets d'affaires Falcon.
  • Thales : 55 %. Le segment Défense a réalisé 12,2 milliards d'euros sur 22,1 milliards. Le groupe est aussi présent dans l'aérospatial et la cybersécurité.
  • Safran : environ 20 %. C'est la part annoncée par le groupe lors d'une audition devant la commission de la défense de l'Assemblée nationale. L'essentiel de son activité vient des moteurs d'avions civils.
  • Airbus : 19 %. La défense pèse 14,2 milliards d'euros sur 73,4 milliards. Le cours dépend d'abord des livraisons d'avions de ligne.

Concrètement, une hausse des budgets militaires se voit beaucoup plus dans les comptes de Dassault Aviation que dans ceux d'Airbus. À l'inverse, une crise du transport aérien pèse davantage sur Airbus et Safran que sur Rheinmetall ou Hensoldt.

Exail Technologies : une valeur en cours de rachat par Thales

Exail Technologies, spécialiste français des drones de guerre des mines et de la navigation inertielle, va quitter la liste des valeurs indépendantes.

Le 30 juillet 2026, Thales et Exail Technologies ont signé leur accord de rapprochement : Thales rachète d'abord les 35,51 % de la famille Gorgé, puis déposera une offre publique obligatoire sur toutes les actions, au prix de 134 euros par action, pour une finalisation attendue au plus tard début 2028.

Tant que l'offre est en cours, le cours d'Exail dépend surtout de ce prix de 134 euros et du calendrier de l'opération, beaucoup moins de l'activité de la société ou des budgets de défense.

Les grands industriels de l'armement qui ne sont pas cotés

Plusieurs acteurs majeurs de la défense européenne n'ont pas d'actions en Bourse.

On peut pourtant y être exposé indirectement, à travers leurs actionnaires cotés.

D'après le recensement des liens capitalistiques de l'industrie de défense publié par le ministère des Armées :

  • MBDA, le missilier européen, appartient à Airbus (37,5 %), BAE Systems (37,5 %) et Leonardo (25 %).
  • Naval Group, constructeur des sous-marins et frégates français, est détenu à 62,2 % par l'État et à 35 % par Thales.
  • KNDS, fabricant du canon Caesar et du char Leopard, appartient à l'État français, via GIAT Industries, et à la famille allemande Wegmann.

Le même document montre un lien entre deux valeurs cotées : Dassault Aviation détient 25,2 % de Thales. Un actionnaire de Dassault Aviation est donc aussi exposé, indirectement, à Thales.

En conclusion sur les entreprises d'armement cotées en Bourse

Onze grands groupes d'armement européens sont cotés, et dix d'entre eux entrent dans un PEA.

Le choix est donc plus large qu'avec les ETF défense, dont un seul est éligible.

Deux critères comptent avant de comparer les cours : la part de la défense dans l'activité, qui va de 19 % chez Airbus à 63 % chez Dassault Aviation parmi les valeurs françaises, et la situation particulière de certaines sociétés, comme Exail, dont le cours suit désormais l'offre de Thales.

La partie suivante présente les valeurs françaises une par une, avec les mêmes critères pour chacune.

 

Les actions d'armement françaises

Quatre grandes valeurs françaises de l'armement sont cotées à Paris : Thales, Dassault Aviation, Safran et Airbus.

La cinquième, Exail Technologies, est en cours de rachat par Thales. Chaque fiche ci-dessous suit la même grille d'analyse: part de la défense, carnet de commandes, indice et éligibilité au PEA.

Quelles actions d'armement font partie du CAC 40 ?

Trois valeurs de la défense figurent dans le CAC 40 : Thales, Safran et Airbus.

Dassault Aviation n'en fait pas partie : il est entré en mars 2025 dans le CAC Next 20, l'indice des vingt valeurs suivantes, selon la révision trimestrielle des indices CAC publiée par Euronext.

Son flottant est réduit : la holding de la famille Dassault et Airbus détenant l'essentiel du capital.

Un ETF CAC 40 contient donc déjà Thales, Safran et Airbus. Pour un investisseur qui en détient un, acheter ces actions en direct revient à renforcer des lignes qu'il possède déjà.

Parmi les valeurs françaises, la défense pèse 63 % du chiffre d'affaires de Dassault Aviation, mais 19 % de celui d'Airbus.

1. Thales (HO) : le plus militaire du CAC 40

  • Part de la défense : 55 % du chiffre d'affaires 2025 (12,2 Md€ sur 22,1 Md€)
  • Carnet de commandes : 53,3 Md€ fin 2025, soit 3,4 ans d'activité Défense
  • Indice et PEA : CAC 40, éligible au PEA

Thales fabrique l'électronique de la défense : radars, systèmes de défense aérienne, communications militaires, guerre électronique. Il est aussi présent dans l'espace avec Thales Alenia Space, et dans la cybersécurité.

C'est la valeur du CAC 40 la plus exposée à la défense. Le groupe détient aussi 35 % de Naval Group, le constructeur des sous-marins et frégates français, qui n'est pas coté.

Thales est en train de s'agrandir : il rachète Exail Technologies pour 3,9 milliards d'euros, une opération qui doit être finalisée au plus tard début 2028. Elle lui apporte les drones de guerre des mines et la navigation inertielle.

Dans quel cas privilégier Thales ?

Pour une exposition majoritairement militaire, au sein du CAC 40 et d'un PEA. Plus de la moitié du chiffre d'affaires vient de la défense, contre un cinquième chez Safran ou Airbus. En contrepartie : un carnet de commandes plus court que celui de Dassault Aviation (3,4 ans d'activité Défense contre plus de 6 ans), et une acquisition importante à intégrer avec Exail.

2. Dassault Aviation (AM) : le Rafale et le plus long carnet de commandes

  • Part de la défense : 63 % du chiffre d'affaires 2025 (4,6 Md€ sur 7,4 Md€)
  • Carnet de commandes : 45,4 Md€ fin juin 2026, environ six ans d'activité
  • Indice et PEA : CAC Next 20, éligible au PEA

Dassault Aviation fabrique le Rafale et les jets d'affaires Falcon. Fin 2025, son carnet comptait 220 Rafale et 73 Falcon, et 77 % de son chiffre d'affaires venait de l'export.

Le groupe a réalisé 4,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires au premier semestre 2026, contre 2,8 milliards un an plus tôt. Il vise environ 8,5 milliards sur l'année, avec 28 Rafale et 40 Falcon livrés, d'après ses publications financières de 2026.

Le carnet de commandes a toutefois légèrement reculé, de 46,6 milliards fin 2025 à 45,4 milliards fin juin 2026 : les livraisons ont été plus rapides que les nouvelles commandes. Dassault Aviation détient aussi environ un quart du capital de Thales.

Dans quel cas privilégier Dassault Aviation ?

Pour la visibilité la plus longue parmi les valeurs françaises : environ six ans de production déjà vendus. C'est aussi la valeur la plus concentrée : son activité de défense repose sur un seul avion, le Rafale, et sur des clients étrangers. Un contrat export gagné ou perdu pèse directement sur le cours. Le faible flottant peut accentuer les variations.

3. Safran (SAF) : la défense en complément de l'aviation civile

  • Part de la défense : environ 20 % du chiffre d'affaires
  • Chiffre d'affaires 2025 : 31,3 Md€, en hausse de 15 %
  • Indice et PEA : CAC 40, éligible au PEA

Safran est d'abord un motoriste civil : il coproduit le moteur LEAP des Airbus A320neo et des Boeing 737 MAX, et tire l'essentiel de ses revenus de la maintenance de ces moteurs.

Côté défense, il fabrique le moteur M88 du Rafale, des systèmes de navigation, de l'optronique et la bombe guidée AASM Hammer.

Dans quel cas privilégier Safran ?

Pour une exposition partielle à la défense, adossée à l'aviation civile. Avec environ 20 % de défense, le cours suit surtout le trafic aérien et les livraisons de moteurs. Ce n'est donc pas une valeur « armement » au sens strict, mais elle encaisse différemment une éventuelle détente militaire. C'est aussi la première pondération de GUARD, le seul ETF défense éligible au PEA.

4. Airbus (AIR) : le géant civil, actionnaire de MBDA

  • Part de la défense : 19 % du chiffre d'affaires 2025 (14,2 Md€ sur 73,4 Md€)
  • Carnet de la division Defence and Space : 50,7 Md€ fin 2025
  • Indice et PEA : CAC 40, éligible au PEA (siège aux Pays-Bas)

Airbus est le premier avionneur civil mondial. Sa division Defence and Space fabrique l'avion de transport militaire A400M, participe à l'Eurofighter et construit des satellites. Ses prises de commandes ont atteint un record de 17,7 milliards d'euros en 2025.

Airbus détient aussi 37,5 % de MBDA, le missilier européen, qui n'est pas coté. C'est l'une des rares façons d'être exposé indirectement aux missiles européens en Bourse, avec BAE Systems et Leonardo.

Dans quel cas privilégier Airbus ?

Pour un investisseur qui cherche d'abord une grande valeur industrielle, avec une part de défense en complément. Plus de 80 % du chiffre d'affaires vient de l'aviation civile : le cours dépend avant tout des livraisons d'avions de ligne et de la chaîne d'approvisionnement. Pour une exposition à la défense, c'est la moins directe des quatre.

En conclusion sur les actions d'armement françaises

Les quatre valeurs françaises sont toutes éligibles au PEA, mais elles n'offrent pas la même exposition à la défense. Thales et Dassault Aviation réalisent plus de la moitié de leur chiffre d'affaires dans la défense. Safran et Airbus sont d'abord des groupes d'aviation civile, avec une défense autour de 20 %.

Le choix dépend donc d'abord de ce que l'on cherche : une exposition militaire concentrée, ou une exposition partielle au sein de grands groupes diversifiés. La partie suivante présente les valeurs européennes, plus nombreuses à être spécialisées dans la défense.

 

Les actions d'armement européennes

Hors de France, six valeurs européennes concentrent l'essentiel de la défense cotée : Rheinmetall et Hensoldt en Allemagne, Leonardo en Italie, Saab en Suède, Kongsberg en Norvège et BAE Systems au Royaume-Uni.

Elles sont en moyenne plus spécialisées que les valeurs françaises, et cinq sur six entrent dans un PEA.

En 2025, le carnet de commandes de Saab a progressé de 47 %, celui de Leonardo de 5,5 %. Les budgets montent pour tout le monde, pas au même rythme.
Sources des chiffres de cette partie : publications annuelles 2025 de Rheinmetall, Leonardo, Saab, Kongsberg, Hensoldt et BAE Systems, liées plus haut dans l'article. Calculs XTB pour les évolutions et les années couvertes.
actions armement europeennes croissance carnet de commandes 2025
 

1. Rheinmetall (RHM) : le plus gros carnet, le plus exposé aux munitions

  • Chiffre d'affaires 2025 : 9,9 Md€ (+29 %), objectif de 14 à 14,5 Md€ en 2026
  • Carnet de commandes : 63,8 Md€ fin 2025 (+36 %), accords-cadres inclus
  • Place et PEA : Francfort, éligible au PEA

Rheinmetall est l'un des principaux fournisseurs de l'armée allemande : munitions d'artillerie de 155 mm, chars, véhicules blindés, défense aérienne. Sa division Armes et munitions a réalisé 3,5 milliards d'euros de ventes en 2025.

Le groupe profite directement de la hausse du budget allemand, le plus rapide des grands pays européens : +24 % en 2025 selon le SIPRI. Son carnet couvre environ six ans d'activité, le plus long des grands groupes européens.

C'est aussi la valeur la plus pondérée dans les ETF défense européens : une baisse de Rheinmetall pèse donc à la fois sur l'action et sur les fonds du secteur.

Dans quel cas privilégier Rheinmetall ?

Pour une exposition directe au réarmement allemand et aux munitions, avec la plus forte croissance attendue du secteur : +40 % à +45 % de chiffre d'affaires visés en 2026. En contrepartie : une dépendance forte à un seul client, l'État allemand, et un carnet qui inclut des accords-cadres non garantis. C'est aussi l'une des valeurs qui réagit le plus aux annonces de cessez-le-feu, comme le détaille la partie consacrée aux risques.

2. Leonardo (LDO) : le plus diversifié

  • Chiffre d'affaires 2025 : 19,5 Md€ (+11 %)
  • Carnet de commandes : 46,6 Md€ fin 2025 (+5,5 %)
  • Place et PEA : Milan, éligible au PEA

Leonardo, dont l'État italien est le premier actionnaire, couvre presque tous les métiers de la défense. D'après ses Les résultats par division de Leonardo montrent que l'électronique de défense et de sécurité est le premier pôle (8,4 milliards d'euros en 2025), devant les hélicoptères (5,8 milliards), l'aéronautique (4,2 milliards) et l'espace (1 milliard).

Le groupe détient aussi 25 % de MBDA et possède une filiale cotée aux États-Unis, Leonardo DRS.

Dans quel cas privilégier Leonardo ?

Pour une exposition large à la défense européenne, répartie sur l'électronique, les hélicoptères, l'aéronautique, l'espace et les missiles via MBDA. Aucun programme ne domine. En contrepartie : son carnet de commandes est celui qui a le moins progressé en 2025 parmi les grands européens, et il ne couvre qu'environ deux ans et demi d'activité.

3. Saab (SAAB B) : la plus forte progression des commandes

  • Chiffre d'affaires 2025 : 79,1 Md SEK (+24 %)
  • Carnet de commandes : 274,5 Md SEK fin 2025 (+47 %)
  • Place et PEA : Stockholm, éligible au PEA

Saab fabrique l'avion de combat Gripen, l'avion radar GlobalEye, des sous-marins, des missiles et des systèmes de défense aérienne.

En 2025, ses prises de commandes ont presque doublé, à 168,5 milliards de couronnes. La France figure parmi ses nouveaux clients, avec une commande de deux GlobalEye pour 12,3 milliards de couronnes.

L'adhésion de la Suède à l'OTAN en 2024 a renforcé sa position auprès des armées européennes. Environ 72 % de son carnet vient de clients étrangers.

Dans quel cas privilégier Saab ?

Pour la dynamique commerciale la plus forte des valeurs européennes : un carnet en hausse de 47 % en un an et une gamme qui couvre l'air, la mer et la défense aérienne. En contrepartie : l'action est cotée en couronnes suédoises, ce qui ajoute un risque de change pour un investisseur en euros.

4. Kongsberg (KOG) : missiles et défense aérienne

  • Part de la défense : environ 80 % du chiffre d'affaires (25,3 Md NOK sur 31,6 Md NOK)
  • Carnet de la division défense : 125,4 Md NOK fin 2025 (+25 %)
  • Place et PEA : Oslo, éligible au PEA (Norvège, membre de l'EEE)

Kongsberg fabrique le système de défense aérienne NASAMS et des missiles antinavires (NSM, JSM). Les missiles et la défense aérienne représentent à eux seuls près de 98 milliards de couronnes de commandes.

La division Defence & Aerospace a vu ses revenus progresser de 44 % au quatrième trimestre 2025. Son carnet couvre environ cinq ans d'activité.

Dans quel cas privilégier Kongsberg ?

Pour une exposition ciblée sur la défense aérienne et les missiles, deux priorités des budgets européens. Le carnet est l'un des plus longs du secteur. En contrepartie : l'action est cotée en couronnes norvégiennes, ce qui ajoute un risque de change, et le groupe reste plus petit que Rheinmetall ou BAE Systems.

5. Hensoldt (HAG) : le spécialiste allemand des capteurs

  • Chiffre d'affaires 2025 : 2,5 Md€ (+10 %), objectif d'environ 2,75 Md€ en 2026
  • Carnet de commandes : 8,8 Md€ fin 2025 (+33 %)
  • Place et PEA : Francfort, éligible au PEA

Hensoldt fabrique les « yeux » des systèmes d'armes : radars, capteurs, optronique et guerre électronique.

Ses prises de commandes ont bondi de 62 % en 2025, à 4,7 milliards d'euros, tirées par l'Allemagne.

Avec environ 2,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires, c'est la plus petite des valeurs présentées ici. Son carnet couvre environ trois ans et demi d'activité.

Dans quel cas privilégier Hensoldt ?

Pour une exposition à l'électronique de défense, un segment présent dans presque tous les programmes (avions, navires, défense aérienne). En contrepartie : une taille plus modeste et une activité très liée au rythme des commandes allemandes.

6. BAE Systems (BA.) : le plus gros, mais hors PEA

  • Chiffre d'affaires 2025 : 30,7 Md£ (+10 %)
  • Carnet de commandes : 83,6 Md£ fin 2025 (+7,5 %)
  • Place et PEA : Londres, non éligible au PEA

BAE Systems est le premier groupe de défense européen par le chiffre d'affaires. Il participe à l'Eurofighter, construit les sous-marins nucléaires britanniques et fabrique des véhicules blindés pour l'armée américaine. Il détient aussi 37,5 % de MBDA.

Son siège au Royaume-Uni l'exclut du PEA. C'est aussi pour cette raison que les ETF défense européens qui le détiennent en quantité, comme WDEF, n'y sont pas éligibles.

Dans quel cas privilégier BAE Systems ?

Pour une exposition à la fois européenne et américaine, avec le carnet le plus important en valeur. En contrepartie : un compte-titres obligatoire, une cotation en livres sterling, et une croissance du carnet plus modeste que celle des concurrents nordiques ou allemands.

En conclusion sur les actions d'armement européennes

Les valeurs européennes offrent une exposition plus spécialisée que les françaises, avec des profils très différents : munitions pour Rheinmetall, capteurs pour Hensoldt, missiles et défense aérienne pour Kongsberg, multi-métiers pour Leonardo.

Leurs carnets ont progressé de 5,5 % à 47 % en 2025. Trois d'entre elles sont cotées hors zone euro (Saab, Kongsberg, BAE Systems), ce qui ajoute un risque de change.

Toutes, sauf BAE Systems, peuvent être logées dans un PEA. C'est l'objet de la partie suivante.

 

Actions armement et PEA : lesquelles sont éligibles ?

Sur les onze grandes valeurs d'armement présentées dans cet article, dix sont éligibles au PEA. Seul BAE Systems, dont le siège est au Royaume-Uni, ne l'est pas.

Pour un ETF, il faut 75 % d'actions européennes. Pour une action, une seule question compte : où se trouve le siège de la société ?

La règle : un siège dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen

Une action est éligible au PEA si la société qui l'émet a son siège dans l'Union européenne ou dans un État de l'Espace économique européen. L'EEE ajoute la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein aux pays de l'Union.

Appliquée aux valeurs de la défense, la règle donne ceci :

  • Éligibles : Thales, Dassault Aviation, Safran et Exail (France), Airbus (siège aux Pays-Bas), Rheinmetall et Hensoldt (Allemagne), Leonardo (Italie), Saab (Suède) et Kongsberg (Norvège, membre de l'EEE).
  • Non éligible : BAE Systems. Le Royaume-Uni a quitté l'Union européenne et ne fait pas partie de l'EEE.

Le lieu de cotation et la devise ne comptent pas. Une action Saab cotée en couronnes à Stockholm entre dans un PEA, mais sa valeur en euros suit aussi le taux de change.

La différence avec les ETF est nette : un seul ETF défense est éligible au PEA, parce que les autres détiennent trop d'actions américaines ou britanniques. En actions, le choix est beaucoup plus large.

Le PEA-PME : quelles actions de défense ?

Depuis la loi Attractivité du 13 juin 2024, une seule condition de taille s'applique aux sociétés cotées : une capitalisation boursière inférieure à 2 milliards d'euros, ou qui l'a été à la clôture d'un des quatre exercices précédents. Les versements sont plafonnés à 225 000 euros, un plafond commun avec le PEA classique.

Les grandes valeurs de la défense dépassent largement ce seuil. Deux sociétés françaises du secteur sont en revanche éligibles au PEA-PME :

  • Exosens, spécialiste de la vision nocturne (marque Photonis). La défense et la surveillance ont représenté 75 % de son chiffre d'affaires de 468 millions d'euros en 2025, d'après ses résultats annuels 2025 rapportés par Zonebourse. En septembre 2026, le groupe a relevé son objectif de chiffre d'affaires 2026 à 558 à 570 millions d'euros.
  • Exail Technologies, en cours de rachat par Thales au prix de 134 euros par action. Tant que l'offre est en cours, son cours suit surtout ce prix.

Deux valeurs seulement : le PEA-PME offre une exposition très étroite à la défense, concentrée sur des sociétés de taille moyenne, plus volatiles que les grands groupes.

Actions en direct ou ETF défense dans le PEA : ce qui change

Dans un PEA, on peut s'exposer à la défense de deux façons : acheter des actions une par une, ou acheter GUARD, le seul ETF défense éligible.

Critère Actions en direct ETF GUARD (BNP Paribas)
Choix Dix grandes valeurs éligibles, plus deux valeurs PEA-PME Un seul ETF
Diversification Une société par ligne : à construire soi-même 34 sociétés européennes en une ligne
Frais Frais de courtage à chaque achat ou vente, pas de frais annuels Frais de gestion prélevés chaque année, en plus du courtage
Part d'aviation civile Choisie par l'investisseur (63 % de défense chez Dassault Aviation, 19 % chez Airbus) Imposée par l'indice : Safran, Airbus, Rolls-Royce et MTU pèsent 44,5 % du fonds
Suivi Résultats, contrats et programmes de chaque société à surveiller Aucun suivi individuel nécessaire
Dividendes Versés sur le compte espèces du PEA Réinvestis (part capitalisante), sauf part distribuante

Composition de GUARD : justETF, au 31/07/2026.

La fiscalité est la même dans les deux cas : après cinq ans de détention, les gains d'un PEA sont exonérés d'impôt sur le revenu, seuls les prélèvements sociaux restent dus.

Le plafond de versement du PEA est de 150 000 euros. BAE Systems et les actions américaines, elles, ne peuvent être détenues qu'en compte-titres, où les plus-values sont taxées à 31,4 % au moment de la vente.

En conclusion sur les actions armement et le PEA

Dix des onze grandes valeurs d'armement européennes entrent dans un PEA, dont Kongsberg grâce à l'appartenance de la Norvège à l'EEE. Seul BAE Systems en est exclu.

Le PEA-PME, lui, ne compte que deux valeurs de défense, Exosens et Exail, dont l'une est en cours de rachat.

Le vrai choix dans un PEA n'est donc pas l'éligibilité, mais la méthode : quelques actions choisies et suivies une par une, ou un ETF qui répartit le risque sur 34 sociétés. C'est l'objet de la partie suivante.

 

Actions, ETF ou fonds : comment investir dans la défense ?

Depuis la France, il existe trois façons d'investir dans la défense :

  1. acheter des actions d'entreprises d'armement,
  2. acheter un ETF défense
  3. souscrire au fonds Bpifrance Défense, qui investit dans des entreprises non cotées.

Les trois supports diffèrent surtout par la liquidité, les frais et la concentration du risque.

Une action ou un ETF se revend en Bourse à tout moment. Le fonds Bpifrance Défense bloque le capital pendant cinq ans.

Actions ou ETF défense : comment choisir

Une action concentre tout le risque sur une seule société. Un ETF le répartit sur plusieurs dizaines, mais reste concentré.

Trois critères distinguent vraiment les deux approches :

  • Le contrôle de la composition. En actions, on choisit soi-même la part de défense, de 19 % chez Airbus à 63 % chez Dassault Aviation. Dans un ETF, elle est fixée par l'indice : l'aviation civile pèse 15 % de WDEF, mais plus de 40 % de GUARD.
  • Le suivi. Une action demande de suivre les résultats, les contrats et les programmes de chaque société. Un ETF se rééquilibre seul.
  • La géographie. Les actions américaines, comme RTX ou Lockheed Martin, ne peuvent être détenues qu'en compte-titres. Les ETF défense mondiaux y donnent accès en une ligne, avec environ la moitié du portefeuille aux États-Unis.

Le comparatif complet des 21 ETF accessibles en France, avec leurs frais, leur composition et leur éligibilité au PEA, se trouve dans notre guide des ETF défense. Pour ceux qui découvre les ETF, notre guide pour investir en ETF explique leur fonctionnement.

Le fonds Bpifrance Défense : investir dans des entreprises non cotées

Lancé en octobre 2025 par Bpifrance, la banque publique d'investissement, ce fonds n'est ni une action ni un ETF. C'est un fonds de capital-investissement, agréé comme fonds européen d'investissement à long terme (ELTIF).

Il investit principalement dans des entreprises européennes de la défense non cotées en Bourse, directement ou via des fonds partenaires.

D'après le document d'informations clés du fonds Bpifrance Défense :

  • Accès : à partir de 500 euros, via un compte-titres, un PEA ou un PEA-PME.
  • Blocage : aucun rachat possible pendant cinq ans, sauf cas exceptionnels. Ensuite, les rachats restent limités et peuvent être suspendus.
  • Rendement : objectif de 5 % par an, net de frais, sans garantie. Le scénario intermédiaire du DIC donne 3,93 % par an sur dix ans.
  • Frais : 2,80 % par an au total (1,60 % de frais de gestion et 1,20 % de coûts de transaction), et jusqu'à 5 % à la sortie.
  • Risque : classé 6 sur 7, avec un risque de perte totale du capital. La valeur n'est calculée qu'une fois par trimestre.
investir defense cout actions etf fonds bpifrance
 

C'est le seul des trois supports qui donne accès aux jeunes entreprises et aux PME non cotées du secteur. En contrepartie, l'argent est immobilisé, les frais sont plusieurs fois supérieurs à ceux d'un ETF, et la valeur des participations est moins transparente qu'un cours de Bourse.

Quel support selon sa situation ?

Votre situation Le support concerné Ce que montrent les données
Vous pourriez avoir besoin de votre argent avant cinq ans Actions ou ETF Revente possible en Bourse à tout moment. Le fonds Bpifrance Défense est bloqué cinq ans.
Vous investissez via un PEA et cherchez une exposition diversifiée ETF GUARD Seul ETF défense éligible au PEA, 34 sociétés européennes, dont 44,5 % d'aviation civile.
Vous voulez choisir vos sociétés et leur part de défense Actions en direct Dix grandes valeurs éligibles au PEA, avec une part de défense de 19 % à 63 % pour les françaises.
Vous voulez une exposition mondiale, États-Unis compris ETF défense mondial DFNS, NATO et DFND : environ 50 % d'actions américaines, compte-titres uniquement.
Vous voulez financer des entreprises non cotées de la défense Fonds Bpifrance Défense Seul accès au non coté pour les particuliers, dès 500 euros, risque classé 6 sur 7.
Vous regardez d'abord les frais Actions, puis ETF Pas de frais annuels sur les actions, de 0,35 % à 0,55 % par an pour les ETF, 2,80 % pour le fonds Bpifrance.

Sources : justETF au 17/09/2026, DIC Bpifrance Défense parts A1 du 10/10/2025. Ce tableau décrit les caractéristiques des supports. Il ne constitue pas une recommandation d'investissement.

En conclusion sur la façon d'investir dans la défense

Le choix du support compte autant que le choix du secteur.

Actions et ETF sont cotés, revendables à tout moment et peu coûteux à détenir. Le fonds Bpifrance Défense ouvre l'accès au non coté, mais immobilise le capital cinq ans pour 2,80 % de frais annuels.

Entre actions et ETF, la question est celle de la concentration : quelques sociétés choisies et suivies une par une, ou plusieurs dizaines en une seule ligne. Dans les deux cas, le secteur reste exposé à des risques propres, détaillés dans la partie suivante.

 

Les risques propres aux actions d'armement

Une action d'armement cumule les risques du secteur et ceux d'une seule entreprise. Les budgets peuvent continuer de monter pendant que le cours d'une valeur chute, parce qu'un contrat est annulé, qu'un espoir de paix apparaît ou que les attentes étaient trop élevées.

Le programme F126 représentait moins de 3 % du chiffre d'affaires visé par Rheinmetall pour 2030. Le jour de son annulation, l'action a perdu 18,65 %.
rheinmetall f126 chute action poids chiffre affaires
 

Un client unique qui peut changer d'avis : l'exemple des frégates F126

Le 24 juin 2026, le ministère allemand de la Défense a mis fin au programme de six frégates F126, un contrat estimé à 12,8 milliards d'euros dont Rheinmetall devait reprendre la maîtrise d'œuvre. Berlin a préféré commander des frégates plus petites à un concurrent, TKMS.

Sur le papier, l'impact est limité : d'après la conférence investisseurs de Rheinmetall du 2 juillet 2026, le programme pesait moins de 3 % du chiffre d'affaires prévu pour 2030. Le marché a pourtant réagi beaucoup plus fort : l'action chutait de 15 % dès la mi-séance, d'après notre point de marché du 24 juin 2026 sur la chute de Rheinmetall, puis jusqu'à 20 % au plus bas de la journée.

Le groupe a ensuite revu à la baisse ses objectifs 2026 lors de ses résultats semestriels, tout en annonçant un carnet élargi record de 80,5 milliards d'euros au 30 juin 2026.

La leçon dépasse Rheinmetall : un État peut abandonner un programme, même déjà engagé. Et la Bourse réagit souvent moins au montant perdu qu'au doute qu'il installe sur les commandes futures. Notre analyse de marché de la baisse de Rheinmetall après l'annulation des F126 revient sur cet écart : F126 compris, l'action avait perdu près de 50 % en six mois.

Le risque d'une avancée vers la paix

Les valeurs de la défense réagissent à chaque espoir de cessez-le-feu en Ukraine. Fin 2025, les analystes de Bernstein, cités par l'agence dpa-AFX, estimaient qu'un cessez-le-feu durable retirerait au secteur son principal moteur boursier. Ils citaient Rheinmetall et Renk parmi les valeurs les plus exposées, car leurs équipements sont parmi les plus utilisés dans ce conflit.

Ce risque se voit dans les cours : chaque initiative diplomatique sur l'Ukraine s'est traduite par des séances de baisse pour les valeurs allemandes de la défense, Rheinmetall, Hensoldt et Renk en tête.

D'autres analystes rappellent que l'issue de la guerre en Ukraine ne change pas le besoin de réarmement européen. Les deux lectures coexistent, et c'est précisément ce qui rend les cours volatils.

Le risque de valorisation : des perspectives déjà dans les cours

Quand les attentes sont élevées, une simple déception suffit à faire baisser le cours : un objectif revu, une commande décalée, une marge moins forte que prévu. Les bons chiffres d'une société ne protègent pas son action d'une baisse.

Les risques spécifiques à chaque valeur

À ces risques communs s'ajoutent des risques propres à certaines valeurs, déjà signalés dans les fiches :

Risque Valeurs concernées Ce que cela implique
Dépendance à un seul client Rheinmetall, Hensoldt Une décision de l'État allemand pèse directement sur le cours.
Dépendance à un seul produit Dassault Aviation L'activité de défense repose sur le Rafale et ses contrats export.
Exposition à l'aviation civile Airbus, Safran Le cours dépend d'abord du trafic aérien et des livraisons d'avions.
Risque de change Saab, Kongsberg, BAE Systems Cotées en couronnes ou en livres : leur valeur en euros suit aussi le taux de change.
Faible flottant Dassault Aviation Peu d'actions échangées, ce qui peut amplifier les variations.
Offre publique en cours Exail Technologies Le cours suit le prix d'offre de Thales (134 euros), pas l'activité.

En conclusion sur les risques des actions d'armement

Un carnet de commandes est un engagement, pas une garantie, et un secteur porteur ne protège pas une action de fortes baisses. Rheinmetall l'a montré deux fois en un an : jusqu'à 45 % de baisse depuis son record au printemps 2026, puis 18,65 % en une séance pour un contrat qui pesait moins de 3 % de ses ventes futures.

Détenir plusieurs valeurs, ou un ETF, répartit le risque propre à chaque société sans supprimer celui du secteur. Un horizon long et des achats étalés dans le temps réduisent le risque d'entrer au plus mauvais moment, sans l'éliminer.

 

En résumé sur les actions armement

Les entreprises d'armement vendent à des États dont les budgets augmentent : 2 887 milliards de dollars de dépenses militaires mondiales en 2025, +14 % en Europe, et un budget français porté à 64 milliards d'euros en 2027. Leurs carnets de commandes couvrent de deux à plus de six ans d'activité.

Onze grands groupes européens sont cotés en Bourse, et dix entrent dans un PEA. Seul le britannique BAE Systems en est exclu. Le PEA-PME ne compte que deux valeurs du secteur, Exosens et Exail, cette dernière étant en cours de rachat par Thales.

Derrière le mot « armement », les profils diffèrent fortement : la défense représente 63 % du chiffre d'affaires de Dassault Aviation et 55 % de celui de Thales, mais environ 20 % chez Safran et 19 % chez Airbus.

Une action concentre tout le risque sur une seule société. L'annulation des frégates F126 l'a montré : Rheinmetall a perdu jusqu'à 20 % en une séance pour un contrat qui pesait moins de 3 % de ses ventes futures. Détenir plusieurs valeurs ou un ETF défense répartit ce risque, sans supprimer celui du secteur.

Pour aller plus loin :

 

Communication à caractère promotionnel. Investir comporte des risques de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les informations de cette page ont un caractère pédagogique et ne constituent pas un conseil en investissement personnalisé. Consultez le DIC de chaque produit avant d'investir.

Ouvrez un compte aujourd'hui ou testez-vous sur un compte demo

Entrez sur le marché avec une application d'investissement primée, intuitive et facile à utiliser !

Rejoignez XTB

FAQ

Il n'existe pas de meilleure action d'armement dans l'absolu : le choix dépend de ce que l'on cherche.

Quatre critères permettent de comparer les valeurs :

  • la part de la défense dans le chiffre d'affaires (de 19 % chez Airbus à 63 % chez Dassault Aviation),
  • la durée couverte par le carnet de commandes,
  • l'éligibilité au PEA
  • et les risques propres à chaque société, comme la dépendance à un seul client ou la devise de cotation.

Cet article présente chaque valeur avec ces mêmes critères, sans recommandation d'achat.

En Europe, onze grands groupes d'armement sont cotés : Thales, Safran, Dassault Aviation, Airbus et Exail Technologies en France, Rheinmetall et Hensoldt en Allemagne, Leonardo en Italie, Saab en Suède, Kongsberg en Norvège et BAE Systems au Royaume-Uni.

Thales, Dassault Aviation, Safran et Airbus, dont le siège est aux Pays-Bas mais qui est coté à Paris, sont les principales valeurs françaises de l'armement.

Exail Technologies est en cours de rachat par Thales, et Exosens, spécialiste de la vision nocturne, est une valeur plus petite éligible au PEA-PME.

Naval Group, MBDA et KNDS, en revanche, ne sont pas cotés

Trois valeurs de la défense figurent dans le CAC 40 : Thales, Safran et Airbus. Dassault Aviation fait partie du CAC Next 20, l'indice des vingt valeurs suivantes.

Toutes les grandes valeurs dont le siège est dans l'Union européenne ou l'Espace économique européen : Thales, Safran, Dassault Aviation, Airbus, Exail, Rheinmetall, Hensoldt, Leonardo, Saab et Kongsberg (Norvège).

BAE Systems, britannique, n'est pas éligible. Exosens et Exail sont aussi éligibles au PEA-PME.

Trois supports existent :

  1. les actions d'entreprises d'armement,
  2. les ETF défense (21 fonds accessibles en France, dont un seul éligible au PEA)
  3. et le fonds Bpifrance Défense, qui investit dans des entreprises non cotées à partir de 500 euros, avec un capital bloqué pendant cinq ans et 2,80 % de frais annuels.

Les tensions géopolitiques font souvent monter les valeurs de la défense, mais ces perspectives sont rapidement intégrées dans les cours.

À l'inverse, chaque espoir de cessez-le-feu en Ukraine a fait baisser le secteur, et Rheinmetall a perdu près de 50 % en six mois en 2026. Un secteur porteur ne protège pas une action de fortes baisses.

Non. Le missilier européen appartient à trois groupes cotés : Airbus (37,5 %), BAE Systems (37,5 %) et Leonardo (25 %). Détenir l'une de ces actions donne donc une exposition indirecte à MBDA.

4 minutes

Calculatrice de trading - qu'est-ce que c'est et comment l'utiliser ?

8 minutes

Les Actions

6 minutes

Comment investir en Bourse ?

"Ce matériel est une communication marketing au sens de l'art. 24, paragraphe 3, de la directive 2014/65 /UE du Parlement européen et du Conseil du 15 mai 2014 concernant les marchés d'instruments financiers et modifiant la directive 2002/92 /CE et la directive 2011/61 /UE (MiFID II). La communication marketing n'est pas une recommandation d'investissement ou une information recommandant ou suggérant une stratégie d'investissement au sens du règlement (UE) n°596/2014 du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 sur les abus de marché (règlement sur les abus de marché) et abrogeant la directive 2003/6 / CE du Parlement européen et du Conseil et directives 2003/124 / CE, 2003/125 / CE et 2004/72 / CE de la Commission et règlement délégué (UE) 2016/958 de la Commission du 9 mars 2016 complétant le règlement (UE) n°596/2014 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les normes techniques de réglementation relatives aux modalités techniques de présentation objective de recommandations d'investissement ou d'autres informations recommandant ou suggérant une stratégie d'investissement et pour la divulgation d'intérêts particuliers ou d'indications de conflits d'intérêt ou tout autre conseil, y compris dans le domaine du conseil en investissement, au sens de la loi du 29 juillet 2005 sur le commerce des instruments financiers. (c.-à-d. Journal des Lois 2019, point 875, tel que modifié). L’ensemble des informations, analyses et formations dispensées sont fournies à titre indicatif et ne doivent pas être interprétées comme un conseil, une recommandation, une sollicitation d’investissement ou incitation à acheter ou vendre des produits financiers. XTB ne peut être tenu responsable de l’utilisation qui en est faite et des conséquences qui en résultent, l’investisseur final restant le seul décisionnaire quant à la prise de position sur son compte de trading XTB. Toute utilisation des informations évoquées, et à cet égard toute décision prise relativement à une éventuelle opération d’achat ou de vente de CFD, est sous la responsabilité exclusive de l’investisseur final. Il est strictement interdit de reproduire ou de distribuer tout ou partie de ces informations à des fins commerciales ou privées. Les performances passées ne sont pas nécessairement indicatives des résultats futurs, et toute personne agissant sur la base de ces informations le fait entièrement à ses risques et périls. Les CFD sont des instruments complexes et présentent un risque élevé de perte rapide en capital en raison de l'effet de levier. 77% de comptes d'investisseurs de détail perdent de l'argent lors de la négociation de CFD avec ce fournisseur. Vous devez vous assurer que vous comprenez comment les CFD fonctionnent et que vous pouvez vous permettre de prendre le risque probable de perdre votre argent. Avec le Compte Risque Limité, le risque de pertes est limité au capital investi."